Poire GROS-HATIVEAU
Synonymes. — Poires : 1. Gros-Hativeau de la Forêt (Duhamel du Monceau, Traité des arbres fruitiers, 1768, t. II, p. 127). — 2. Gros-Hativeau commun (Henri Manger, Systemaiische Pomologie, 1783, t. II, p. 48). — 3. Gros-Hativeau A troche (Id. ibid.). — 4. Hativeau de la FORÊT (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of ihe horticultural Society of London, 1842, p. 140).
Description de l'arbre. — Bois : très-faible. — Rameaux : peu nombreux, érigés ou étalés, grêles et courts, à peine géniculés, d'un beau rouge, ayant les lenticelles fines, clair-semées, et les coussinets généralement très-aplatis. — Yeux :
GRO [gros-hat]
Poire Gros-Hâtiveau.
assez petits, ovoïdes, duveteux, écartés du bois, aux écailles mal soudées. — Feuilles : petites, ovales plus ou moins allongées, habituellement entières sur leurs bords, à pétiole long, de grosseur moyenne et quelque peu rosé.
Fertilité. — Excessive.
Culture. — En raison de son manque de vigueur , il prospère beaucoup mieux sur le franc que sur le cognassier; chétives et maigrement ramifiées, ses pyramides sont toujours faibles, même dans leur troisième année.
Description du fruit. — Grosseur : audessous de la moyenne. — Forme : passant de la turbinée ventrue, légèrement obtuse et écrasée, à la turbinée un peu allongée et très-régulière. — Pédoncule : assez long, mince, plus ou moins renflé aux extrémités , obliquement inséré à fleur de peau. — OEil : moyen , ouvert ou mi-clos , presque saillant. — Peau : mince et lisse , vert jaunâtre, finement ponctuée de gris olivâtre, lavée de vermillon sur la face exposée, au soleil. — Chair : blanchâtre, grosse, cassante, pierreuse, assez marcescente. — Eau : rarement abondante,, sucrée, astringente et faiblement aromatique.
Maturité. — Fin juillet et commencement d'août.
Qualité. — Troisième.
Historique. — Dans le tome III de sa Pomona franconica , l'arboriculteur allemand Jean Mayer disait en 1801 : « Les Hâti veaux en général sont les Pira Hordearia «de Columelle et de Pline (page 177). » Nous sommes fort embarrassé pour contrôler cette assertion , les agronomes romains ainsi mentionnés n'ayant laissé comme description des Hordéaires, que cette ligne : « Ces poires tirent leur nom de «l'époque à laquelle elles mûrissent : au temps où l'on coupe l'orge [kordeum). » On voit alors s'il est possible , à l'aide de ce simple texte , de les étudier comparativement?... Deux autres écrivains l'avaient tenté avant Mayer, mais avec non moins d'insuccès que lui. Ce fut d'abord le père Hardouin, qui traduisant Pline en 1685 crut retrouver l'Hordearium dans notre Amiré Johannet; puis Henri Manger, dont la Systematische Pomologie, imprimée à Leipsick en 1783, montra (page 173) la poire Ah-mon-Dieu ! réunie à cette variété romaine Affirmons donc uniquement qu'en 1500, date assurément fort respectable, les poires Hâtiveau étaient déjà connues à Paris, où Charles Estienne les citait dans son Seminarium , édition de 1530, observant même qu'elles devaient à leur maturité très-précoce le nom sous lequel on les cultivait. Dom Claude Saint-Etienne, à la page 32 de la Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits qu'il publiait en 1670, parla de deux poires Gros-Hâtiveau. Celle ici décrite appartient évidemment à l'une de ces variétés, mais nous ne saurions préciser à laquelle , l'auteur ne les ayant pas suffisamment caractérisées. Cent ans plus tard notre incertitude cesse avec Duhamel (1768), qui consacre au Gros-Hativeau de la Forêt l'article que voici :
« C'est une petite poire de la forme d'une toupie, qui a vingt lignes de hauteur sur dixhuit lignes de diamètre ; l'œil est assez gros, placé presqu'au niveau du fruit. La queue est
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menue, longue de quatorze lignes. La peau est unie, assez fine, d'un vert jaunâtre du côté de l'ombre d'un rou°-e foncé vif et éclatant du côté du soleil. La chair est blanche, tirant un peu sur le vert, sèche et laissant du marc dans la bouche. L'eau est acre et un peu aigre. Elle mûrit vers le dix d'août. Ce fruit est plus agréable à la vue, qu'au goût. {Traité des arbres fruitiers, 1768, t. II, p. 127.)
Observations. — Les trois variétés de poirier qui portaient au xvne siècle le nom de Hâtiveau , sont encore cultivées aujourd'hui ; nous en avons décrit une, le. Baliveau blanc, ou Bergamote d'Été, à la page 237 de notre tome Ier ; la seconde, le Gros- Hâtiveau, vient de passer sous les yeux du lecteur; quant à la dernière, le Petit-Hâtiveau, on la trouvera plus loin, à la lettre P.
Poire GROS - HATIVEAU A TROCHE. — Synonyme de poire Gros- Hâtiveau. Voir ce nom.
Poire GROS-HATIYEAU COMMUN. — Synonyme de poire Gros-Hâtiveau. Voir ce nom.
Poire GROS-HATIVEAU DE LA FORÊT. — Synonyme de poire Gros-Hâtiveau. Voir ce nom.
Poire GROS-KAIRVILLE. — Synonyme de poire Double-Fleur. Voir ce nom.
Poire GROS-LICHE-FRION. — Synonyme de poire de Lansac. Voir ce nom.