‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 425 sur 439 · LIN · texte numérisé non relu

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dresser l'état civil du Linnœus Pippin : on y voit son nom primitif, Seek-no-Further; — trois synonymes, dont l'origine du plus répandu, Melzger'; — la date de l'importation de cette pomme en Allemagne; — la preuve qu'en 1834 elle était déjà introduite chez nous, puisque les frères Baumann, pépiniéristes alors fort renommés, habitaient Bollwiller, bourg situé près Colmar (Haut-Rhin) ; — enfln, à la rigueur, j'aurais pu conclure de ce même passage, que l'Angleterre fut le berceau de la Seek-no-Further, ou Linnœus Pippin, si, toujours circonspect, je ne m'étais d'abord assuré du contraire. En effet les Anglais ne la réclament pas comme leur gain; bien plus, je crois qu'ils la connaissent à peine, Lindley, Thompson et Hogg, leurs pomologues par excellence, n'en faisant aucune mention. Les deux derniers classent toutefois au rang des synonymes le nom Seek-no-Further, mais en le réunissant soit aux surnoms de la pomme anglaise IVMîVe Greening, fruit à compote, soit à ceux de la pomme américaine Rambo, aplatie comme un Fenouillet gris ; d'où suit que l'une et l'autre diffèrent essentiellement de la Linnœus, si délicieuse et conique allongée. Cependant, mis sur la voie par l'indication qu'en Amérique le nom Seek-no-Further existait dans la nomenclature fruitière, je compulsai le volumineux ouvrage de Charles Dowuing, édition de 1869 [the Fruits and fruit trees of America), et tombai là en plein sujet I Quatre pommes y sont .décrites (pp. 202, 319, 39U, 399) sous cette dénomination, ou comme la possédant pour synonyme; 1° la Green Seek-no-Further, gagnée à Flushing; 2° la Rambo, . ou Seek-no-Further, originaire des bords du fleuve Delaware; 3° la Vanderspiegel, appelée aussi Seek-no-Further dans certaines régions, et provenant de Bennington; 4° puis la Wtistfield Seek-no-Fuvther, ou Seek-no-Furlher, ou Connecticut Seek-no- Further, qui de tout point est identique avec le Metzger Calvill des Allemands, notre Linnœus Pippin, ainsi que me l'a formellement démontré l'examen comparatif de chacun de ces quatre fruits. Comme l'indiquent ces deux principaux noms, cette dernière pomme eut pour heu natal la cité de "We^tfield , relevant du Connecticut, district où elle est, écrit Downing, « ancienne, des plus estimées, et déclarée « même la meilleure de toutes les variétés. » Ce fut donc sa rare bonté qui la fit appeler Seek-no-Further, assemblage de mots signifiant : Ne cherchez pas plus loin, Arrêtez- vous à moi. — Profitant de l'avis, je m'arrête, et d'autant mieux que cet historique est déjà long; mais il m'a semblé fort utile de ne pas l'abréger, le lecteur devant y trouver une preuve matérielle des nombreuses difficultés que nous avons à surmonter pour ce travail, et dès lors nous pardonner moins difficilement les erreurs qu'il y relèvera J'allais oublier de rappeler que Linuée,

l'illustre naturaliste suédois auquel le pommier ici caractérisé fut illicitement dédié — j'ignore où et par quel arboriculteur — naquit en 1707, devint médecin de son souverain, puis professeur de botanique à l'université d'Upsal, et mourut en 1778. Ne connaissant aucun autre fruit qui lui soit consacré, je n'en suis que plus porté à laisser à cette pomme le nom célèbre dont elle est parée chez nous.

l'vatioïss. — J'ai vu dans quelques Catalogues de pépiniéristes les noms Reinette d' Antliézieux et Reinette Menoux donnés comme synonymes de Linnœus Pippin. Il n'en est rien , très-certainement ; mais par exemple ces deux Reinettes ne font bien qu'une seule et môme variété. Celle dite d'Anthézieux (Isère), la plus répandue, est assez bonne, grosse, côtelée à la base et au sommet, coniqueraccourcie, à peau jaune foncé nuancé de brun; sa maturité a lieu de décembre à mars. — Le Linnœus Pippin possède certains rapports extérieurs avec les pommes Calleville blanc d'Hiver et Belle-Fille Normande; on peut s'en convaincre par l'examen des types publiés plus haut (pp. 174 et 112), mais les arbres de ces

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