‹ Dictionnaire de pomologie (volume 3)Chapitre 154 sur 387 · Pomme PRINCESSE NOBLE · texte numérisé non relu

Pomme PRINCESSE NOBLE

Synonymes. — Pommes : 1. FraNZOSISCHER edle Prinzessin (Diel, Kernobstsorten , 1801 , t. IV, p. 162). — 2. Princesse noble des Chartreux (ld. ibid.). — 3. Bon-Pommier de Liège (ld. ibid., 1804, t. VI, p. 155; — et Oberdieck, Zusutze, 1869, p. 13). — 4. Reinette Princesse noble (Louis Bosc, Nouveau cours complet d'agriculture, 1809, t. X, p. 232). — 5. Kick's golden Rennet ( Vau Mûqs, Catalogue descriptif de partie des arbres fruitiers qui de 1798 à 1823 ont formé sa collection, p. 41, n° 967). — 6. Aurore (George Lindley, Guide to tlie orchard and kitchen garden, 1831, p. 50, n° 93). — 7. English Pippin (Id. ibid.). — 8. Wyker Pippin (Id. ibid.). — 9. Yellow German Reinette (Id. ibid.). — 10. Golden Reinette (Id. ibid.). — 11. Court-Pendu doré (Thompson, Catalogue of fruits cultivaled in the garden of the horticultural Society of London, 1842, 'p. 35, n» 661). — 12. Dundee (ld. ibid.). — 13. Elisabeth (Id. ibid.). — 14. Golden Reinette de Kirke (Id. ibid.). — 15. Princesse noble de France (Id. ibid.). — 16. Princesse noble Zuure (Id. ibid.).— 17. Reinette d'Aix (ld. ibid.). — 18. Reinette Gielen (Id. ibid.). — 19. Reinette golden (Id. ibid.). — 20. Wygers (Id. ibid.). — 21. Princesse (Poiteau, Pomologie française, 1846, t. IV, n°43).

Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : nombreux, érigés, gros, de longueur moyenne, bien coudés et bien duveteux, vert clair jaunâtre. — Lenticelles : arrondies ou allongées , assez abondantes et de grandeur variable. — Coussinets : larges et ressortis. — Yeux : gros, ovoïdes -arrondis, cotonneux, légèrement écartés du bois. — Feuilles :

moyennes, ovales, vert-clair en dessus, blanc verdàtre en dessous, acuminées, à bords assez profondément dentés.

— Pétiole : peu long, gros, tomenteux, largement cannelé. — Stipules : bien développées.

Fertilité. — Satisfaisante.

Culture. — Toute forme et tout sujet lui conviennent, mais la basse-tige particulièrement, vu qu'elle augmente sa fertilité.

Description du fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : sphérique, quelque peu aplatie aux pôles, sensiblement pentagone et moins volumineuse d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : court et fort, droit ou arqué, inséré dans un large mais peu profond bassin. — Œil : grand, très-ouvert ou mi-clos, à cavité légèrement plissée et généralement de faible dimension. — Peau : unie, mince, jaunepaille, amplement lavée, à l'insolation, de carmin clair et terne, fouettée de rouge-cerise et ponctuée de gris. — Chair : blanc verdâtre ou jaunâtre, fine et compacte. — Eau : suffisante, sucrée, légèrement acidulée et parfumée, rappelant assez bien la saveur des Reinettes.

Maturité. — Décembre -Avril.

Qualité. — Deuxième, et quelquefois première, quand son eau n'est pas, trop dépourvue d'acidité.

Historique. — Les pomologues allemands de la fin du xviii" siècle s'accordent généralement pour qualifier de fruit français, la pomme Princesse noble. Chez nous, c'est dans le Catalogue de la célèbre pépinière des Chartreux de Paris, pour l'année 1775, que nous en rencontrons la première mention et description :

« La Princesse-Noble — y lit-on — est une pomme de la figure de la Reinette, un peu plus plate, qui a l'œil enfoncé, qui prend beaucoup de rouge; elle est excellente. » (Page 35.)

Cette variété s'étant rapidement propagée en Allemagne, y fut appelée Princesse noble des Chartreux, afin de la distinguer d'une homonyme provenant de Hollande et regardée avec raison comme très différente de celle propagée par les Chartreux. Ce fruit hollandais, nous l'avons caractérisé ci-dessus, page 83, sous l'une de ses dénominations les plus connues : Pomme d'Aunée, qu'il doit à l'arôme particulier de sa chair. On peut donc vérifier si réellement le pommier Princesse noble des Hollandais n'offre, ainsi que ses produits, aucun rapport avec le pommier Princesse noble des pépiniéristes français. Poiteau, dans sa Pomologie, ayant décrit ce dernier en 1846, fit une assez plaisante remarque sur le nom qu'on lui a donné :

« Duhamel (1768) — dit-il — ne l'a pas connu; mais en 1809 on l'a enregistré dans le

Catalogue de la Pépinière du Luxembourg sous le nom de Princesse noble comme si

toutes les princesses n'étaient pas nobles! » (Tome IV, n° 43.)

Logique au point de vue nobiliaire, cette boutade va néanmoins contre la vérité des faits , et peut induire en erreur les pomologues qui n'ont pas l'habitude, ou la possibilité, de remonter aux sources historiques pour contrôler toute assertion douteuse. Ainsi Poiteau impute au rédacteur du Catalogue de la Pépinière du Luxembourg, année 1809, le pléonasme contenu dans le nom Princesse noble, quand il eût dû l'imputer aux Chartreux. Ce sont eux en effet, nous l'avons démontré, qui en 1775 signalèrent ce nom au monde horticole. Mais Poiteau, sans la chercher aussi loin que 1775, pouvait trouver très -près de lui la preuve que le rédacteur du Catalogue paru en 1809 n'était pas le parrain de la Princesse noble, car Etienne Calvel, en 1805, l'avait longuement décrite sous cette même appellation (voir son Traité sur les pépinières, t. III, p. 41, n° 22).

Observations. — Notre Congrès pomologique a confondu ce fruit avec la Reinette dorée, de Duhamel, qu'il caractérise en lui donnant pour synonymes

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