‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 29 sur 439 · IMPORTANCE ACTUELLE DE LA CULTURE DU POMMIER. SES CAUSES · texte numérisé non relu

IMPORTANCE ACTUELLE DE LA CULTURE DU POMMIER. SES CAUSES

quatre cent six individus. Que ces arbres sont jeunes, bien portants, vigoureux et propres à former des quenouilles. Qu'ils ont été étiquetés avec soin, d'après la nomenclature adoptée par Duhamel dans son Traité des bons fruits ; et qu'enfin l'arrachage de ces arbres a été fait avec beaucoup d'intelligence et d'attention.

« Paris, ce quatre novembre mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an premier de la République Française.

o André THOUIN. »

a Remis une copie au Ministre de l'Intérieur, au citoyen Favrin et au Régisseur des Biens Nationaux.

* a Plus, reçu vingt arbres fruitiers, nains, d'espèces différentes, pour la Grande École de Botanique du Jardin des Plantes .

« A Paris, ce dix décembre mil sept cent quatre-vingt-douze.

« André THOUIN. »

Ce fut en 1802, sous le ministère du comte Chaptal, qu'à Paris on créa la Pépinière du Luxembourg, dont eut la direction Christophe Hervy, ancien jardinier principal des Chartreux, et mentionné comme tel par André Thouin dans le Procès -Verbal ci-dessus. Voulant réveiller le goût de l'arboriculture fruitière, Chaptal ne négligea rien pour y parvenir :

a II donna — écrivait Hervy en 1809 — la plus grande activité à l'émulation pour créer des pépinières départementales et particuhères ; fit distribuer aux frais du gouvernement les instructions utiles qui avaient pour objet la formation et l'éducation des arbres. Cette heureuse impulsion a couvert notre sol de plusieurs millions d'arbres, et une infinité de propriétaires doivent à ce ministre l'inappréciable jouissance d'améhorer leurs biens par d'utiles plantations. La distribution qu'il fit faire d'un grand nombre d'arbres fruitiers de cette pépinière, a fourni l'occasion de substituer des fruits perfectionnés à des productions abâtardies. » {Catalogue méthodique et classique de la fcpiniére du Luxembourg, p. 4.)

Ainsi patronnée, la propagation des arbres fruitiers marcha rapidement. Le genre pommier, surtout, s'accrut tout d'abord d'une quantité notable de variétés choisies. Dès 1809 le Catalogue de la Pépinière du Luxembourg offrait au public quatre- Adngt-six espèces de pommes. Un peu plus tard nos Sociétés agricoles et horticoles, établissant des relations suivies avec l'étranger, augmentèrent ce nombre par des échanges. Le comte le Lieur, arboriculteur distingué, les pépiniéristes Louis Noisette, de Paris, et Alfroy, de Lieusaint (Seine-et-Marne), contribuèrent aussi, sous l'Empire et la Restauration, à cet accroissement, en rapportant des Etats-Unis une soixantaine de pommes, dont plusieurs fort jolies et très-volumineuses. Puis Van Mons, Belge resté si célèbre par sa science arboricole et ses innombrables gains de poiriers, ayant amené la mode des semis — il mourut en 1842 — fit qu'à leur aide on obtint, chez nous comme en Belgique, de nouveaux et méritants pommiers, parmi lesquels Van Mons et l'un de nos confrères, M. Boisbunel, de Rouen, comptent au moins, chacun, une vingtaine d'enfants.

Mais déjà tous ces faits ont démontré que la réhabilitation de la pomme était pleinement accomplie, dans notre pays, en 1840, et justifient bien l'habile professeur du Breuil, chargé du cours d'arboriculture au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, d'avoir écrit en 1834 les hgnes suivantes :

« La culture du pommier, comme arbre à fruit de table, présente au moins autant d'importance que celle du poirier. C'est, comme ce dernier, l'arbre fruitier le plus répandu dans le nord et les parties tempérées de l'Europe. » ( Cours théorique et pratique d'arboriculture, 3= édition, 1854, p. 627.)

C'est surtout à partir de 1830 que le chiffre des nouvelles pommes introduites m. 3

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