Poire LOUIS-PHILIPPE
Synonymes. — Poires : 1. Philippe de France (Prévost, Pomologie de la Seine-Inférieure, 1848, 6e cahier, p. 172). — 2. Grand-Salomon (André Leroy, Catalogue descriptif d'arbres fruitiers et d'ornement, 1849, p. 22, n° 188). — 3. Philippe (Idem, 1851, Catalogue anglais, p. 20, 11° 183).
Description de l'arbre. — Bois : fort.
— Rameaux : peu nombreux, très -étalés, des plus gros, longs, à peine géniculés, duveteux, fauve olivâtre lavé de rouge auprès des yeux, finement et abondamment ponc tués, à coussinets peu ressortis. — Yeux :
petits , ovoïdes - arron dis , cotonneux et bien collés contre l'écorce.
— Feuilles : elliptiques, acuminées, faiblement dentelées , contournées et duveteuses, ayant, le pétiole fort et de longueur moyenne.
Fertilité. — Ordinaire.
Culture. — Nous le greffons uniquement sur cognassier , il y végète bien et l'écusson s'y développe assez vite; ses pyramides, quoique passablemenf irrégulières, sont fort convenables, cependant, en raison même de sa grande vigueur.
Description dn frnit. — Grosseur : considérable. — Forme : turbinée trèsobtuse et très-irrégulière, des plus ventrues, surtout d'un côté, dans toute sa partit1! inférieure, mais s'amincissant soudain, et beaucoup, vers le sommet. — Pédoncule: long, mince h son milieu, renflé à l'attache, bien charnu à la base, obliquement inséré dans une étroite cavité dont l'un des bords se relève fortement en mamelon.
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— (EU : grand et très-ouvert, placé dans un bassin excessivement évasé et généralement assez profond. — Peau : rugueuse, quelquefois entièrement bronzée, mais le plus habituellement à fond vert grisâtre, clair et mat, sur lequel tranchent vigoureusement de nombreux et larges points brunâtres ainsi que de fortes marbrures fauves. — Chair : blanche, demi-fine et demi-cassante, assez marcescente, presque exempte de pierres. — Eau : jamais abondante, peu sucrée, plus ou moins acre et très-faiblement parfumée.
Maturité. — Fin de septembre et commencement d'octobre.
Qualité. — Deuxième, mais uniquement pour la cuisson.
Historique. — Tous nos efforts pour connaître l'obtenteur et parrain de la poire Louis -Philippe, sont restés infructueux; peut-être eussions -nous mieux
réussi, avant 1848 M. Laurent Jamin, pépiniériste à Bourg-la-Reine (Seine),
a dit en 1852, page 312 des Annales delà Société d'Horticulture de Paris, que le poirier Philippe de France, identique avec cette variété, provenait de Belgique et se trouvait chez nous depuis 1836. L'assertion de mon honorable confrère est exacte, je le crois, seulement elle n'éclaire en rien la question, car la poire Louis- Philippe était déjà dans mes cultures, à cette époque, et de plus les Belges n'ont jamais revendiqué le gain, soit du poirier Louis-Philippe, soit de la fausse variété- Philippe de France. M. Prévost, de Rouen, décrivit en 1848 (Pomologie de la Seine- Inférieure, p. 172) la poire Louis-Philippe, sans parler du lieu dont elle était sortie; M. Decaisne resta muet également sur ce point, lorsqu'en 1860 il vint à son tour la caractériser dans le tome III du Jardin fruitier du Muséum. Si donc nous sommes certain que cette espèce appartient à notre pays, et remonte environ à 1832, il n'en est pas moins vrai que nous ne savons à qui l'attribuer, tellement, après 1848, on s'empressa de la faire oublier, en la débaptisant. Ce fut ainsi que dès 1849 elle me revint sous le pseudonyme prétentieux de Grand-Salomon, puis en 1851 sous celui, plus modeste, de Poire Philippe. Mais à défaut de renseignements sur l'origine du poirier Louis-Philippe, disons au moins que le prince auquel il fut dédié naquit à Paris le 6 octobre 1773 et mourut à Claremont (Angleterre) le 26 août 1850.