‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 293 sur 439 · Pomme FIGUE D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

Pomme FIGUE D'ÉTÉ

Synonymes. — Pommes: 1. Grand-Talon (Jean Bauhin, Historia plantarum universalis, 1598- 1651, t. I,p. 21). — 2. Tétin {M. ibid.). — 3. Sans-Queue (Pépinières d'Angers depuis 1846).

Premier Type. Description de l'arbre. — Bois :

faible. — Rameaux : assez nombreux et assez érigés, de grosseur et longueur moyennes, bien coudés, cotonneux , vert herbacé. — Lenticelles :

grandes, allongées, peu abondantes.

— Coussinets : saillants. — Yeux :

moyens, coniques- obtus, très-duveteux, légèrement écartés du bois. — Feuilles : petites , ovales ou elliptiques , vert clair en dessus, blanc verdâtre en dessous, molles, courtement acuminées, ayant les bords très-finement dentés. — Pétiole : de grosseur et longueur moyennes, tomenteux et généralement dépourvu de cannelure. — Stipules : longues et assez larges.

Fertilité. — Peu commune.

Culture. — Sa croissance trop lente le recommande avant tout pour les formes buisson, cordon ou pyramide, sous lesquelles il fait, sur doucin, de jolis

FIG

Pomme Figue d'Été. — Deuxième Type.

petits arbres bien réguliers. Si l'on voulait, cependant, l'élever pour la haute-tige, on devrait le greffer en tête et sur des sujets très- vigoureux.

Description du fi*uit. — Grosseur : moyenne. — Forme : inconstante; elle

est habituellement conique-allongée , trèsobtuse, puis étranglée près du sommet; ou cylindro-conique , légèrement étranglée vers l'œil, mais quelque peu ventrue à la base, qui subitement s'amincit beaucoup , et do façon tout exceptionnelle, à un centimètre environ du pédoncule ; anomalie donnant assez bien, à cette partie du fruit, l'apparence d'un mamelon. — Pédoncule : trèscourt et souvent presque nul , gros ou de moyenne force, inséré à fleur de chair ou dans un évasement peu sensible. — Œil : grand , mi-clos ou fermé, irrégulier, à cavité unie et des moins prononcées. — Peau : assez mince, vert clair, ponctuée de gris, amplement lavée, fouettée et souvent panachée de carmin et de rouge-pourpre, surtout sur la partie exposée au soleil. — Chair : jaunâtre ou verdàtre, fine, assez tendre, légèrement pâteuse et odorante. — Eau : suffisante , sucrée , faiblement acidulée et parfumée.

JIatdrité. — Septembre.

Qualité. — Deuxième.

Kistorique. — Cette curieuse variété, fort peu connue, ne doit pas être confondue avec son homonyme, la pomme Figue d'Hiver^ ou Sans-Pepins , dont l'article suit. Je l'ai trouvée en 1838 dans la collection du Jardin fruitier du Comice horticole d'Angers, où elle occupait le n° 123, et l'ai depuis lors constamment propagée. La forme étrange que souvent elle prend, et l'exiguïté de son pédoncule, qui souvent aussi fait qu'on la croit coUée sur la branche, lui ont valu, bien évidemment, sa dénomination de pomme Figue. Je la lui ai conservée, quoiqu'on l'appelât également chez nous, pomme Sans-Queue, jugeant ce dernier nom moins mérité que l'autre. C'est une très-ancienne variété, dont le docteur Jean Bauhin fut, vers 1598, le premier descripteur, et qui, d'après lui, paraît native de Montbéliard, dans le Doubs. |Yoici du reste la traduction de l'alinéa où cet auteur s'en occupe :

« Pomme Têtin ou à Ghand-Talon. — Ce charmant fruit affecte à sa base la forme d'un

tétln; il semble sortir du bois et manquer de pédoncule, tellement il est attaché court.

Sa peau, jaunâtre sur l'une des faces, porte sur l'autre nombre de stries et bigarrures rouges. Presque ovoïde, on dirait d'un sein. Il possède une saveur acidulé et vineuse, mûrit en septembre, atteint difficilement le mois de décembre, et provient d'un jardin de la ville de Montbéliard. » {Eistoria plantarum universalis, 1398-1631, t. I, p. 21.)

Le pommier Figue d'Été me fut vendu, vers 1848, étiqueté pommier de Quatre- Goùts. Je signale le fait, pour aider à rectifier cette erreur assez générale, puisqu'on la rencontre même dans les publications du Congrès pomologique (voir t. iV, n° 22, année 1867). La pomme de Quatre-Goûts n'est autre, effectivement,

FIG

que la pomme de Violette, caractérisée phis loin, lettre V, et qui mûrit seulement au commencement de l'hiver.

Page 1