‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 283 sur 439 · Pomme FENOUILLET GRIS · texte numérisé non relu

Pomme FENOUILLET GRIS

Synonymes. — Pommes : l. d'Épice d'Hiver (Olivier de Serres, Théâtre d'agriculture, 1608, p. 626; — et Manger, Systematisehe l'omotogie, p. 46, n" Lxxvii). — 2. Fenouillet roux (le

Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 23 ; et de

Bonnefond, le Jardinier français, 1653, p. 109). — 3. Fenouillet (Claude Mollet, Théâtre des jardinages, 1652, p. 54; — et la Quintinye, Instruction pour les jardins fruitiers et potagers, 1690, t. I, p. 390). — 4. D'Anis ou d'Annis (Merlet, l'Abrégé des bons fruits, 1667, p. 152). — 5. D'Anny (dom Claude Saint-Etienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 207). — 6. Du RONDURAUT (Id. ibid.). — 7. GORGE DE PiGEON (Hermau Knoop, Pomologie , édition allemande, 1760, pp. 20 et 58). — 8. Anizier (Pierre Leroy, d'Angers, Catalogue de ses jardins et pépinières, 1790, p. 26). — 9. Gros-Fenouillet (Calvel, Traité complet sur les pépinières, 1805, t. III, p. 37, n» 17 ). — 10. Petit-Fenouillet (/rf. ibid.). — il. Aromatic Russet (George Lindley, Guide to the orchard and kitcken garden, 1831, p. 89, n" 169). — 12. Caraway Russet (Id. ibid.,p. 88). — 13. Spice ( M. ibid. ). — 14. Fenouillet anisé (Comice horticole d'Angers, Catalogue de son Jardin fruitier, 1833-1852, n» 253 ). — 15. Gros-Fenouillet D'Or (Thompson, Catalogue of fruits cullivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 15, n» 246). — 16. Fenouillet gris anisé (Congrès pomologique, Pomologie de la France, 1867, t. IV, n» 4 ).

Descriiition de l'arbre. —

Bois : assez fort. — Rameaux :

peu nombreux, étalés à la base, érigés au sommet, gros et longs, géniculés, bien cotonneux, brun clair cendré. — Lenticelles : allongées , de grandeur variable , clairsemées. — Coussinets : larges, saillants, ayant l'arête décurrente très-prolongée. — Yeux : moyens ou petits, ovoïdes -obtus, légèrement duveteux, fortement collés surl'écorce. — /^eMï7/es .• moyennes ou petites, ovales - allongées ou lancéolées, vert jaunâtre en dessus, blanc verdâtre en dessous, très -longuement

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acuminées, à bords relevés et régulièrement dentés et surdentés. — Pétiole : court, gros et roide, carminé à la base, peu cannelé, tenant la feuille bien érigée. — Stipules : excessivement petites.

Culture. — Le plein-vent lui convient assez, mais greffé en tête, et non ras terre, autrement sa tige reste des plus faibles. Sous formes naines, sur doucin ou paradis, il est beaucoup plus fertile qu'en plein -vent et fait des arbres d'une grande régularité.

Degcription du fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : globuleuse plus ou moins régulière et légèrement bosselée. — Pédoncule : court et peu fort, mais généralement renflé à son point d'attache, planté dans un bassin de dimension variable. — Œil : petit ou moyen, mi-clos ou fermé , à cavité unie et modérément développée. — Peau : rugueuse, à fond jaune sombre, entièrement lavée et réticulée de gris roussâtre, et fortement ponctuée de gris cendré. — Chair : blanche, jaunissant vite à l'air, assez tendre, inodore, croquante et des plus fines. — Eau . suffisante, très-sucrée, sans aucune acidité, mais douée d'un parfum anisé-musqué aussi délicat que bien prononcé.

Maturité. — Décembre-Avril.

Qualité. — Première.

Historiciuc. — En décrivant cet ancien fruit, presque tous les pomologues étrangers l'ont regardé comme appartenant à la France. Leur supposition était fondée. Il sort de l'Anjou, ainsi, du reste, que la majeure partie des autres Fenouillets. Celui-ci remonte au plus à la fin du xvi" siècle. On l'appela d'abord pomme d'Épice, puis Fenouillet roux, par opposition au Fenouillet blanc, ou jaune, son contemporain. Le Lectier, dans le Catalogue de son verger d'Orléans, cite en 1628 ces deux pommiers (p. 23); c'est la première mention que nous ayons rencontrée du nom Fenouillet. On voit aussi, par là, qu'à cette époque le Fenouillet gris n'était déjà plus uniquement cultivé dans l'Anjou. Merlet fut, en 1667, l'auteur qui le fit connaître sous ce qualificatif g'?'ïs (p. 152), dont il est encore en possession. Cette variété dut, vers le même temps, paraître aux environs de la Capitale, puisqu'en 1694 Ménage écrivait ces mots : « Le Fenouillet gris, « sorte de pomme venue d'Anjou à Paris, est ainsi appelée du goût de son eau. a (Dictionnaire étymologique , t. I<'^)

Oltsei'vations. — Sous la différence des sols et de la culture, les produits d'un ( arbre fruitier varient fréquemment dans leur volume. Ce fut à cette cause que l'on dut anciennement la croyance erronée qu'il existait deux Fenouillets gris : un Gros et un Petit. Calvel, dès 1803, s'éleva contre cette opinion dans son Traité sur les pépinières (t. III, p. 38). De nos jours, elle n'est plus acceptée. C'est donc un motif de plus pour affirmer ici qu'un Gros- Fenouillet gris a réellement droit au rang de variété; mais il n'a rien, par exemple, qui permette de le rattacher!* au Fenouillet gris ou pomme d'Anis , son eau , très-douce , n'étant nullement anisée ou musquée. Sa forme , sa peau , sa chair lui ont seuls valu le nom qu'il porte; on le verra en consultant l'article que nous lui consacrons, lettre G. — La. P ontologie française publiée par Poiteau en 1846, renferme, décrite et figurée sous le nom Fenouillet gris, une pomme qui certes n'est pas ce fruit, si bien caractérisé, pourtant, par Duhamel (1768), Noisette (1839) et notre Congrès pomologique (1867). Je signale ce fait, car, méconnu, il pourrait occasionner

FEN [fenouillet gri — jau]

de sérieuses méprises. — Le synonyme Gorge de Pigeon, datant de 1760 et provenant du recueil publié par le Hollandais Knoop, ayant été reproduit généralement, chez nous, parmi ceux du Fenouillet gris, j'ai dû l'accepter. Cependant il me paraît plus qu'inexact, car jamais le ton gris roussâtre de la peau de cette pomme, n'a montré ces reflets bleuâtres, argentés et ardoisés, que l'on appelle nuance gorge-pigeon. — Quelques pomologues du xviu" siècle ont réuni le Court - Pendu gris au Fenouillet gris. Cette erreur, actuellement, ne doit plus être partagée ; il est bien difficile , en effet , de confondre longtemps deux pommes dont l'une, le Court- Pendu, possède une saveur franchement acidulée, tandis que l'autre est complètement douce. — Duhamel fit remarquer en 1768 (t. I, p. 286) qu'on trouvait en Normandie un Gros et un Petit-Rêtel fort semblables au Fenouillet gris, pour la grosseur et la couleur. Cet auteur eut alors sous les 3'eux un fruit mal nommé, ou qui depuis a reçu quelque surnom, car la pomme Rethel, très-commune dans la Seine -Inférieure, est odorante et jaune, et ne se rapproche aucunement du Fenouillet gris.

Pomme FENOUILLET GRIS ANISÉ. — Synonyme de Fenouillet gris. Voir ce nom.

Pomme FENOUILLET GRIS (GROS-

Voir Gros-Fenouillet gris.

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