‹ Dictionnaire de pomologie (volume 3)Chapitre 73 sur 387 · SI2 OR · texte numérisé non relu

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veut surtout un sol argilo-calcaire ; la Quintinye fut donc mal placé pour bien apprécier le mérite de cette variété. Aussi le jugement qu'il en avait porté ne tarda pas à être infirmé par Angrau de Rueneuve , « conseiller du Roy en l'Élection « d'Orléans. » Passionné pour l'horticulture ce magistrat rétablit ainsi, en 1712, la réputation du fruit méconnu :

« La Pomme d'Or — déelara-t-il — nous est venue d'Angleterre ; on l'y appelle Goule- Pepin. J'estime qu'elle doit être la Reyne des Pommes et que la Reynette ne doit marcher qu'après elle, car elle est d'un plus fin relief que toutes les autres Pommes. » (Observations sur l'agriculture et le jardinage, 1712, t. 1er, p. 248.)

Peut-être existe-t-il ici quelque exagération dans la louange; pour moi, la Reinette franche égale au moins en qualité la Pomme d'Or des Anglais, et de plus la surpasse toujours en grosseur, avantage dont il est bon de tenir compte. Mais, cette réserve faite, je reconnais qu'on ne saurait trop propager en France ce fruit exquis, précieux également pour la fabrication du cidre, auquel il donne une extrême délicatesse. Sous ce rapport on en tire depuis longtemps, en Angleterre; un très-grand parti, puisque John Ëvelyn, le botaniste du xvne siècle dont nous parlions au début , a constaté que lord Clarendon , dans son domaine de Swallowfield (comté de Berks), cultivait déjà à cette époque, uniquement pour le pressoir, mille pommiers de Golden Pippin. Et ce fait m'amène à rappeler, en terminant, que dès 1360 les Rouennais possédaient une pomme Pépin ou Franc- Pepin tellement renommée, qu'elle se vendait fort cher, même pour les monastères; aussi un hôtelier de la rue Saint-Jean de Rouen, afin sans doute d'allécher les buveurs, l'avaii-il en 1500 représentée sur son enseigne, avec ces mots : A la Pomme de Pépin. — Si quelque description de ce Pépin était parvenue jusqu'à nous, qui peut assurer qu'on ns. reconnaîtrait pas en lui le Pépin doré supposé d'origine anglaise? Les deux noms, en tout cas, sont parfaitement semblables. Mais l'archiviste de la Seine-Inférieure auquel nous empruntons ces détails, M, Robillard de Beaurepaire, n'a rencontré aucun document qui permette un tel examen. (Voir, de cet archiviste, l'État des campagnes de la haute Normandie dans les derniers temps du moyen âge, 1865, aux pp. 47-58 et 381.)

©teservatioms. — Les Belges, en 1855, ont dit dans leurs Annales de pomologie (t. III, p. 22) qu'il existait un Gros-Pepin d'Or, moins bon, paraît-il, que le Petit. Les Allemands, Sickler entre autres (Teutscher Obstgartner, t. III, "VI et XIV), le décrivirent même dès 1795, mais je n'ai pu me le procurer. Je le signale, cependant, afin que cette Grosse-Pomme d'Or ne puisse être, chez nous, regardée comme identique avec la variété ici caractérisée. — Les Anglais ayant donné pour nom générique, aux Reinettes, le terme Pippin, il en est découlé partout de nombreuses méprises. Ainsi, par exemple, notre antique Reinette dorée ou Reinette jaune tardive, a longtemps été vendue dans mes pépinières, vu son homonymie avec le Golden Pippin ou Pépin doré, au lieu et place de ce dernier fruit. C'est pourquoi le nom Pomme d'Or d'Angleterre remplace depuis 1868, dans mon Catalogue, le nom Golden Pippin, qu'également, dans ce Dictionnaire, j'ai fait passer du rang des variétés au rang des synonymes, pour qu'il n'occasionnât plus de semblables erreurs. — On cultive en Belgique, province du Hainaut, une pomme appelée Pépin d'Or de Pâture, dont M. Edouard Morren a publié cette description :

« Gros fruit, forme ovoïde ; jaune coloré de rouge. Chair fine, sucrée, acidulée. Très-bon pour la table et déclaré très-fertile. Dégusté en février. » (Belgique horticole, 1858, t. VIII, p. 220.)

Je crois ce nouveau Pépin d'Or inconnu en France, mais il ne doit pas moins

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être signalé, son nom pouvant aisément, un jour ou l'autre, causer à nos jardiniers quelque embarras, quelque indécision. — Les Hollandais, avant i750, possédaient, eux aussi, leur Golden Pippin; voici, d'après un écrivain horticole de leur nation, quel était ce fruit :

« Les Pommes d'Or simple d'Hiver, dont les meilleures sont d'un jaune foncé et tacheté de gris, peuvent à peine être admises au nombre des pommes de table, quoique, quand on les fait étuver et qu'on les met en compote et en pâte , elles aient un goût fort agréable. Leurs arbres produisent beaucoup, ce qui les empêche de devenir très-grands. Elles sont connues depuis les temps les plus reculés. » (De Lacour, les Agréments de la campagne, 1752, t. II, pp. 43-46.)

S'il me paraît impossible de reconnaître la variété caractérisée dans ce passage , du moins puis- je assurer — et voilà l'essentiel — qu'elle n'est pas la pomme d'Or d'Angleterre, puisque, de l'aveu même de son descripteur, on l'utilise presque uniquement pour les usages culinaires , faute de pouvoir la manger crue.

Pomme d'OR [de France]. — Synonyme de pomme Drap d'Or. Voir ce nom.

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