Poire JALOUSIE
Synonymes. — Poires : 1. D'Or ( le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 9 ; — et doni Claude Saint-Étienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 57). — 2. De Pucelle [en Hollande et en Belgique] (Alexandre Bivort, Album de pomologie, 1851, t. IV, p. 17).— 3. Gros-Martin-Sec ( Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1858, t. I ).
Premier Type. Description de
l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : nombreux, légèrement étalés, de grosseur et de longueur moyennes, peu géniculés , brun clair rougeâtre, aux lenticel les abondantes et d'un gris jaune ou cendré, aux coussinets bien accusés. — Yeux : moyens ou courts, ovoïdes, ai gus , appliqués en partie contre le bois. — Feuilles : grandes , planes ou canaliculées et arquées, elliptiques, finement et régulièrement dentées , portées sur un pétiole court et bien nourri.
Fertilité. — Extrême.
Culture. — C'est un poirier qu'il faut greffei sur franc, plutôt que sur cognassier, il s'y montre assez vigoureux, déve loppe vite son écusson el prend une forme pyramidale satisfaisante.
Description «In fruit. — Grosseur : volumineuse ou moyenne. — Forme : variable, elle passe le plus habituellement de la turbinée irrégulière, allongée et| contournée, à l'ovoïde assez régulière et bien ventrue. — Pédoncule : long, de moyenne grosseur, recourbé, souvent renflé à son point d'attache, placé de côté dans un évasement qui a généralement les bords mamelonnés, mais dont les dimensions varient beaucoup. — Œil : grand ou moyen, ouvert, enfoncé, entouré
de gibbosités plus ou moins prononcées.
Poire Jalousie. — Deuxième Type
Peau : rude au toucher, roux jaunâtre ou roux - noisette , réticulée de fauve et couverte de larges points gris très - proéminents et assez squammeux; parfois aussi elle est nuancée de brun-rouge sur la face qui regarde le soleil. — Chair : blanche, fine, fondante ou mi-fondante, aqueuse, rarement bien pierreuse. — Eau : abondante, sucrée, aigrelette et délicate , quoique très - faiblement parfumée.
Maturité. — Fin de septembre et courant d'octobre.
Qualité. — Deuxième.
Historique. — Cette variété est assurément l'une des plus anciennes qu'aient connues nos pères ; au temps de Duhamel (1768) elle faisait encore leurs délices , et dès 1500 ils l'avaient appelée Jalousie parce que son excellence, rapporte Merlet, rendait jalouses les autres poires de sa saison (voir l'Abrégé des bons fruits, 1667, p. 105). Le naturaliste Daléchamp fut le premier auteur qui la mentionna. Il en parlait avant 1586 et la supposait, sans preuve aucune, sortie de chez les Romains, mais il disait avec raison : « Sa peau ressemble assez bien à un cuir paré. » Vers la fin du xvie siècle ce poirier était commun à Orléans, où ses produits portaient, lisons-nous dans le Catalogue de le Lectier (1628, p. 9), un second nom — celui de Poires d'Or — tout aussi laudatif que l'autre , dont il n'eut pas, cependant, la longue durée, car on l'oublia promptement. Cet arbre fruitier se rencontre partout, et partout les pomologues, plus sages en cela que Daléchamp, le croient d'origine française. ( Consulter notamment Oberdieck et Jahn , dans Y Illustrirtes Handbuch der Obstkwide , 1863, t. V, p. 99, n° 300.)
Observations. — Il existe actuellement dans les pépinières trois poiriers Jalousie, ce qui donne lieu à de fréquentes erreurs que l'on éviterait en s'appliquant à bien étiqueter ces trois variétés, dont les caractères sont très-distincts, comme vont le démontrer les deux articles suivants.