VARIÉTÉS CULTIVÉES EN ITALIE, AU XV» SIÈCLE
connu comme sujet propre à former des arbres nains, et dont les fruits, mûrissant en juillet-août, sont entièrement passés lorsqu' arrive Noël. Mais chez les Hollandais, les Allemands, les Anglais, et chez nous, on rencontre plusieurs autres pommes de Paradis d'automne et d'hiver, à deux desquelles, très-prohablement , se rapportent celles d'Agostino Gallo.]
7 et 8. Les Rugginenti Dolci et Gai-bi, ou Rouillées à chair douce et Rouillées à chair acide. Les douces, encore assez savoureuses à Noël, perdent ensuite toute leur bonté. La variété acide, qui est la plus estimée, acquiert au contraire, à cette époque, son point parfait de maturité, et reste ainsi pendant quelques mois.
[La seconde de ces pommes à peau bronzée, pourrait bien être l'antique Reinette grise (voir son historique, au t. IV); quant à la première, sa chair non acidulée et sa maturité moins tardive nous rappellent que Reinette douce et grise est un des plus anciens synonymes de la variété présentement nommée Reinette musquée ( voir également son historique, au t. IV). Ce ne sont là, toutefois, que simples suppositions.]
9. Les Calamani, exquises et recherchées, malgré leur chair un peu ferme.
[Charles Estienne, en 1540, a prouvé que pommes Calamania, ou Calamila, ou Court- Pendu gris, formaient une seule et même variété. Comme cette question est traitée à fond dans l'historique du Court-Pendu gris, pages 236 et 237 ci-après, il devient inutile ici d'en parler plus longuement. ]
10. Les Puppini, ouPippin, de longue garde et non moins délicieuses et prisées , que les Calamani.
[Voir tome IV, au mot Pippin (p. 571), ce que nous disons de cette Puppino, vraisemblablement identique avec les Pippins si célèbres en Angleterre , et tellement anciens , que dès 1360 Us étaient mentionnés en Normandie.]
11. Les Rostaioli, ou pommes Éventail, surpassant par leur beauté, par leur eau savoureuse , toutes les autres variétés. Elles servent de rafraîchissement au milieu des fêtes; c'est pourquoi, les comparant à l'éventail, on leur en a donné le nom. Et nos jeunes gens , pendant les bals masqués du carnaval, choisissent effectivement ces pommes pour se désaltérer.
[11 devient impossible, vu le manque complet de description, de rattacher, même trèshypothétiquement, les Rostaioli à l'une de nos pommes d'hiver.]
12. Les Appioli, ou Appioles,fort estiméesdes anciens, et qu'actuellement (1540) on n'estime pas moins, pour leur chair succulente et fine.
[Daléchamp affirmait en 1386 [Historia plantarum, t. I , p. 242) que ces Apioles étaient les Petisiennes signalées par Pline comme importées de son vivant à Rome (79 ans après J. C). Antérieurement Charles Estienne (lo40, Seminarium , p. 53 ) avait avancé le contraire, puisqu'il réunissait les Petisiennes à la pomme de Paradis, dans laquelle Ruelle, en 1536 {de Natura stirpium), prétendait, lui, reconnaître les Mélimèles, autres pommes romaines. Toutes ces contradictions montrent bien qu'on ne saurait, en l'absence de textes descriptifs sérieux, établir avec quelque certitude la synonymie des anciens fruits par rapport aux fruits modernes. ]
Nota. — L'édition d'Agostino Gallo qui nous a servi pour dresser cette liste de pommes, est la deuxième, celle de 1575, imprimée à Venise. 11 en existe une de 1540, mais nous n'avons pu la rencontrer.
Variétés cultivées en France, depuis Charlemagna jusqu'à Louis XIÎI.
J'ai dit, en parlant de l'origine du pommier, qu'au v° siècle la loi salique renfermait certaines prescriptions relatives à cet arbre , et c'est la plus ancienne mention qui chez nous en soit connue. On le retrouve ensuite, au vni" siècle, cité de nouveau dans un recueil officiel , les Capitulaires de Charlemagne (Gapitul. de Villis, c. 70). Il y est recommandé par le célèbre souverain aux soins des intendants du domaine impérial , dont les vergers — ainsi l'a voulu Charles — devront contenir les variétés de pommes suivantes , désignées en un latin barbare à peine traduisible :