Poire GROSSE-QUEUE
Synonymes. — Poires : 1. Queue de Chair (dom Claude Saint-Étienne , Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 41 ). — 2. De Villandrée (Id. ibid., p. 44; et Jean Mayer, Pomona franconica, 1801, t. III, p. 260). —3. Parabelle musquée ( Henri Manger, Systematische Pomologie, 1783; t. II, p. 12). — 4. De Louvain [de M. Alexandre Bivort] (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1858, t. I).
Description de l'arbre.
— Bois : assez faible. — Hameaux : peu nombreux, presqu'érigés , de grosseur et de longueur moyennes, à peine géniculés , cotonneux , roux clair, aux lenticelles bien apparentes mais très-espacées, aux coussinets presque nuls. — Yeux : moyens ou petits , ovoïdes, aigus , collés en partie sur le bois. — Feuilles : vert clair et luisant, ovales - allongées , acuminées, planes ou relevées en gouttière , souvent contournées, ayant les bords faiblement crénelés ou denticulés, le pétiole fort et assez long.
Fertilité. — Ordinaire.
Culture. — Le franc est le sujet que préfère ce poirier, dont la vigueur laisse à désirer ; il croît lentement et ne fait, même dans sa troisième année, que de médiocres pyramides.
Description du fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : assez variable, mais habituellement arrondie dans toute sa partie inférieure, bosselée et plus ou moins conique près du sommet. — Pédoncule : court ou très-court, aussi volumineux que charnu, non arqué, plissé à la base, placé obliquement et continu avec le fruit. — Œil : grand, ouvert ou mi-clos, irrégulier, à peine enfoncé. — Peau : quelque peu rugueuse, surtout du côté de l'ombre, jaune olivâtre, finement rayée et ponctuée de vert clair, maculée de brun autour du pédoncule et parfois autour de l'œil, largement lavée et fouettée de carmin sur la face exposée au soleil. — Chair : fort blanche, demi-fine, cassante ou demi-fondante, sèche, marcescente, des plus pierreuses auprès des loges. — Eau : jamais abondante, sucrée, aigrelette, bien musquée et souvent même avec excès.
Maturité. — Courant de septembre et commencement d'octobre.
Qualité. — Troisième.
Historique. —Ni Charles Estienne (1530), ni Olivier de Serres (1600), ni le Lectier (1628), ni Claude Mollet (1652) ne connurent la poire Grosse-Queue; il ii. 17
258 GRO [ GROSSE-ROM — rou]
est donc alors probable qu'en 1653, époque à laquelle Nicolas de Bonnefond la nommait seulement dans son Jardinier français (page 100), elle devait passer pour une nouveauté. Toutefois en 1675 elle était déjà moins rare, puisque Merlet en donnait cette description assez complète :
« La G-rosse-Queuè — disait-il — est longue, jaune, fort parfumée et sèche, si sujette à la pierre, qu'on la peut nommer la carrière des Poires; étant de mesme nature que l'Amadotte, elle demande pareil terroir. » {L'Abrégé des bons fruits, édition de 1675, p. 96.)
La Quintinye l'avait admise dans le verger de Louis XIV, à Versailles ; mais « il ne « croyait pas — écrivait-il vers 1687 — qu'elle eust assez de vanité pour faire si « tost parler d'elle.... car si son grand parfum la fait estimer de ceux qui aiment « les fruits musquez, sa pierre avec sa sécheresse — ajoutait-il — la font mépriser. » Cette poire, quoiqu'il lui arrive parfois d'être très-peu pierreuse, n'en reste pas moins fort médiocre, au milieu des variétés exquises dont la maturité a lieu, comme la sienne, au début de l'automne. Nous devons donc confirmer les jugements qu'en portèrent Merlet et la Quintinye ; mais les pépiniéristes l'ont abandonnée depuis si longtemps, que les collectionneurs et quelques agriculteurs sont seuls maintenant à la cultiver. Dans l'Orne, on l'emploie pour fabriquer le cidre, et probablement aussi dans l'IUe-et-Yilaine, contrée où jadis elle était fort commune et dont elle est sans doute originaire, comme semble l'indiquer le nom poire de Villandrée, qu'on lui trouve dès 1670 et qui rappelle celui d'une localité voisine de Redon.
Observations. — Il est certain , comme l'affirmait en 1858 M. Decaisne [Jardin fruitier du Muséum, t. I), que la variété décrite en 1847 sous le nom Poire de Louvain, par M. Bivort, ne diffère nullement de la Grosse-Queue. Il faut donc les réunir, mais se rappeler qu'il existe une véritable poire de Louvain signalée par Poiteau, en 1832, et que nous décrirons plus loin, à son rang alphabétique.
Poire GROSSE-ROMAINE. — Synonyme de poire de Fontarabie. Yoir ce nom.
Poire GROSSE-RONDE D'HIVER. — Synon. de Bergamote du Bugey. Voir ce nom.
Poire GROSSE-ROUSSETTE D'ANJOU. — Synonyme de poire Grosse-Boussette de Bretagne. Voir ce nom.