‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 225 sur 742 · GRO [OROS-ROU · texte numérisé non relu

GRO [OROS-ROU

obliquement implanté à fleur de chair. — Œil : large, arrondi, presque saillant ou modérément enfoncé. — Peau: rugueuse, assez épaisse, jaune olivâtre foncé, couverte de gros points gris, abondamment lavée de rouge violacé sur la partie frappée par le soleil, et généralement maculée de fauve grisâtre autour de l'œil et du pédoncule. — Chair : jaunâtre, demi-fine et demi-cassante, juteuse, assez pierreuse au centre. — Eau : abondante, sucrée, aigrelette, plus ou moins aromatique et parfois entachée d'astringence.

Maturité. — Fin d'août et commencement de septembre.

Qualité. — Deuxième.

Historique. — Le père Rapin, jésuite français - qui écrivit en 1666 le poëme Hortorum, y fait mûrir aux temps anciens, et par les soins des Sabins, les premières poires de Rousselet dans la vallée d'Amiterne ; c'est-à-dire à 80 kilomètres environ de Rome, dans le bourg de San-Vittorino, au pied des Apennins; et d'après lui la Bretonnerie le répétait en 1784 dans Y École du jardin fruitier, ainsi que Mayer en 1801 dans sa Pomona franconica. Si le père Rapin avait appuyé d'un témoignage quelconque une pareille assertion, il eût fallu la discuter pour en montrer l'invraisemblance ; mais comme il la produit sous sa seule responsabilité, et que souvent il accueille ainsi des faits reconnus fabuleux, on ne doit y voir qu'une licence historique ou poétique. Nous en dirons autant pour le pomologue allemand Henri Manger, qui crut en 1783 (Systematische Pomologie, t. II, p. 171) retrouver dans notre Rousselet la poire romaine Favonianum, signalée par Pline vers l'an 79 de l'ère chrétienne. Cette Favonianum, observait Pline, « est petite et rouge. » [Histoire naturelle, livre XV, chap. xvi.) Là s'arrêtait sa description, que personne n'a complétée. On conviendra donc volontiers qu'il existe depuis longtemps nombre de poires auxquelles elle s'applique aussi bien qu'aux Rousselets. Du reste les érudits, cette fois encore, n'ont pu s'entendre sur la synonymie à adopter pour ce poirier Favonien, puisqiie Daléchamp en 1586, le père Hardouin en 1685, et Sickler en 1802, l'ont réuni à la variété Grosse-Muscadille ; tandis qu'Henri Manger, nous le répétons, le rapporte au Rousselet, et pense même — il ne faut pas oublier ce détail — qu'à défaut du Rousselet, l'Orange rouge pourrait fort bien lui être assimilée ! . . .

Venons à la France. Dès le xve siècle on y connut un poirier Rousselet ; mais lequel?... Était-ce celui vulgairement appelé Petit-Rousselet ou Rousselet de Reims ? Etait-ce la variété qui nous occupe, ou bien encore le Rousselet hâtif?... Olivier de Serres, le premier auteur chez lequel ledit nom se rencontre en 1600, n'a rien précisé à cet égard ; mais nous sommes certain qu'alors nos jardiniers cultivaient déjà le Gros et le Petit-Rousselet, puisqu'en 1628 le Catalogue de le Lectier prouvait qu'ils existaient à Orléans. « Le Petit-Rousselet, ou Girofle, et le Gros-Rousselet, » lit-on page 10 de cet opuscule, « sont poiriers dont le fruict est en maturité en « septembre. » Le nom de la ville de Reims ne se trouva joint à celui du Rousselet, qu'à partir de 1650 environ, et ce fut d'abord au Gros-Rousselet qu'on l'appliqua, ainsi qu'il résulte des passages suivants, écrits en 1660 par dom Claude Saint- Étienne, et en 1675 par Merlet :

« Le Gros-Rousselet, dit de Rheims, est longuet, gros comme la Jargonnelle ordinaire, roux

et peu verdastre; excellent; mûrit fia aoust Le Petit-Rousselet musqué est longuet comme

Blanquet et une fois aussi gros, de roux brun; excellent; mûrit commencement de septembre. » (Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, pp. 36, 46 et 50.)

« Le Gros-Rousselet de Rheims est connu de tous pour une des meilleures poires d'esté, qui est bœurrée et musquée Le Petit-Rousselet est plus gris et roux, ne molit pas si-tost.... a

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