Pomme ROYALE DE JERSEY
Description de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : nombreux, érigés, gros, assez longs, bien coudés, très-duveteux et brun clair verdâtre, mais lavés de rouge auprès des coussinets. — Lenlicelles : assez grandes , arrondies et clairsemées. — Coussinets : larges et saillants. — Yeux : moyens, arrondis, plaqués sur l'écorce et couverts de duvet. — Feuilles : moyennes, ovales, longuement acuminées, régulièrement et profondément dentées. — Pétiole : de longueur et grosseur moyennes , tomenteux et rarement cannelé. — Stipules ; très-développées.
Fertilité. — Ordinaire.
Culture. — Le plein -vent, même en le groffant ras terre, lui convient bien.
ROY [royale jer]
Pour formes naines il faut l'écussonner sur paradis , afin de modérer sa vigueur et de le rendre plus productif.
Description du fruit. — Grosseur : moyenne et parfois un peu plus considérable. — Forme : globuleuse très -irrégulière, ayant toujours un côté moins volumineux que l'autre. — Pédoncule : court ou très - court , gros , planté dans un bassin étroit et rarement profond. — Œil: grand, mi-clos, à cavité généralement bien développée. — Peau : mince, lisse, unicolore, jaune clair et brillant sur la
partie exposée à l'ombre , Pomme Royale de Jersey. jaune d'or à l'insolation,
très-finement ponctuée de gris et semée de quelques petites taches noirâtres cerclées de carmin. — Chair : blanche, fine et des plus tendres. — Eau : suffisante, sucrée, agréablement acidulée, mais presque sans parfum.
Maturité. — Octobre - Janvier.
Qualité. — Deuxième.
Historique. — La
Royale de Jersey faisait en 1867 partie de la collection de pommes envoyée par les Allemands à notre Exposition internationale.
L'année suivante je possédais cette?. variété, grâce à l'obligeance du docteur Lucas, qui sur ma demande me l'expédia de Reutlingen (Wurtemberg). On la cultive en Allemagne depuis un assez long temps; déjà Diel l'y décrivait en 1816 et parlait ainsi de l'origine qu'il lui supposait :
« Elle a été — disait -il — signalée pour la première fois dans le Catalogue des frères William et Joseph Kirke, pépiniéristes à Brompton, près Londres. D'où je conclus que c'est un pommier anglais nouvellement introduit dans la culture; comme aussi son nom de Jersey me fait croire qu'il provient de cette île. » (Kernobstsorten , 1816, t. XII, p. 27.)
Quoique cette opinion de Diel me semble avoir été généralement acceptée, je dois cependant faire remarquer que les principales Pomologies anglaises ne mentionnent pas la Royale de Jersey ici décrite. Robert Hogg (1859, p. 267) caractérise bien un pommier Royal Jersey, appartenant à la collection du Jardin de la Société horticole de Londres , mais il le dit à cidre , puis à fruits fouettés de rouge. Ce qui prouve qu'il diffère entièrement du nôtre; ainsi, du reste, qu'en diffèrent également le Jersey Pippin et le Jersey Sweeting caractérisés dans les Fruits of America de Charles Downing (1869, p. 231).