Poire LOUIS GREGOIRE
Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Hameaux : nombreux, étalés vers la base, érigés près du sommet, gros et longs, géniculés, vert jaunâtre cendré, ayant les lenticelles larges, abondantes, les coussinets très-développés. — Yeux : moyens ou petits, noirâtres, ovoïdes, aigus, faiblement écartés du bois mais parfois sortis en courts éperons. — Feuilles : épaisses, rondes ou arrondies, légèrement acuminées et dentelées, portées sur un pétiole fort et de longueur moyenne.
Fertilité. — Ordinaire.
LOU [louis gré]
Culture. — On le greffe indistinctement sur cognassier ou sur franc, il n'a rien d'exceptionnel dans sa croissance et fait dès sa deuxième année de jolies pyramides.
Poire Louis Grégoire. Description du fruit. — Grosseur:
au-dessous de la moyenne. — Forme :
turbinée, obtuse, irrégulière, ventrue, souvent bosselée et presque toujours beaucoup plus renflée d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : long, grêle, courbé, obliquement inséré à la surface et parfois en dehors de l'axe du fruit. — Œil : grand, mi-clos, contourné, rarement très-enfoncé. — Peau : assez rugueuse, jaune verdâtre, ponctuée, marbrée de roux et le plus ordinairement, du côté du soleil, très-largement maculée de fauve sur lequel ressortent de petites taches brunes et squammeuses. — Chair :' blanchâtre, demi-fine et demi-fondante, juteuse, pierreuse et quelque peu marcescente. — Eau : abondante , sucrée , fort acidulé, souvent même très-astringente, légèrement musquée et parfois assez délicate.
Maturité. — Fin septembre ou commencement et courant d'octobre.
Qualité. — Deuxième et quelquefois troisième, quand l'astringence de son eau est par trop prononcée.
Historique. — Ce poirier fait partie des collections belges, et M. Bivort en établissait ainsi la provenance, dès 1847 :
« M. Xavier Grégoire, tanneur à Jodoigne, et qui en est l'inventeur, m'a dit l'avoir obtenu d'un semis fait en i 832. Son premier rapport date de 1 844, » {Album de pomologie, 1. 1, n° 26. )
Observations. — La poire Royale d'Hiver, généralement fort recherchée, diffère en tout de la Louis Grégoire, à laquelle on voulut cependant la réunir, en 1859. Mais dès 1862 le Congrès horticole international de Namur s'éleva contre cette erreur, comme il ressort du passage suivant d'un article de M. Charles Baltet, ipépiniériste à Troyes :
« Le jury international de l'Exposition horticole de Namur que nous avions l'honneur de présider — écrit notre confrère — a reconnu que la poire Louis Grégoire n'était pas semblable à la poire Royale d'Hiver, ainsi que cela a été publié par un auteur parisien. » {Revue horticole, année 1862, p. 401.)
On a confondu très-souvent aussi, dans les pépinières, le poirier Léon Grégoire, décrit ci-dessus, page 332, avec le poirier Louis Grégoire; les Procès- Verbaux du Congrès pomologique de France prouvent qu'à diverses reprises ils l'ont également été par cette réunion d'hommes si spéciaux (voir 1866, p. 32, et 1867, p. 28). Cela vient probablement de mauvais étiquetages que rendent faciles les noms de ces leux variétés, noms à peu près les mêmes pour l'œil, dans leur première partie, et n. 23
LOU [louis phi"
complètement homonymes, dans leur seconde. Mais quant aux arbres, quant aux fruits, impossible de les méconnaître lorsqu'on les a étudiés, tant leurs caractères sont dissemblables.