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inséré dans une petite dépression à bords mamelonnés. — Œil : moyen, mi-clos, comprimé , entouré de légers plis, à peine enfoncé. — Peau : vert jaunâtre clair , finement ponctuée de gris et largement vermillonnée sur le côté du soleil. -*.
Chair : blanche, demi -fine, cassante ou Poire Jargonelle. mi-cassante , pierreuse autour des loges.
— Eau : jamais abondante, rarement
bien sucrée , ayant un faible arrière-goùt
musqué.
Maturité. — Fin d'août et commencement de septembre.
Qualité. — Troisième.
Historique. — Ce poirier me paraît originaire de l'Anjou, province dans laquelle on le cultivait, et recherchait même, dès 1488 ou 1493 , ainsi qu'il résulte du document inédit ci-dessous, que mon savant ami Paul Marchegay, élève de l'École des Chartes, et longtemps archiviste du département de Maine-et- Loire, m'adressait le 7 février 1866, avec ces courtes lignes :
« Je crois urgent, mon cher pomologue, de vous faire connaître une mention du Bon- Chrétien en 1503 ; et j'ajoute à la pièce importante qui parle de ce fruit, copie d'une autre lettre, antérieure de dix ou de quinze ans, où il est question des poires Gergonnelle et de Pépin. Mais pourrez-vous profiter de mon premier texte?... Peut-être arrivera-t-il trop tard ! »
On a vu page 465 de notre tome Ier, qu'il nous avait été possible d'insérer la curieuse lettre relative au Bon-Chrétien d'Hiver; publions donc maintenant celle où la provenance de la Jargonelle semble établie , car elle est pour le moins aussi intéressante que l'autre :
« A mon très honnoré seigneur [Jean Bourré] Monsv du Plessis-Bourré [commune d'Écuillé,
arrond1 d'Angers].
« MonsBr, je me recommande humblement a vostre bonne grâce. Je vous envoyé des greffes, umsin que m'avez rescript; et vous plaiesse m' avoir pour excussé que ne vous en envoyé en
plus large, quar enmy [parmi] les periés l'on n'en sauroyct trouver Et au regart de
Gergonnelle, y vous plera m'avoir pour excussé, quar y n'y a greffe nulle; maies j'envoyeré ceste sepmaine au lieu dont elles sont venues et meptré paine d'en recouvrez, et les vous porteré. Je vous envoyé quatre petiz periés de Pépin.
« Priant Nostre Seigneur, Monssr, qui vous ayet en sa saincte garde.
« Escript en vostre maieson, a Selieres [Selliers, commune de Juvardeil, arrond1 de Segré, dép1 <le Maine-et-Loire], se dymanche [de 1488 à 1493], par le vostre humble serviteur,
« J. De Cleers. »
(Copié sur l'original, olographe. Bibliothèque Impériale. Mss. Supplément français , noi959,fo 103.)
De l'Anjou, le poirier Jargonelle dut se répandre assez vite dans l'Orléanais , car vers la fin du xvic siècle le Lectier, procureur du roi à Orléans, le possédait. On