Poire FONDANTE DE BREST
Synonymes. — Poires: 1. Inconnue du Chesneau (dom Claude Saint-Etienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, édition de 1670, p. 59). — 2. Inconnue-Chesneau ( Merlet, t' Abrégé des bons fruits, 1G75, p. 82).— 3. Fondante de Bresse ( dom le Gentil, le Jardinier solitaire, 5e édition, 1723, p. 44). — 4. Beauté iiative (Diel, Kemobstsorten, 1801, t. I,p. 183). — 5. Cassante de Brest (Calvel, Traité complet sur les pépinières, 1805, t. II, p. 309, n° 47). — 6. Cheneau (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 141).
Description de l'arbre. — Bois :
assez faible. — Rameaux : rarement nombreux, étalés, bien nourris, peu longs et à peine géniculés, légèrement cotonneux, brun clair, ayant les lenticelles larges, apparentes, rapprochées, et les coussinets fort ressortis. — Yeux : de moyenne grosseur, ovoïdes, écartés du bois, aux écailles disjointes. — Feuilles : de forme généralement elliptique , planes , à bords régulièrement dentés en scie, portées sur un pétiole fort et assez long.
Fertilité. — Extrême.
Culture. — Ses pyramides, quel que soit le sujet qu'on lui donne, restent basses, mal ramifiées, irrégulières; quant à sa croissance, elle est plutôt tardive qu'ordinaire.
Description du fruit* — Grosseur :
moyenne et parfois un peu moins volumineuse. — Forme : assez allongée, régulière, légèrement obtuse , faiblement étranglée près du sommet, ventrue dans sa partie inférieure, bosselée autour et auprès de l'œil, où généralement elle s'amincit beaucoup.
— Pédoncule : long , grêle au milieu , plus fort à ses extrémités, recourbé, implanté à fleur de peau. — OEil : large, arrondi , saillant. — Peau : rugueuse, jaune verdâtre, couverte de petits points gris, nuancée de brun-rouge clair du côté du soleil. — Chair : blanche, assez grosse, cassante, aqueuse et pierreuse. — Eau : abondante, sucrée, douce, bien parfumée. Maturité. — Fin de septembre et courant d'octobre. Qualité. — Deuxième.
Historique. — Nous voyons par le Catalogue de le Lectier, d'Orléans, qu'en 1628 il ne cultivait pas encore cette poire, qu'aucun recueil horticole antérieur au sien ne mentionne non plus ; mais en 1670 dom Claude Saint-Étienne la décrivit comme suit, page 59 de sa Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits :
« Inconnue du Chesneau. — Elle est longuette et grossette comme Vallée, vermeille d'un costé marqueté de gris clair, le reste est d'un vert jaune marqueté de vert gay, la queue
est grossette et de moyenne longueur, assez pierreuse mûrit en septembre. »
Ce fut donc sous le nom d'Inconnue du Chesneau que cette variété parut d'abord ; la
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dénomination Fondante de Brest, sous laquelle on la multiplie présentement partout, ne lui vint qu'un peu plus tard. Merlet, dans son Abrégé des bons fruits (page 82 ), lui donna pour la première fois, en 1675, ce surnom, semblant indiquer qu'elle provenait de Brest. Au reste, l'ancien mot cbesneau [aujourd'hui chenal] confirme bien une telle origine, puisqu'il s'applique à diverses sortes de canaux généralement bordés de terres disposées en talus, et qui sont très-communs dans tous les ports de mer. Jean Mayer, l'érudit pomologue allemand dont nous avons parlé plus haut, à propos de la Fondante des Bois, partagea cette opinion ; on lit en effet, page 291 du troisième volume de la Pomona franconica, qu'il publia au cours de 1801 : « Il se peut que ce fruit ait été trouvé à Brest, sur le bord de « quelque canal. » Au commencement du xvme siècle, le nom actuel de cette variété fut assez plaisamment défiguré dans plusieurs ouvrages relatifs au jardinage : on l'y appela Fondante de Bresse , et c'était passablement la dépayser, car le Finistère n'a jamais confiné, que nous sachions, au département de l'Ain!... La Quintinye, qui finissait d'écrire en 1684 ses Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, connut imparfaitement la Fondante de Brest, puisque dans ce livre il la classa parmi les poires mûrissant au mois d'août (t. I, p. 314), et porta, comme espèce distincte, l'Inconnue Chesneau au rang des variétés à manger en septembre (t. I, p. 313). Une telle méprise, de la part d'un tel praticien, suffirait donc à elle seule pour démontrer, si l'on en doutait, que le nom Fondante de Brest était encore, vers 1680, bien peu répandu dans les jardins français.
Observations. — Etienne Calvel eut grandement raison de dire en 1804, dans son Traité sur les pépinières : « La Fondante de Brest est mal nommée, mieux « vaudrait l'appeler Cassante de Brest, car sa chair est cassante (t. II, pp. 309-310). »
Et de fait, il la surnomma ainsi Exemple qu'en 1846 Poiteau s'empressa
de suivre. Mais tous nos jardiniers tiennent si fortement aux anciens noms des fruits, que cette double tentative de rectification n'a produit aucun résultat ; voilà pourquoi nous nous contentons seulement de la mentionner.
Poire FONDANTE DES CARMES. — Synonyme de poire Fondante de Chameu. Voir ce nom.
Poire FONDANTE DES CÉLESTINES. — Synonyme de poire Désiré Comélis.