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Poire de LIVRE

Synonymes. — Poires : 1. Librale (Pline, l'an 80 après J.-C, Historia naturalis, lib. XV, cap. xi). — 2. De Gros-Resteau (Claude Mollet, Théâtre des jardinages, 1652, p. 39). — 3. Argentine (dom Claude Saint-Etienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 93). — 4. Râteau gris (Merlet, l'Abrège' des bons fruits, 1675, p. 117). — 5. D'Amour (la Quintinye, Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690, p. 354). — 6. Gkos-Rateau gris (Id. ibid.). — 7. Beurré de Louvain (André Leroy, Catalogue de cultures, 1846, p. 17). — 8. Roi de Louvain ( Id. ibid. ).

Description de l'arbre. — Bois : faible. — Rameaux : peu nombreux, étalés et contournés ou arqués, longs, assez gros, très-géniculés, bien duveteux, vert olivâtre nuancé de roux, ayant les lenticelles fines et clair-semées, les coussinets légèrement ressortis et de longs mérithalles. — Yeux : petits, à large base, habituellement aplatis, presque collés contre l'écorce. — Feuilles : assez grandes, jamais abondantes, épaisses, très-cotonneuses, ovales-arrondies , à peine dentelées sur leurs bords, au pétiole court, épais, rosé et pourvu de stipules des plus développées.

Fertilité. — Satisfaisante.

Culture. — C'est un arbre de vigueur très -modérée sur cognassier et qui prospère beaucoup mieux sur franc; ses pyramides sont toujours irrégulières et pauvrement ramifiées.

Description du fruit. — Grosseur : considérable. — Forme : turbinée, obtuse, des plus ventrues, moins renflée d'un côté que de l'autre et ordinairement bosselée près du sommet, qui est fortement mamelonné. — Pédoncule : de longueur moyenne, droit ou arqué, assez gros, très-charnu à la base, obliquement implanté au milieu d'une faible dépression, et bien souvent en dehors de l'axe du fruit. — Œil : grand, régulier, ouvert, enfoncé. — Peau : rugueuse, vert obscur, semée de larges points gris-roux et presqu'entièrement bronzée sur le côté qui regarde le soleil. — Chair : blanchâtre, mi-fine, cassante, aqueuse, contenant de nombreuses pierres autour des loges. — Eau : suffisante, peu sucrée, plus ou moins acre et dénuée de parfum.

Maturité. — Courant de janvier et se prolongeant jusqu'à la fin de février.

Qualité. — Première comme fruit à compote.

Historique. — Les Romains cultivaient un poirier de Livre; au premier siècle de l'ère chrétienne Pline le constatait en ces termes : « Piris Libralia ;appel- « lata, amplitudinem sibi ponderis nomine asserunt : Les poires de Livre doivent « à leur volume, à leur pesanteur, le nom quelles portent. » (Historia naturalis, lib. XV, cap. xi.) Devant ce témoignage, je crois volontiers qu'on mangeait à Rome, il y a dix-huit cents ans, ces mêmes poires de Livre actuellement connues chez nous; néanmoins j'en serais plus convaincu si Pline ou tout autre agronome romain avait laissé quelque description de ce fruit. Mais comme il n'en est rien,

Poire de Livre.

j'admets alors, sur la seule ressemblance de leur nom, l'identité de ces deux poiriers. Toutefois une chose étonne , après la lecture du texte ci-dessus : c'est de rencontrer divers au teurs et traducteurs qui soutiennent que notre poire de Livre se rapporte à la variété appelée Volema, ou Grosse - Poire , par Caton, Columelle , Virgile, etc. Le court passage où Pline cite les poires Libralia est placé hors cadre, dans le chapitre relatif au Pêcher ; il faut donc supposer que ces écrivains ne l'ont pas aperçu, car autre -

i ment — surtout en voyant Pline mentionner aussi la Volema — ils se fussent ralliés, sans doute, à l'opinion de ceux qui pensèrent retrouver cette Volema dans notre Catillac ou notre Bon-Chrétien. — Parmi les anciens pomologues français, le naturaliste Jacques Daléchamp fut en 1587 le premier qui signala le poirier de Livre. Olivier de Serres (1600) et le Lectier (1628) ne semblent pas l'avoir connu, puisqu'ils se taisent complètement sur lui ; silence assez surprenant de la part du dernier de ces personnages, dont les collections d'arbres fruitiers, rassemblées à Orléans, comptaient en 1628, pour les poiriers seulement, 260 variétés. Mais Claude Mollet, en 1652, montra par la description suivante qu'il l'avait eu sous les yeux :

« Le poirier de Livre — dit-il — c'est la petite espèce de gros Resteau; il vient fort bien; il

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