Poire FRANGIPANE
Premier Type. Description de l'arbre. —
Bois : fort. — Rameaux : assez nombreux, étalés, bien nourris, peu longs, à peine géniculés, vert-brun jaunâtre et cendré, aux lenticelles abondantes et très-larges, aux coussinets ressortis. — Yeux : volumineux ou moyens, coniques , écartés du bois, ayant les écailles mal soudées. — Feuilles :
généralement ovales - allongées ou ovales, acuminées, faiblement denticulées, planes ou relevées en gouttière , portées sur un pétiole de longueur et de grosseur moyennes.
Fertilité. — Satisfaisante.
Culture. — C'est un poirier vigoureux qui se greffe sur toute espèce de sujet, se développe hâtivement et fait de fortes et d'assez belles pyramides.
Description du fruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne ou moyenne. — Forme : turbinée-allongée, obtuse, souvent un peu étranglée près du sommet, assez régulière, mais parfois, cependant, légèrement contournée et beaucoup plus ventrue d'un côté que de l'autre. -- Pédoncule : de longueur moyenne, mince, arqué, renflé à ses extrémités, obliquement inséré dans une cavité peu prononcée et dont l'un des bords, fortement mamelonné, le comprime partiellement. — Œil : grand , ouvert, saillant ou presque ressorti. — Peau: vert jaunâtre obscur, ponctuée, veinée et tachée de roux, maculée de fauve autour de l'œil et du pédoncule, et quelquefois, mais exceptionnellement, lavée de brun-rouge pâle sur la face exposée au soleil. — Chair : blanc verdâtre, demi-fine et demi-cassante, juteuse, marcescente, pierreuse au cœur. — Eau : des plus abondantes, sucrée, très-acidule , douée d'un parfum particulier rarement prononcé et peu. savoureux. Maturité. — Depuis la moitié d'octobre jusqu'à la fin de novembre. Qualité. — Troisième comme fruit à couteau, première pour les compotes.
FRA
Historique. — Merlet fut celui de nos vieux pomologues qui parla le premier
d'une poire Frangipane. Il le fit en 1675 ; mais la variété qu'alors il nommait ainsi,
mûrissait au mois d'août et n'existe plus Poire Frangipane. - Deuxième Type. ^ œ ^^ nQus }& croyQns du moin^
dans les jardins français. Cet auteur la décrivit en ces termes :
« Dans le mois d'aoust se mange la poire
de Franchipane, qui est petite, verdastre, et longuette, a l'eau très- sucrée et excellente. » (L'Abrégé des bons fruits, 1675, pp. 76 et 80.)
Ce n'est donc pas là le fruit caractérisé et figuré ci-contre. Merlet, dans ce même ouvrage et aussi dans son édition de 1690, cite bien une autre Frangipane ; seulement il la déclare synonyme d'une variété ne se rapprochant pas davantage de notre Frangipane actuelle :
« La poire de Lansac ou la Dauphine — dit-il — est petite, ronde, lice et jaune, des plus fondantes et des meilleures, qui se mange pendant un long temps et jusqu'à janvier, si on la cueille tard : on l'appelle aussi la Franchipane d'Automne, à cause de son eau fort douce, sucrée et particulière. » (Ibidem, pp. 97-98.)
Ainsi Merlet ne connut en rien la variété qui nous occupe; et dom Claude Saint- Etienne et la Quintinye, ses contemporains et ses émules, n'en firent non plus aucune mention. Ce ne fut qu'en 1704 qu'on la vit signalée comme suit, par le directeur de la pépinière des Chartreux de Paris, dom le Gentil, dit aussi le frère François :
« La Franchipane — écrivait-il alors — est plus longue que ronde ; plus grosse que petite, d'une bonne grosseur; sa peau est lissée et jaune; elle est demi-fondante et bonne; son eau est douce et sucrée ; elle a le goust de franchipane ; c'est ce qui luy en a fait donner le nom par les curieux. Mûrit fin d'octobre. » (Le Jardi?iier solitaire, éditions de 1704, p. 54, et de 1723, pp. 49-50. )
Dom le Gentil, dans ce passage, montre que les Chartreux ont été chez nous les propagateurs et les premiers descripteurs de la Frangipane ; il indique aussi l'origine — peu justifiée, selon nous — du nom qu'on lui donne, mais il se tait sur la provenance de l'arbre ; et force nous est de l'imiter, n'ayant rencontré ailleurs nul indice de nature à résoudre cette question. Quant au mot frangipane , Ménage apprend que nous le devons à la langue italienne. « Il vient, dit-il, du marquis de « Frangipani, seigneur romain, inventeur du parfum avec lequel on parfumoit les « gans appelés d'après cela gans de frangipane, » (Dictionnaire étymologique, 1750, 1. 1, p. 646.) Et ce fut encore le même parfum, utilisé comme la- vanille par nos pâtissiers, qui laissa son nom aux gâteaux à la pâte desquels on le mélangea.
Poire FRANGIPANE D'AUTOMNE [de Merlet].
Yoir ce nom
Synonyme de poire Lansac.