‹ Dictionnaire de pomologie (volume 3)Chapitre 72 sur 387 · OR SU · texte numérisé non relu

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Culture. — Pour le plein vent il demande la greffe en tête, sa croissance n'étant pas très-active; toutes les formes naines lui sont profitables, surtout quand on l'écussonne sur doucin plutôt que sur paradis, dernier sujet dont il s'accommode peu.

Description du fruit. — Grosseur : au-dessous de la moyenne. — Forme : passant de la sphérique irrégulière à la globuleuse fortement cylindrique. — Pédoncule : de longueur moyenne, assez mince, souvent arqué, profondément inséré dans un bassin étroit formant entonnoir. — Œil : grand, mi-clos, à cavité unie ou finement plissée, large et rarement profonde. — Peau : rugueuse, jaune grisâtre sur le côté de l'ombre, j aune d'or brunâtre sur l'autre face, rayée et plus ou moins réticulée de roux clair, maculée de fauve autour du pédoncule, ponctuée de marron et de rouge, et parfois, à l'insolation, quelque peu nuancée ou moucbetée de rose pâle. — Chair : blanchâtre ou jaunâtre, très-fine, compacte et mi-tendre. — Eau : abondante, très-sucrée, vineuse, délicieusement acidulée et parfumée.

Maturité. — ■ Décembre-Mai.

Qualité. — Première.

Historique. — John Evelyn, botaniste anglais mort en 1706 et connu par plusieurs ouvrages fort estimés, fut en 1672 celui qui le premier parla du Golden Pippin, ou Pomme d'Or. Ses compatriotes Ray (1688), Switzer (1724) et Miller (1768), écrivains également très-versés dans l'arboriculture fruitière, mentionnèrent aussi cette variété ; mais aucun d'eux n'en signala l'origine. De nos jours (1859) le docteur Hogg, président du Comité pomologique de la Société d'Horticulture de Londres, a consacré un long article au Golden Pippin, en son livre intitulé the Apple and its varieties. Je croyais trouver là quelques renseignements positifs sur l'âge et le lieu natal de cette pomme, sans rivale en Angleterre. Je m'étais trompé, M. Hogg n'a pas été plus heureux que ses devanciers; il l'avoue sans hésiter, puis rapporte une supposition émise à cet égard :

« Quand et où — dit-il — la Golden Pippin a-t-elle été primitivement découverte?

Actuellement on l'ignore encore, quoique tous les pomologues s'accordent pour la reconnaître comme un fruit d'origine anglaise. 11 en est même qui supposent qu'elle fut obtenue à Parham-Park, près Arundel, dans le comté de Susses. » (Page 96.)

Ce texte n'ayant rien de probant, rien d'affirmatif, laisse en conséquence la question d'origine entièrement indécise. Je le sais; mais lorsqu'un pomologue aussi compétent que le docteur Hogg n'a pu la résoudre, l'essayer de nouveau me parait inutile. Pour compléter autant que possible cet historique, ajoutons cependant que la variété Golden Pippin ne semble pas — sous ce nom du moins ou sous l'un des trente-cinq synonymes dont plus haut j'ai dressé la liste — avoir été cultivée chez nous avant les dernières années de la Quintinye, mort en 1688. Le célèbre créateur du verger de Louis XIV à Versailles fut effectivement, parmi nos anciens arboriculteurs, celui qui la fit connaître au public, et sans nulle recommandation, même; d'où j'infère qu'elle était encore une nouveauté pour lui :

« Les Anglais — écrivit-il — font grande estime d'une pomme qu'ils nomment Guolden Peppius, qui a tout-à-i'ait l'air d'une Pomme de Paradis, ou de quelqu'autre Pomme sauvage; elle est fort jaune et ronde, elle a peu d'eau, qui est assez relevée et sans mauvaise odeur. » [Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, édit. originale, t. I", p. 392.)

Le fonds marécageux du potager de Versailles convenait peu à ce pommier, qui

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