FON — FOR
Description du fruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne. — Forme : turbinée plus ou moins allongée et obtuse, régulière, ventrue, légèrement pentagone, — Pédoncule : court, menu, arqué, charnu et plissé ou bosselé à la base, obliquement inséré dans une étroite cavité. — Œil : grand, bien fait, ouvert et habituellement assez enfoncé. — Peau : jaune clair, finement ponctuée de roux et de brun, largement lavée de carmin du côté du soleil, montrant çà et là quelques taches fauves et noirâtres. — Chair : blanche, un peu grosse, cassante, pierreuse au cœur. — Eau : suffisante, douce, sucrée, sans délicatesse, ayant un arrièregoût musqué.
Maturité. — Commencement de février et se prolongeant jusqu'en avril.
Qualité. — Deuxième, mais uniquement pour la cuisson.
Historique. — Le mérite à peu près nul de ce poirier ne doit pas nous empêcher de rechercher son origine. Il est né en France, et dès 1600 on l'y cultivait beaucoup dans la Champagne, où ses produits étaient appelés poires de Bonnefoy, lisons-nous page 17 du Catalogue arboricole publié en 1628 par le Lectier, d'Orléans. Merlet a parfaitement connu ce fruit, qu'il décrivit ainsi en 1675 :
« La Poire de Fontarabie, la Carmélite musquée, Boime-Foy, gros Muscat de Lion, ou le gros Romain, est une grosse Poire, plus longue que ronde, jaune et colorée de rouge, sans pierre, assez bonne crue, et très-excellente cuite. » {L'Abrégé des bons fruits, p. 123.)
Devant les cinq différents noms que ce fruit portait déjà en 1675, on peut hardiment supposer qu'alors il n'était plus delà première jeunesse et remontait au moins à la fin du xvie siècle. Comme il est permis également de le croire sorti de la Guyenne-et-Gascogne, les localités de Bonnefoi (Haute-Garonne) et de Fontarabie (Gironde), sous la dénomination desquelles il fut primitivement répandu, étant situées, l'une auprès de Toulouse et l'autre non loin de Blaye. Dans l'Anjou, on le cultive aussi depuis un très-long temps, car je le vois annoncé comme variété à compote, page 25 du Catalogue imprimé en 1790 par mon grand-père.
Observation». — On a parfois réuni la poire de Fontarabie à sa congénère la Gilles-ô- Gilles , qui cependant en diffère complètement, puisqu'elle mûrit trois mois plus tôt et que son arbre fait des pyramides de toute beauté, quand le poirier de Fontarabie ne peut, au contraire, être élevé sous cette forme. Il devient donc facile de ne pas les confondre; et cela même importe assez, la Gilles-ô-Gilles ayant plus de volume et de qualité que le fruit décrit ci-dessus.
Poire de FONTENAY- VENDÉE. — Synonyme de poire Jalousie de Fontenay. Voir ce nom.
Poire la FORCE. — Synonyme de poire Duc de la Force. Voir ce nom.