‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 303 sur 439 · Pomme FRANCATU · texte numérisé non relu

Pomme FRANCATU

Synonymes.— 1. Francestu ( Charles Estienne, Seminarium et plantarium fruciifernrum prœser- Um arborum quœ post hortos conseri soient, 1540, p. 55). — 2. Franc-Estu (Idem, et Liébaud, Maison rustique, 1589, p. 232). — 3. Franc-Esteu (Claude Mollet, Théâtre des jardinages, 1652- 1672, p. 54). — 4. De Franquetu (Merlet, l'Abrégé des bons fruits, 1667, p. 149). — 5. Franqdestu (dom Claude Saint-Étienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 211). — 6. Francatu commun (Chaillou, de Vitry-sur-Selne, Catalogue de ses pépinières, 1755, p. 10).

Description de l'arbre. — Bois : fort. — Hameaux : peu nombreux, érigés, longs et de grosseur moyenne, géniculés, cotonneux, brun jaunâtre et violacé, à méri thalles longs et inégaux. — Lenticelles : très-abondantes, grises, moyennes, arrondies ou allongées. — Coussinets : rassortis, ayant l'arête médiane bien prolongée. — Yeux : assez volumineux, ovoïdes, aplatis, plaqués sur l'écorce, aux écailles duveteuses et mal soudées. — Feuilles : grandes, rugueuses, vert tendre, ovales-arrondies, acuminées, planes ou canaliculées, à bords régulièrement dentés. — Pétiole : très-court, bien nourri, rigide, carminé à la base et plus ou moins cannelé. — Stipules : bien développées.

Fertilité. — Satisfaisante.

Culture. — Sa vigueur ainsi que sa fertilité le rendent très-propre à la hautetige, pour le verger; comme arbre nain il prend parfaitement toutes les formes qu'on veut lui donner, soit sur paradis, soit sur doucin.

Description Au iruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : globuleuse, ayant

Pomme Francatu.

généralement un côté moins volumineux que l'autre. — Pédoncule : de longueur et force moyennes, inséré dans un bassin de dimensions assez variables. — Œil : grand, mi-clos ou fermé, à cavité plissée, large, mais rarement bien profonde.

— Peau : épaisse , unicolore, vert herbacé jaunissant à peine à parfaite maturité , légèrement maculée de fauve autour du pédoncule, fortement et abondamment ponctuée de roux. — Chair :

blanc verdâtre, une , un peu ferme. — Eau : abondante, plus ou moins sucrée , acide , et cependant de saveur agréable.

Maturité. — Décembre-Mai.

Qualité. —Deuxième pour le couteau, première pour la cuisson.

nistopique. — Ruel, page 190 de son recueil de Natura siirpium, fut en 1536 celui de nos anciens botanistes qui le premier caractérisa ce fruit. Il le nommait « pomum Franceturum , » appellation que Charles Estienne, quatre ans plus tard (1540, Seminarium, p. 35), traduisit par pomme Francestu, écrit ensuite Franc- Estu, en 1589, dans sa Maison rustique (p. 232). Mais le siècle suivant ce nom eut à subir, dans sa désinence, de bien autres transformations. Claude Mollet l'orthographia Franc-Esteu (1632); Merlet, Franquetu (1667); Claude Saint-Etienne , Franquestu (1670); et enfin Liger, Franc-Catu (1714), dernière dénomination qui, légèrement modifiée, produisit le terme Francatu , resté depuis dans la nomenclature pomologique. Cet antique Franc-Estu compte alors, pour le moins, quatre cents ans, et me paraît originaire des environs de Melun, région où sa culture en grand date d'un temps immémorial. Aussi m'écrivait-on du château de Champssur-Marne, le 12 novembre 1869 : « Il s'en trouve ici des arbres si vieux, si vieux, « qu'ils n'ont que peu de feuilles, et plus de sève. » L'étymologie du mot composé Franc-Estu, indique à n'en pouvoir douter que ce pommier poussa spontanément, franc de pied; estut signifiait effectivement, au moyen âge : être, subsister, exister. On le lui appliqua donc, comme à la même époque, à peu près, on avait appliqué à certaines poires également semées par le hasard , le mot besi, voulant dire sauvage, sauvageon. Mais ce qui le prouve mieux encore, c'est que vers 1700, quand parut la pomme G^-os- Francatu romain, on ajouta au nom de l'antique Francatu, le déterminatif com7WM«, pour le distinguer de la nouvelle variété (voir Catalogue ou Abrégé des bons fruits deChaillou, pépiniériste à Yitry-sur-Seine, année 1755, p. 10). Dans l'Anjou, le Francatu était autrefois assez répandu; mon aïeul Pierre Leroy le possédait. 11 est inscrit page 26 de son Catalogue de 1790. J'ignore comment et pourquoi ce pommier finit par sortir de notre contrée ; seulement je sais qu'à peine m'était-il connu de nom, lorsqu'en 1867 je lus ce qui suit dans le Journal de la Société d'Horticulture de Paris :

« M. Butté, jardinier au château de Champs (Seine-et-Marne), envoie des échantillons de

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