FIG
recourbé, bosselé et contourné, paraît se détacher du fruit, de l'axe duquel il s'éloigne plus ou moins obliquement ou horizontalement. — Pédoncule : très-court, renflé à l'attache, charnu à la base, continu avec la chair. — OEil : arrondi, moyen ou petit, régulier, ouvert ou mi-clos, peu enfoncé. — Peau : assez épaisse, légèrement rugueuse, ponctuée de fauve et de brun, grisâtre et parfois faiblement nuancée de jaune obscur dans la partie qui environne l'œil ; rouge terne sur la face exposée au soleil; jaune verdâtre blafard du côté de l'ombre, où elle est en outre finement veinée et réticulée de roux , et souvent couverte de petites taches noirâtres fortement squammeuses. — Chair : blanc verdâtre, demi-fine et demifondante, juteuse, granuleuse au cœur. — Eau : abondante, très-sucrée, vineuse, délicate, mais fréquemment entachée d'une âcreté désagréable.
Maturité. — Commencement de novembre et se prolongeant jusqu'à la fin de décembre.
Qualité. — Deuxième.
Historique. — Nos anciens pomologues ont connu quatre variétés de poire Figue, et pourtant aucune d'elles n'offre le moindre rapport avec le fruit ici décrit et figuré. Ainsi doua Claude Saint-Etienne signalait en 1670 une poire Figue d'Hiver, de nous inconnue, qu'il disait « rondelette, à teste et à queue un peu enfoncées. » Merlet, lui, parlait en 1675 d'une Figue musquée et d'une poire de Figue, ou Suprême, toutes les deux mûrissant au cours de juillet, et qui sont, l'une, la poire de Deux fois l'An, décrite plus haut (page 20), et l'autre la Jargonelle, que nous étudierons ci-après, quand viendra son rang alphabétique. Puis Duhamel, en 1768, décrivit une poire Figue « ressemblant beaucoup , observait-il, à l'Épine d'Eté , et « se mangeant au commencement de septembre ; » fruit qui se rapporte actuellement à la Longue-Verte, ou poire de Plougastel. On voit donc que ces quatre variétés sont complètement différentes de la poire Figue d'Alençon , qui du reste date seulement des premières années de notre siècle, comme il ressort des lignes suivantes, adressées en 1859 à M. Decaisne, professeur de culture au Muséum de Paris, par M. le baron le Guay, ancien directeur des jardins impériaux et tout récemment encore président de la Société d'Horticulture d'Alençon :
. « Cette variété a été trouvée, il y a environ trente ans (vers 1829) , dans une pépinière appartenant à M. Lecomte-Mortefontaine, près d'Alençon, dans la commune de Cussay; elle se répandit de là dans le commerce sous le nom de Figue d'Alençon et de Bonnissime de la Sarthe. Son premier nom est celui qui doit lui être conservé. » (Le Jardin fruitier du Muséum, 1859, t. II.)
Ce poirier, qu'on multiplie depuis une trentaine d'années au moins , s'est promptement répandu, non-seulement en France, mais en Belgique, en Allemagne, en Angleterre et en Amérique. Dans ce dernier pays, cependant, on le connaît imparfaitement encore, puisque M. Charles Downing, qui l'y mentionnait en 1863, à la page 498 de ses Fruits of America, le supposait identique avec la poire Longue- Verte.
Observations. — Cette variété que son extrême fertilité, sa grosseur et son assez longue conservation font généralement rechercher par les marchands de fruits, est fort variable sous le rapport de la qualité. Dans l'Anjou, nous l'avons toujours trouvée passable , mais jamais exquise , qualification qu'elle mériterait, paraît-il, en d'autres contrées où le sol lui serait alors très-favorable. Quoi qu'il en soit, un fait certain c'est que dans l'Orne même, son pays natal, elle