RAB — RAM
ferme et croquante. — Eau : suffisante, sucrée, agréablement acidulée et parfumée.
Maturité. — Septembre-Novembre.
Qualité. — Première.
Historique* — Knoop, pomologue hollandais, signala cette variété en 1760,
sous le nom Rabauw , répondant
Pomme Rabaû d'Été. — Deuxième Type.
aux termes Capendu, Court-Pendu.
Le pédoncule de la Rabaù est effectivement très-court, mais ce caractère seul la rapproche de nos Court- Pendu, desquels elle diffère notablement. Les Allemands, qui la cultivent et l'ont décrite , la disent originaire de Hollande (voir Flotow, Illustrirtes Handbuch der Obstkunde, 1. 1, 1859, p. 233). Je l'ai reçue des pépinières de Reutlingen (Wurtemberg), en 1868. L'année précédente elle avait, à l'Exposition de Paris, figuré parmi les nombreux fruits envoyés de Berlin par M. le professeur Koch.
Pomme RABAUW BLANCHE. — Synonyme de pomme Rabaù d'Été. Voir ce nom.
Pommes : RADAUER PARMÂNE,
— RADAUER REINETTE,
Synonymes de Reinette l\lulthaiipt. Voir ce nom.
Pomme RAMBOUILLET. — Synonyme de Reinette jaune hâtive. Voir ce nom.
RAMBOUR. — Si depuis au moins deux siècles et demi les jardiniers ne s'étaient constamment servi, pour désigner certaines espèces de pommes, du mot Rambour, nous l'eussions remplacé par Rambures, seul nom que les plus anciens pomologues assignent au type de ce groupe du genre pommier. Mais aujourd'hui, consacré par un très-long usage, Rambour est tellement connu dans la nomenclature, qu'essayer de l'en bannir serait vraiment impossible. Qu'il y reste donc : possession vaut titre. Montrons toutefois, le sujet l'exige, à quel point Rambures avait droit de le remplacer. Jean Ruel, et non Jean de la Ruelle, comme d'aucuns l'ont erronément appelé, fut le premier descripteur du Rambour. Il le caractérisa en 1535, dans son de Natura stirpium (p. 251), le nommant Ramburum et le disant ainsi communément dénommé dans la ville d'Amiens; fait que Charles Estienne
RAM [rambour aig — bla] 597
confirmait cinq ans plus tard (1540), page 54 du Seminarium, traité d'arboriculture fruitière devenu des plus rares. Enfin Olivier de Serres, en 1608, inscrivit la pomme « de Rambure » sur les listes de fruits qu'il dressa pour son Théâtre d'agriculture ( page 626 ) , et depuis lors Rambure disparut du vocabulaire horticole , où tout aussitôt prit place — venu d'une vicieuse prononciation de ce mot — le synonyme Rambour. Maintenant, reste à donner l'origine du nom Rambure ou Rambour. Nous l'emprunterons à Gui Barôzai, auteur des Noëls bourguignons, poésies satiriques fort estimées, écrites en patois et suivies d'un Glossaire qui contient le renseignement ci-après :
« Rambor : Rambour, sorte de pomme ainsi nommée de Rambures, dans le territoire d'Amiens, où ces pommes ont commencé à être connues Rambor, en prenant poétiquement l'espèce pour le genre, est ici dit pour pomme. » (Page 234, édition de 1738.)
Reproduite au xvme siècle dans le Dictionnaire étymologique de Ménage puis dans le Dictionnaire de Trévoux , cette origine est encore , de nos jours , rapportée par M. Littré, dans son remarquable et si volumineux Dictionnaire de la langue française. On ne saurait donc, en présence surtout de l'assertion émise en 1535 et 1540 par Ruel et Charles Estienne, admettre l'opinion suivante du pomologue allemand Mayer :
« Les Rambours — écrirait-il en 1801 — sont les Puîmentaria des anciens; et Rambor est un mot gaulois qui signifie pomme ; on le trouve ainsi employé dans les Noëls et les Virelays des troubadours Il est incontestable que les Rambours sont d'origine française; peut-être sont-ce les premières pommes adoucies par la culture, dans ce royaume,
où elles auront conservé le nom générique de l'espèce Rambor n (Pomona franconica,
t. III, pp. 90-91.)
Qui ne sent, en lisant ce passage, que de la part de Mayer il y a eu méprise formelle, et complète en ses conséquences, sur le dialecte auquel appartient le terme Rambor. Nos langues gauloise, romane ou celtique n'ont certes rien à réclamer là. Rambor, on l'a constaté, est uniquement le mot Rambure ou Rambour traduit en patois par le poëte des Noëls bourguignons. Mais ce sont précisément les Noëls eux-mêmes qui ont mis en défaut le pomologue allemand. Le citant d'après l'article du Dictionnaire étymologique de Ménage, où nul éclaircissement n'est fourni sur ce poëme, Mayer a cru que c'était œuvre datant du moyen âge, époque où florissaient noëls et virelais de troubadours, comme il l'écrit. Autrement ce pomologue eût justifié son dire, en indiquant le titre des ouvrages, ou, mieux, en reproduisant les vers dans lesquels il avait vu rambor servir à désigner le genre de fruit nommé pomme. L'erreur de Mayer me paraît du reste fort excusable, car actuellement nombre de personnes ignorent encore, même chez nous, que les Noëls bourguignons publiés en 1701 sont une imitation des anciens Noëls. Quant à Barôzai, le poëte qui les a signés, il n'a jamais existé; ce personnage imaginaire cache le véritable auteur, Bernard de la Monnoye, natif de Dijon. Tout, ici, se rencontre donc pour tromper, pour égarer l'écrivain qui n'a pas sous les yeux le livre du prétendu Barôzai, où le moyen, par la bibliographie, d'en vérifier l'authenticité.
Pommes : RAMBOUR,
- RAMBOUR AIGRE, i^ZZ^ """"'''"'
' l Voir ce nom.