‹ Dictionnaire de pomologie (volume 3)Chapitre 372 sur 387 · Pomme de VIOLETTE · texte numérisé non relu

Pomme de VIOLETTE

Synonymes. — Pommes : 1. Violette de Mars (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 22; — et dom Claude Saint-Étienne , Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits , 1670, p. 218). — 2. Reinette Violette (Van Mons, Catalogue descriptif de partie des arbres fruitiers qui de 1798 à 18Î3 ont. formé sa collection, p. 57, n° 276). — 3. De QOATRE-GoÛTS (Louis Bosc, Dictionnaire d'agriculture, 1809, t. X, p. 325). — 4. VIOLETTE DE Quatre- Goûts (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of Lonilon, 1842, p. 44, n° 849). — 5. Reinette des Quatre-Goùts (de quelques pépiniéristes).

— Bois : assez faible. — Rameaux : peu nombreux , érigés au sommet , étalés à la base , longs, de moyenne grosseur et légèrement coudés, duveteux, lisses et luisants, brun clair et verdâtre du côté de l'ombre, brun rougeàtre et foncé à l'insolation. — Lenticelles : petites, allongées , très - apparentes et rapprochées. — Coussinets : ressortis et parfois se prolongeant en arête. — Yeux : petits ou moyens, obtus, plaqués sur le bois , ayant les écailles noirâtres et disjointes. — Feuilles : grandes, épaisses, coriaces, ovales allongées, vert brillant et jaunâtre en dessus, blanc grisâtre

en dessous, courternent acuminées, à bords peu profondément dentés et surdentés.

— Pétiole : long, assez gros, roide, carminé, rarement bien cannelé. — Stipules :

grandes et souvent crénelées.

Fertilité. — Convenable.

Culture. — Sa vigueur laisse trop à désirer pour qu'il puisse être, quand on le destine au plein -vent, greffé ras terre, il faut alors qu'on le greffe à hauteur de tige. Généralement les formes naines lui sont très-favorables.

Description du iruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne. — Forme : ovoïde assez allongée, faiblement côtelée au sommet, ayant presque toujours une face un peu moins développée que l'autre. — Pédoncule : long, de moyenne force, très -profondément inséré dans un bassin étroit. — Œil : grand, légèrement enfoncé, ouvert ou mi-clos, à petite cavité ondulée ou plissée sur les bords. — Peau : à fond jaune clair, amplement lavée de rouge -cerise, fouettée et rubanée,

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à l'insolation, de rouge lie de vin, et courtement rayée, à l'ombre, de carmin clair; puis çà et là ponctuée de gris. — Chair : blanc rosé, très-fine, tendre, verdàtre autour des loges. — Eau : suffisante, très-sucrée, à peine acidulée, ayant une saveur délicieuse qui rappelle assez bien le parfum de la violette.

Maturité. — Novembre et parfois atteignant le mois d'avril.

Qualité. — Première.

Historique. — La variété tardive ici caractérisée date au moins, chez nous, des dernières années du xvi" siècle et se trouvait en 1628 dans le verger que le Lectier, procureur du Roi , possédait à Orléans. Inscrite sur le Catalogue de cet amateur (p. 22), elle y figure parmi les pommiers à fruit hâtif, mais sous le nom Violette de Mars, parfaitement choisi pour indiquer son double privilège de se conserver tout l'hiver quoique mûrissant dès octobre Aussi le moine Saint-Etienne eût-il soin, lorsqu'en 1670 il la cita dans sa Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, de dire (p. 218) : « Violette de Mars, déjà mûre au commencement « de l'automne. » Merlet et la Quintinye s'occupèrent également de cette pomme et ne furent pas d'accord sur l'époque de sa maturation. « Elle se mange dès le mois « de novembre, jusqu'en janvier et février, » assurait Merlet en 1675 (pp. 148-149); à quoi la Quintinye répondit en 1690 : « Noël est son point extrême de maturité. » Mais je vais reproduire tout le pa&sage où ce dernier auteur Fa décrite, sa lecture me semblant utile, ne serait-ce que pour démontrer la parfaite identité du fruit dont il y est question , avec celui représenté ci-dessus :

« La pomme Violette — écrivait-il — a le fond du coloris blanchâtre, un peu tiqueté aux endroits où le soleil n'a pas donné, mais chargé, ou plutôt rayé et fouetté d'une assez belle couleur de rouge foncé aux endroits qui en sont veus. La couleur de la chair est fort blanche, et cette chair fort fine et fort délicate; l'eau extrêmement douce et sucrée, ne laissant aucun marc ; si bien que seurement c'est une pomme admirable, à commencer d'en manger dès qu'on la cueille, jusqu'à Noël, et ne passe plus outre. » (Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690, t. Ier, p. 391.)

Duhamel, en 1768, fut de l'avis de Claude Saint-Etienne, sur la longue conservation de cette pomme, « une des meilleures — déclara-t-il — et dont il s'en garde « jusqu'en mai. » (T. Ier, p. 285.) Chez les Allemands, où elle jouit d'une grande . réputation, Mayer, il y a un siècle (1776), en parla dans les mêmes termes que Duhamel, ajoutant interrogativement :

« Je la mets au rang des Feuouillets à cause de l'odeur de violette qu'on sent en la mangeant. Mùnchhausen l'avait déjà regardée comme variété de l'Anis, mais Manger prétend qu'il s'est trompé, parce que sa peau est lisse, et non rugueuse. Duhamel la croit Calville, l'arbre, le fruit, sa chair et son eau ayant beaucoup de rapport avec cette famille. Ne serait-ce pas plutôt un métif de Fenouillet et de Calville? » (Pomona franconica, t. III, pp. 136-157.)

Sur ce dernier point, je partage assez le sentiment de Mayer. Quant à la question, si controversée, de la maturité de la pomme de Violette, elle est trèsdifficile à trancher. La longue conservation de ce fruit dépend en effet du moment de sa cueillette, qu'on doit faire, pour le garder tout l'hiver, alors seulement qu'il est à moitié mûr. Or, chacun sait combien de causes physiques s'opposent, d'une région à l'autre, à ce qu'un tel moment soit partout le même ; et, de plus, quelles incertitudes existent pour le déterminer d'une façon exacte. C'est donc à ces diverses variations qu'il faut attribuer le désaccord qui régna toujours, parmi les pomologues, sur l'époque précise où commence, où finit la maturité de cette

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ancienne variété française. Dans mes jardins , rarement je l'ai vue mûrir avant novembre, et je ne me souviens pas, au fruitier, d'avoir conservé quelques-uns de ses produits jusqu'en mai.

Observations. — En 1867 le Congrès pomologique a donné dans ses publications (t. IV, n° 22) la description d'une variété assez précoce, à peau fouettée et presque toute rouge, qu'il a surnommée Violette des Quatre-Goûts , sans songer que ce nom aurait l'inconvénient de la faire doublement confondre avec notre pomme de Violette, dite aussi pomme de Quatre-Goùts. Pourquoi ne pas lui avoir laissé le nom pomme Framboise, sous lequel le Hollandais Knoop l'avait signalée en 1771 (p. 16), et qui a cours en Belgique puis en France? Quant à moi, je le lui ai soigneusement conservé ; on peut s'en assurer page 311 de mon troisième volume, où ce fruit est étudié. On y verra également quels caractères nombreux et tranchés le différencient de la pomme de Violette. J'ajoute que le Congrès, en invoquant l'autorité de Couverchel pour justifier sa dénomination Violette de Quatre-Goùts, s'est deux fois mépris, car cet écrivain n'a jamais mentionné pareil nom; il a simplement caractérisé une pomme de Quatre-Goùts, ayant la peau verte et rovssâtre, et non la peau fouettée et presque toute rouge de la variété du Congrès. Voici du reste le texte même de Couverchel :

« Pomme de Quatre-Goùts. — Elle est de grosseur moyenne, déprimée, verte et teintée de roux; sa chair est tendre, d'un parfum particulier assez suave; maturité : novembre. » (Traité des fruits, 1852, p. 450.)

Que peut être cette pomme de Couverchel? — Très -probablement certaine pomme de Violette Eyriès dont Poiteau parlait ainsi en 1830 :

« M. Turpin l'a rapportée du Havre; il en a dû la connaissance à M. Eyriès. Elle y est

cultivée sous le nom pomme de Violette, venu de sa saveur ou de son parfum Sa peau,

piquetée de points roussâtres, passe du vert clair au jaune clair Sa chair est blanche,

très-line, fondante, sans marc; son eau, sucrée et peu abondante. Maturité : octobre et novembre. » (Bulletin des sciences agricoles et économiques, 1830, t. XV, p. 373.)

Depuis, revenant sur ce fruit dans sa Pomologie française, Poiteau expliqua pourquoi on l'avait appelé pomme de Violette Eyriès :

« C'est M. Eyriès, négociant au Havre — disait-il — qui l'a fait connaître à Paris; on a donc cru devoir ajouter son nom à celui qu'elle possédait déjà. C'était d'ailleurs une nécessité, car nous cultivons depuis longtemps une pomme Violette (ainsi nommée de sa couleur) qui appartient, comme celle-ci, à la section des Calvillacées. » (T. IV, n° 45.)

Ici , Poiteau prouve qu'il n'a pas connu la véritable pomme de Violette ; celle à laquelle il fait allusion n'est autre, effectivement, que le Calleville rouge d'Automne, maintes fois erronément appelé, surtout par les Anglais, pomme Violette, en raison de la couleur de sa peau.

Pomme de VIOLETTE EYRIÈS. — Voir pomme de Violette, au paragraphe Observations.

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Pomme VIOLETTE D'HIVER [des Allemands]. — Synonyme de pomme de Bohémien. Voir ce nom.

Pommes : VIOLETTE DE MARS,

/ Synonymes de pomme de

( Violette. Voir ce nom.

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