‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 230 sur 742 · Poire GROSSE-ROUSSETTE DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

Poire GROSSE-ROUSSETTE DE BRETAGNE

Synonymes. — Poires : 1. Rousse (doni Claude Saint-Étienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 73). — 2. Gros-Besi de Quessoy (Duhamel du Monceau, Traité des arbres fruitiers, 1768, t. II, p. 179).— 3. Grosse-Roussette d'Anjou (Id. ibid.; et Poiteau, Pomologie française, 1846, t. III, n° 94). — 4. Lebaveux (Jeau Mayer, Pomona franconica, 1776-1801, t. III,

p. 235). — 5. PERO ROSSO (Id. ibid.). — 6. BOUIANGÈRE (Id. ibid.). — 7. ROUSSETTE DE BRETAGNE (.luhn, Illustrirtes Handbuch der Obstkunde, 1860, t. II, p. 329, n° 153).

IBesci'iiition de l'arbre. — Bois : assez faible. — Rameaux : nombreux, légèrement étalés, grêles, de longueur moyenne, coudés, brun-roux, finement et abondamment ponctués, aux coussinets saillants. — Yeux : moyens , coniques, pointus, à large base, faiblement écartés du bois. — Feuilles : grandes, vert grisâtre, duveteuses, ovales ou elliptiques , plus ou moins acuminées , canaliculées et contournées sur elles-mêmes, rarement bien planes, ayant les bords unis en partie, le pétiole long et fort.

Fertilité. — Excessive.

GRO [grosse-rou]

Culture. — Le franc lui est plus profitable que le cognassier, quoiqu'on puisse cependant lui donner ce dernier sujet sans nul inconvénient ; malgré sa vigueur

très-modérée , ses pyramides sont régulières et passables quand elles ont atteint leur troisième année.

Description du fruit. — Grosseur : au-dessous de la moyenne. — Forme: arrondie, légèrement conique près du sommet, qui généralement est ondulé. — Pédoncule : de longueur moyenne , bien nourri , surtout à l'attache, rarement très-arqué, obliquement ou perpendiculairement inséré au centre d'une large dépression de profondeur variable et dont les bords sont fortement plissés. — OEil : petit , ouvert , régulier , placé à fleur de fruit. — Peau : mince , roux verdâtre , très-finement ponctuée de gris et souvent quelque peu rosée sur la face exposée au soleil.

— Chair : bien blanche , assez grenue, demi -fondante, pierreuse

autour des pépins. — Eau : suffisante, sucrée, aigrelette, sans grand parfum,

quoiqu'assez agréable.

Maturité. — Courant de novembre et commencement de décembre.

Qualité. — Deuxième , et quelquefois troisième lorsque sa chair est par trop dépourvue d'eau.

Historique. — Au temps de dom Claude Saint-Étienne , en 1670, cette poire était des plus nouvelles. « La Rousse est grosse comme A-Deux-Testes, mais plus « ronde, rousse et verte ; se mange au commencement de décembre. » Voilà quelle courte description en fit ce religieux , à la page 73 de sa Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, et je crois qu'avant lui personne ne l'avait encore signalée. Quand vint Duhamel (1768), le nom de cette variété se trouvait un peu allongé : on l'appelait Roussette, et les jardiniers ne la dédaignaient pas trop. Mais en 1807, alors que Poiteau réimprima le Traité de Duhamel, ce poirier avait déjà perdu sa réputation et presque disparu de la culture, ainsi qu'il résulte du passage ci dessous :

« La Grosse-Roussette d'Anjou — déclare Poiteau — est sans doute rare, aux environs de Paris , car elle n'est mentionnée dans aucun des Catalogues que nous connaissons, et les pépiniéristes de Vitry, à qui nous l'avons fait observer pendant plusieurs années, ont tous avoué ne pas la connaître et ne l'avoir jamais vue. Nous-même n'en connaissons encore qu'un seul arbre en rapport : il se trouve dans le petit jardin de Mme Daubenton, situé dans l'enceinte même du Jardin des Plantes de Paris. » {Traité des arbres fruitiers de Duhamel du Monceau, nouvelle édition, augmentée d'un grand nombre d'espèces de fruits obtenus par les progrès de la culture, t. IV.)

Si Poiteau revenait aujourd'hui, il lui serait encore plus difficile, qu'en 1807, de rencontrer cette variété, bannie des pépinières et qui peut-être existe seulement en Bretagne, sa province natale. Et c'est précisément parce qu'elle provient de ce pays,

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