‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 420 sur 742 · Poire NAQUETTE · texte numérisé non relu

Poire NAQUETTE

Synonymes. — Poiïes : 1. Caillot rosat a courte queue (Jean Mayer, Pomona franconica, 1776- 1801, t. III, p. 308, n° 136). — 2. De Disque (Id. ibid.). — 3. D'Eau-Rose a courte queue ( Id. ibid.). — 4. D'Herbe {Id. ibid.). — 5. Petite-Poire-Pomme (Id. ibid.). — 6. Bergamote précoce (Calvel, Traité complet sur les pépinières, 1805, t. II, pp. 284-285, n° 16). — 7. Bergamote early (George Lindley, Guide to thc orchard and kitchen garden, 1831, p. 334, n° 3; — et Tkoiapson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 124). — 8. Épine a courte queue (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1859, t. II). — 9. Gros-Oignonnet allemand (Id.ibid.). — 10. Oignon allemand (Id. ibid.). — ■ 11. Bergamote Searles (Mas, le Verger, 1868, t. II, n° 53).

Description de l'arbre. — Bois : un peu faible.

— Rameaux : nombreux et assez étalés, grêles, de longueur moyenne, légèrement coudés et duveteux , vert brunâtre lavé de rouge sombre , finement et abondamment ponctués de gris , aux coussinets ressortis. — Yeux :

petits, brunâtres, coniquesobtus plus ou moins plats et presque appliqués contre le bois. — Feuilles : grandes , vert foncé, ovales-arrondies et acuminées, planes ou concaves, à bords unis en partie ou dentelés irrégulièrement et peu profondément , à pétiole assez long , menu , stipulé.

Culture. — Cet arbre ne végète bien que sur le franc ; son écusson s'y développe vite, mais ses pyramides, généralement un peu basses, ne deviennent convenables qu'à partir de leur troisième année.

Description du fruit. — Grosseur : moyenne et parfois moins volumineuse. — Forme : sphérique, très-aplatie au sommet ainsi qu'à la base, où souvent elle est faiblement pentagone. — Pédoncule : court, bien nourri, renflé assez ordinairement à ses extrémités, droit ou recourbé, inséré de côté, ou perpendiculairement, dans une cavité large et régulière. — OEil : moyen, mi-clos, arrondi, quelquefois presque saillant et quelquefois très-enfoncé. — Peau : mince, lisse, à fond vert herbacé, ponctuée de fauve, nuancée de jaune du côté de l'ombre et faiblement lavée ou jaspée, sur l'autre face, de rouge très-sombre. — Chair : blanchâtre, fine, fondante, juteuse, assez granuleuse auprès des loges. — Eau : fort abondante, bien sucrée, aigrelette, possédant un parfum souvent peu prononcé, mais toujours très-délicat.

Maturité. — Depuis la mi-août jusqu'en septembre.

Qualité. — Première.

Historique. — Naquette fut le nom primitif de cette poire précoce, qu'aucun

NAQ 459

auteur n'a mentionnée chez nous avant 1670 ; mais alors Claude Saint-Etienne, moine feuillant, la caractérisa en ces termes :

« Se mange au commencement de septembre la Maquette, qui ressemble à une pomme,

est longue et plus grosse vers la queue que vers la teste, colorée vers le soleil, et le reste est vert. » (Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, pp. 50 et 51.)

Après Claude Saint-Etienne on classa, ou plutôt on noya ce fruit dans l'innombrable famille des Caillot, d'où suit que nous perdons sa trace jusqu'en 1770, date à laquelle l'arboriculteur allemand Jean Mayer vient affirmer que « la « poire Naquette ou Caillot rosat à courte queue, ou poire d'Eau-Rose, est fort « connue, dans la contrée qu'il habite [Wurtzbourg-sur-le-Mein, Bavière], sous les «noms de poire d'Herbe, ou de Disque, etc., etc. » (Pomona franconica, t. III, p. 308.) Et la description et la figure coloriée qu'il en donne se rapportent effectivement de tout point à la présente variété, dont le lieu d'origine échappe à nos recherches, quoique son nom la rattache bien à la France. Naquette, mot oublié depuis deux siècles environ, fut, au bon vieux temps où florissait le jeu de paume, un terme très-employé par les amateurs de ce jeu (voir Ménage, Dictionnaire étymologique). Si donc on l'appliqua à cette variété, ce ne put être que par analogie de forme , comme le firent plus tard les Allemands , qui, nous dit Mayer, la surnommèrent poire de Disque en raison, évidemment, de sa forme ronde et plate , rappelant celle du disque ou palet des anciens. M. le professeur Decaisne a décrit en 1859 la poire Naquette dans le Jardin fruitier du Muséum (t. II), et assuré qu'elle avait pour synonymes les noms Gros-Oignonnet ou Oignon allemand. M. Mas, l'étudiant à son tour, a dit en 1868 : te Je n'ai pu la «retrouver chez les pomologues allemands. » [Le Verger, t. II.) Nous devons joindre notre affirmation à celle de M. Mas, aucune des Pomologies allemandes publiées depuis 1801, date de l'impression du dernier volume de la Pomona franconica de Jean Mayer, ne contenant le moindre mot sur la poire Naquette. Aussi faut-il regretter que M. Decaisne n'ait pas indiqué la source où il a puisé les deux synonymes mentionnés ci-dessus. M. Mas a pensé, en outre, qu'une certaine Bergamote Searles qu'il possède depuis quinze ans, et dans laquelle il a positivement reconnu la poire Naquette, pourrait bien être, par suite d'une mauvaise lecture du mot early (précoce), la Bergamote early des Anglais, lui semblant identique également avec la Bergamote précoce signalée par Etienne Calvel, en 1805. Là encore nous partageons l'opinion de l'honorable directeur du Verger; et pour montrer que réellement ces deux Bergamotes ne sont autres que la poire Naquette, nous allons reproduire les descriptions qu'on en donna au commencement de ce siècle. — Voici d'abord celle de l'agronome Calvel , le premier qui ait parlé de la Bergamote précoce :

« L'Arbre de la Bergamote précoce a de la vigueur, mais ses branches et ses bourgeons sont pendants. Ces derniers sont brunâtres, tachetés de points gris et couverts de duvet. Les boutons sont arrondis à la pointe, assez gros et sur des supports saillants; les feuilles sont d'un vert foncé, arrondies et peu dentelées. — Le Fruit, qui a environ deux pouces de diamètre, est très-aplati à la tête et l'échancrure du calice est très-enfoncée; il est plus court que son diamètre; à l'époque de sa maturité [commencement d'août] le vert de sa peau se colore de jaune, et alors sa chair est fondante, sucrée, agréablement parfumée. » (Traité complet sur les pépinières, 1805, pp. 284 et 285.)

Cachée sous ce surnom de Bergamote précoce, la Naquette fut expédiée à Londres, en 1820, par un des amis de Calvel, André Thouin, professeur de culture au Jardin des Plantes de Paris; et comme les Anglais traduisirent dans leur langue notre qualificatif précoce , de là vint le nouveau synonyme Bergamote early. Ces

Page 1