‹ Dictionnaire de pomologie (volume 3)Chapitre 132 sur 387 · PIP · texte numérisé non relu

PIP

Hogg. La véritable origine de ce mot six fois séculaire, me paraît venir de Pépin : graine, semence. En 1360 déjà l'on récoltait une pomme de Pépin ou Franc-Pepin aux environs de Rouen (Archives de la Seine -Inférieure, Registres de l'ancien tabellionnage , t. I, f°» 4, 7, 11, 110; t. III, f°s 57, 199; t. IV, f 69). Elle était trèsestimée , et la même sans doute que celle qu'Agostino Gallo , agronome italien , appelait Puppino en 1575 et qualifiait de fruit précieux , tant pour sa bonté que pour sa longue conservation [le Vinti giornate delï agricoltura, p. 108). Les Pippins se répandirent assez promptement à l'étranger, et y furent fort bien appréciés, surtout par les Allemands , comme le prouve ce passage de Jean Mayer, directeur en 1760 des jardins du duc de Franconie, à "Wurzbourg :

« Les Pépins ou Pippins anglais. — La nature, dit cet auteur, semble avoir favorisé l'Angleterre de ce genre de pommes, comme elle nous a gratifiés des Borsdorfs, la France des Reinettes et l'Espagne des Camuesars. Miller (botaniste anglais) croit que les bons Pippins dégénèrent bors de leur pays natal; il se trompe, on en mange à Paris d'aussi bons qu'à Londres; seulement il faut à cet arbre une terre particubèrement bonne, propre et convenable, aucun pommier n'est aussi difficile que lui là-dessus. Ce même Miller lui reprocbe deux défauts : 1° d'être très-lent à rapporter, 2° de s'arrêter court vers sa vingtcinquième année, de rétrograder, languir, se couvrir de mousse et de cbancres, et de périr bientôt après; accidents qu'il attribue aux sujets francs sur lesquels on le greffe, dans la seule vue d'avoir des fruits plus gros. Il veut donc qu'on les greffe toujours sur sauvageons pris dans les forêts, ou provenant de semences de pommes des bois; faisant observer que les fruits qu'alors ils donnent, ne deviennent ni aussi gros, ni aussi beaux, mais gagnent beaucoup du côté du goût, de la saveur et de la fermeté de la cbair. » (Pomona franconica, 1776, t. III, pp. 120-121.)

Nombre de personnes croient chez nous que le mot anglais Pippin est l'équivalent du mot français Reinette. Pour se convaincre du contraire , il suffit d'ouvrir les Pomologies de Thompson (1842) et de Hogg (1859), on y verra ces deux noms désigner deux catégories de pommes de nature fort différente. De plus, on y constatera que ces auteurs, lorsqu'ils ont voulu traduire le nom de quelques-unes de nos Reinettes, loin de rendre par Pippin le terme générique, l'ont reproduit littéralement, bornant leur traduction à celle des mots déterminatifs de la variété. Ainsi, de Reinette précoce française ils ont fait Early french Reinette, et.de Reinette dorée, Golden Reinette. Maintenant, si l'on interroge les pomologues anglais du xviii" siècle, Raius (1704) et Langley (1729), par exemple, on saura qu'ils se bornèrent pour introduire dans leur langue le substantif Reinette, à légèrement en modifier l'orthographe : ils l'écrivirent Renet et Rennet. — Nous avons insisté sur le manque formel de synonymie des termes Pippin et Reinette , attendu que l'usage de les employer l'un pour l'autre semble se généraliser en France, et que non combattu il augmentera le désordre déjà très-grand qui règne dans la nomenclature du genre Pommier.

Pommes PIPPIN. — Voir aussi, sur ce groupe de variétés, les noms Pépin, Peppin et Pepping.

Pomme PIPPIN BREEDOU'S. — Synonyme de pomme Rreedon Pippin. Voir ce nom.

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