GIL
grandes, habituellement ovales très-allongées, acuminées, profondément dentées, planes ou contournées, relevées en gouttière , portées sur un pétiole très-long et très-épais.
Poire Gilles-ô-Gilles. — Deuxième Type.
Fertilité. — Remarquable.
Culture. — L'écusson se développe assez hâtivement ; le cognassier convient beaucoup à ce poirier, doué d'une grande vigueur et dont les pyramides sont des plus fortes et des plus belles.
Description du fruit. —
Grosseur : considérable et quelquefois moins volumineuse. — Forme : variant entre la turbinée fortement arrondie et l'ovoïde écrasée et ventrue. — Pédoncule:
habituellement de longueur moyenne, mais parfois aussi très-court, gros, droit ou arqué, inséré plus ou moins obliquement dans une cavité étroite et profonde dont les bords sont fortement accidentés. — Œil : grand , large , ouvert ou mi-clos, souvent bien enfoncé, entouré de légers plis ou de petites côtes. — Peau : épaisse, jaune très-grisâtre, portant quelques points et marbrures d'un fauve olivâtre clair, tachée de rouille autour du pédoncule et dans le bassin ombilical, largement lavée de brun-rouge vif sur la face exposée au soleil. — Chair : blanc verdâtre, demi-fine et demi-cassante, juteuse, marcescente, rarement bien pierreuse. — Eau : fort abondante, sans grand parfum, sucrée et douceâtre, quoique cependant (très-exceptionnellement il est vrai) elle soit parfois entachée d'âpreté.
Maturité. — Courant de novembre et se prolongeant aisément jusqu'à la fin de l'hiver.
Qualité. — Troisième comme fruit à couteau, première comme fruit à compote.
Historique. — Si l'on ouvre YHistoria plantarum de Jean Bauhin, médecin en 1580 du duc de Wurtemberg, on voit à la page 53 du tome Ier de cet ouvrage, que son auteur connut la variété ici décrite, et qu'il en favorisa même la propagation; mais elle ne portait pas encore le nom de Gilles-ô-Gilles, qui lui fut appliqué plus tard, de 1628 à 1650 environ. Voici la traduction du passage dont nous voulons parler :
« N° 49. — Les Bourguignons [dit Bauhin] nomment ces fruits Poires de Livre, et
généralement elles dépassent ce poids. Grosses, ventrues, écrasées, leur forme affecte celle d'une pomme; elles sont presque aussi larges que hautes et leur diamètre atteint parfois^ six à sept pouces. L'œil, hien enfoncé, se trouve entouré de plis ou de gibbosités; le pédoncule, profondément inséré entre plusieurs mamelons, est un peu court, mais gros; leur peau, épaisse, jaunâtre, ponctuée de vert et tachée de brun, se colore au soleil d'un rouge souvent très-foncé; leur chair est ferme et pleine de suc; on les conserve fort longtemps » •
Cette description se rapporte si complètement à la poire qui nous occupe,