IMPORTANCE ACTUELLE DE LA CULTURE DU POMMIER. SES CAUSES
en France, s'accroît considérablement. Pour ma part, si je n'ai pas à m'inscrire sur la liste des obtenteurs de pommiers, je dois du moins, me préoccupant avant tout de la vérité historique, affirmer que de 1836 à 1872 j'importai d'Angleterre, d'Amérique, d'Allemagne, de Russie, plus de cent cinquante variétés de pommier et les multipliai abondamment. Du reste, on trouvera décrits dans ce Dictionnaire la majeure partie des fruits dont il est présentement question. En 1868 j'essayai également d'emprunter à l'Algérie quelques-unes de ses pommes. Le succès ne répondit pas à mon attente. Aucune des espèces envoyées ne me parut digne d'être propagée, soit pour le volume, soit pour la qualité. Mais ce résultat peu satisfaisant, je l'avais pressenti devant certain passage de la lettre que m'adressa mon obligeant correspondant, M. Ferdinand Lambert, horticulteur au Ruisseau, commune de Mustapha, près Alger :
« Je me suis occupé — m'écrivait-il le 24 septembre 1 868 — de vous procurer les meilleures espèces de pommes connues en ce pays. Le nombre en est fort restreint, et presque toutes
sont très-précoces Puis ou ne rencontre que dans quelques ravins frais, des pommiers
cultivés par les Arabes, qui sont loin encore de posséder des vergers plantés et soignés comme ceux de France, par exemple. Aussi leurs pommes, faute de soins appropriés, manquent généralement de beauté. »
Deux des éléments qui sous Napoléon III contribuèrent le plus à l'accroissement des variétés de pommier, ont été les Expositions internationales puis les échanges incessants d'ouvrages pomologiques entre les Sociétés horticoles de la France et de l'étranger. Lorsqu'on vit, chez nous, le Catalogue du Jardin fruitier de la Société d'Horticulture de Londres signaler un millier de pommes parfaitement étudiées, Downing arriver à en décrire jusqu'à dix-huit cent cinquante-deux dans sa Pomone américaine, et Dochnahl douze cent cinquante, en Allemagne, l'amour-propre s'éveilla parmi nos pépiniéristes , et fit qu'ils s'appliquèrent avec ardeur à journellement augmenter leur collection de pommiers.
Pour rendre plus sensible ce mouvement considérable et continu qui depuis une vingtaine d'années s'opère dans les pépinières françaises , en faveur de cet arbre fruitier, je vais faire appel à mes propres Catalogues. Maintes fois on a déclaré mon établissement le plus important de ceux du même genre existant en Europe ; les chiffres puisés dans ses écoles auront alors, mieux que tous autres, la valeur démonstrative ici nécessaire.
En 1845 je ne possédais même pas cent variétés de pommes à couteau, et mes principaux confrères, je le présume, n'étaient guère plus riches. Réunissant mes Catalogues marchands, je constate donc que de 1846 à 1873, mon école de pommiers présenta les augmentations ci-après :
Catalogue de 1846. Variétés inscrites 108