‹ Dictionnaire de pomologie (volume 3)Chapitre 301 sur 387 · Pomme ROYALE D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

Pomme ROYALE D'ANGLETERRE

Synonymes. — Pommes: 1. Englischer Kônigs (Diel, Kernobstsorten, 1799, t. I, p. 74). — 2. Reinette RATÉE DE ROUGE (MLrbel, Loiseleur-Deslongchanips, etc.. Nouveau traité des arbres fruitiers de Duhamel du Monceau, 1816, t. I, p. 22; — et Congrès pomologique, Pomologie de la France, 1867, t. lV,n° 40). - 3. Reinette d'Angleterre hâtive (Poiteau, Pomologie française, 1846, t. IV, n.0 37; — et Gouverchel, Traité des fruits, 1852, p. 446). — 4. D'Aoutage (Id. ibid.). — 5. Roubau (Alexandre Bivort, Annales de pomologie belge et étrangère, 1853, t. I, p. 79). — 6. Reinette Demoiselle (A. Dupuis, Revue horticole, 1860, pp. 573-574 ). — 7. Reinette rayée d'Angleterre [Id. ibid.). — 8. De Pignon ou Pinon (Glady, Revue horticole, 1867, p. 35; et 1868, pp. 11 et 41).

Description de l'arbre. — Bok

fort. — Rameaux nombreux , érigés , gros et longs, faiblement géniculés, peu cotonneux et d'un brun -rouge amplement lavé de gris clair. ■ — Lenticelles :

assez abondantes, arrondies ou allongées et très-apparentes. — Coussinets : saillants.

— Feux .'de grosseur moyenne, coniques obtus, peu bombés, duveteux et complètement plaqués sur l'écorce. — Feuilles :

grandes, ovales, vert

brillant et foncé en dessus, duveteuses et d'un vert blanchâtre en dessous, courtement acuminées , planes ou canaliculées, parfois arquées et contournées, ayant les bords largement dentés. — Pétiole ; très- court, gros, assez rigide, tomenteux et plus ou moins cannelé. — Stipules : bien développées. Fertilité. — Abondante.

Culture. — Il fait de beaux plein -vent, même quand on le greffe ras terre, mais les formes naines, sur paradis ou doucin, lui conviennent avant tout, ses volumineux produits n'étant pas très -bien attachés.

Description du fruit. — Grosseur : considérable. — Forme : conique arrondie ou légèrement allongée, côtelée au sommet, et généralement ayant une face beaucoup moins développée que l'autre. — Pédoncule : court et gros, obliquement et profondément inséré dans un assez vaste bassin. — Œil : grand ou moyen, ouvert on mi-clos, à cavité étroite mais profonde, et dont les bords sont

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habituellement fort inégaux. — Peau : épaisse, un peu onctueuse , ponctuée de brun et de gris, jaune-citron sur la partie placée à l'ombre, jaune orangé à l'insolation , où elle est en outre nuancée de rouge-clair puis finement et courtement rayée de vermillon; à sa base, on remarque une très- large tache fauve et squam» meuse qui prend naissance dans le bassin pédonculaire. — Chair : blanchâtre, tendre et mi -fine. — Eau : suffisante, assez sucrée, acidulée et très - faiblement parfumée.

Maturité. — Septembre-Décembre.

Qualité. — Deuxième pour le couteau , première pour la compote.

Historique. — Alexandre Bivort, pomologue belge récemment décédé, caractérisa la Royale d'Angleterre en 1853, sans toutefois indiquer quel pouvait être le lieu natal de ce joli fruit :

a Cette variété — dit-il — est assez répandue dans les vergers du Brabant wallon, où elle porte le nom de pomme de Roubau. Nous la croyons très -ancienne, bien que Dubamel et ses devanciers n'en aient pas parlé. » (Annales de pomologie belge et étrangère, 1. 1, p. 79.)

Elle est, effectivement, plus que centenaire; mais si notre Duhamel ne l'a pas mentionnée en 1768, il reste acquis, cependant, qu'à cette date on la connaissait déjà chez nous, car en 1775 les Chartreux de Paris lui donnaient place dans le Catalogue marchand de leurs célèbres pépinières, et même l'y décrivaient en ces termes :

« La 'Royale d'Angleterre est une pomme d'une grosseur extraordinaire, plus longue que ronde; elle est tendre et légère. » (Chap. Pommier, n° 12.)

De qui les Chartreux tenaient-ils ce pommier, dont je ne trouve, avant 1775^ aucune espèce de traces en France?... Son nom m'avait d'abord semblé le rattacher à l'Angleterre, mais j'ai dû croire qu'il n'en était pas ainsi, les pomologues anglais n'ayant décrit ni cité cette variété. Thompson, en 1826, inscrivit bien dans la première édition du Catalogue du Jardin fruitier de la Société horticole de Londres, une pomme Royale d'Angleterre (p. 144, n° 973), seulement dans la troisième, publiée en 1842, il la classa (pp. 30 et 38) parmi les synonymes de l'Herefordshire Pearmain, rectification sanctionnée depuis par nombre d'auteurs des plus compétents. Du reste, en se reportant à ma description de la pomme d'Hereford (t. III, pp. 378-379), on verra tout aussitôt que nulle ressemblance n'existe entre ce fruit et la Royale d'Angleterre dont il s'agit ici, laquelle ne saurait être, pour lors, celle qui fut, en 1826, erronément signalée dans le Catalogue de Thompson. Les Allemands ont possédé cette pomme peu de temps après sa mise en vente par les Chartreux , puisque de 1788 à 1799 les pomologues Hirschfeld, Christ, Salzmann et Diel lui consacrèrent plusieurs articles , auxquels j'ai vainement recouru pour essayer de m'éclairer sur sa véritable provenance. A cet égard, et malgré l'absence de tout document précis, il me paraît possible, néanmoins, dépenser que la France dut être son berceau. Il y a de longues années, ne l'y rencontrait-on pas, sous des noms locaux dont la synonymie est aujourd'hui connue, cultivée dans la Normandie, à Vire, puis dans la Guienne, aux environs d'Agen?... Oui, et divers témoins vont l'attester; Poiteau, d'abord, qui, la trouvant appelée pomme d'Aoûtage, remplaça ce nom par celui de Reinette d'Angleterre hâtive, fort mal choisi, car très-souvent il la fit confondre avec l'excellente pomme tardive ainsi dénommée :

« On cultive la Reinette d'Angleterre hâtive — écrivait feu Poiteau en 1846 — en Normandie, surtout aux environs de Vire (Calvados), sous le nom de Pomme d'Aoûtage, parce qu'elle mûrit dans le mois d'août. En l'examinant avec attention, on lui trouve tant de

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rapport avec la Reinette d'Angleterre de l'ancienne école du Luxembourg et du Jardin des Plantes , qu'elle en est évidemment une variété ; mais elle en diffère cependant par le temps de la maturité, par sa grosseur et ses qualités. En ajoutant à celle dont il est question,

l'épitliète hâtive, ses rapports avec la Reinette d'Angleterre seront faciles à vérifier

Comme les noms des fruits varient d'une province à l'autre, les personnes qui voudraient se procurer celui-ci peuvent le demander à Vire, sous le nom de Pomme d'Aoûtage. » (Pornologie française, t. IV, n° 37.)

Enfin, voici ce que M. Eugène Glady, pomologue habitant Bordeaux, publiait il y a cinq ans dans la Revue horticole, de Paris, sur cette Reinette d'Angleterre, que le directeur dudit recueil déclara peu après identique avec la Royale d'An gleterre, insérant même, pour appuyer son assertion, une lettre où M, Willermoz, dont on sait la compétence, affirmait également le fait :

« Parmi les meilleures pommes propres au département du Lot-et-Garonne , je citerai — écrivait M. Glady — la Reinette d'Angleterre, que j'ai toujours vue, depuis vingt-cinq ans, sur un

très-vieil arbre de ma propriété de Pinon Cette variété, qui à Bordeaux est désignée

par le nom de tomme de Pignon, ne nous paraît pas, quoi qu'on en dise, appartenir à la section des Reinettes; elle est très -précieuse, et, bien qu'elle ne soit pas nouvelle, mérite d'être plus connue et répandue qu'elle ne l'est. » {Année 1867, pp. 34-35; Année 1868, pp. 11 et 41.)

Observations. — Généralement on n'a pas assigné à la Royale d'Angleterre ses véritables époques de maturité, puis de conservation. La faire mûrir courant d'août, c'est trop tôt; si dans les derniers jours de ce mois elle peut paraître sur les tables, ce n'est toutefois qu'exceptionnellement et fort aux dépens de sa qualité. Pour la manger entièrement mûre, il faut attendre la fin de septembre. Quant à la garder au fruitier passé décembre , on n'y doit pas songer, du moins dans l'Anjou.

Pomme ROYALE D'ANGLETERRE A TROCHETS. — Synonyme de pomme de Hereford. Voir ce nom.

Pommes : ROYALE D'ÉTÉ, - ROYALE HATIVE,

Synonymes de Passe-Pomme ' d'Été. Voir ce nom.

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