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Poire OKEN

Synonymes. — Poires : 1. Oken d'Hiver ( Vao Mons, Annales générales des sciences physiques , 1820, t. V, p. 124, n° 8, pi. lxxv). — 2. Beurré Ocken (Diel, Vorz. Kernobstsorten, 1821, p. xvm). — 3. Cent-Couronnes (Laurent de Bavay, Catalogue des pépinières de Vilvorde-lez-Bruxelles, 1852; — et Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1869, t. VIII).

Description «le l'arbre* — Bois : très-fort. — Hameaux : assez nombreux, bien érigés, des plus gros et des plus longs, fortement géniculés, brun jaunâtre, ayant les lenticelles larges , abondantes , les coussinets assez ressortis et de longs mérithalles. — Yeux : volumineux, coniques, pointus, faiblement écartés du bois,

OKE

aux écailles mal soudées. — Feuilles : d'un beau vert, grandes , épaisses, quelque Poire Oken. Peu coriaces , ovales - arrondies ,

planes, à bords crénelés ou irrégulièrement denticulés, à pétiole de longueur moyenne et bien nourri.

Fertilité. — Grande.

Culture. — On le greffe sur franc ou sur cognassier ; il est vigoureux et la croissance de l'écusson, hâtive; dès leur deuxième année les pyramides de ce poirier sont fortes et irréprochables.

Description du fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : assez inconstante , mais s'écartant peu , généralement , de la turbinée plus ou moins écrasée et bosselée, ventrue à son milieu et mamelonnée au sommet. — Pédoncule : de longueur et de force moyennes, bien recourbé, inséré dans une étroite cavité dont l'un des bords est parfois très-proéminent. — Œil : moyen , mi-clos ou fermé , faiblement enfoncé, entouré de plis et souvent, même, de fortes gibbosités. — Peau : fine, jaune pâle, ponctuée de gris clair, largement tachetée de fauve, surtout dans le voisinage de l'œil et du pédoncule , et légèrement vermillonnée sur le côté de l'insolation. — Chair : très-blanche et très-fine, entièrement fondante, aqueuse , contenant quelques granulations autour des loges. — Eau : des plus abondantes, sucrée, douée d'un arôme particulier véritablement exquis.

Maturité. — Vers la mi -octobre et se prolongeant aisément jusqu'à la fin de novembre.

Qualité. — Première.

Historique. — Divers pomologues ont attribué à M. Cayeux, jadis pépiniériste à Boulogne-sur-Mer, le gain de ce poirier ; d'autres ont dit que Van Mons en fut probablement l'obtenteur. Ces derniers étaient dans le vrai; seulement, faute de connaître les Annales générales des sciences physiques, recueil belge dont Van Mons resta longtemps l'un des principaux rédacteurs, ils n'ont pu changer leur doute en certitude. La poire Oken y fut effectivement signalée dès 1820 par cet arboriculteur fameux, et dans les termes suivants, qui constatent qu'elle appartient bien à ses semis :

« Le fruit de l'Oken d'Hiver a le plus souvent la forme de la Crcssanc, quelquefois

celle du Colmar ou du Miel d'Hiver Son eau rappelle plutôt le parfum des Colmars que

des Bergamotes. Cependant, dans les fruits du premier rapport le goût était parfaitement

celui de la Gressane. Nous avons donné à cette nouvelle poire le nom de l'un des plus illustres naturalistes philosophes de notre temps. Le pied-mère de cet excellent fruit est du très-petit nombre de ceux qui ont échappé à la dévastalioii de notre jardin d'expériences. » {Annales générales des sciences physiques, 1820, t. V, p. 124.)

Le jardin d'expériences dont Van Mons parle ici, c'était son enclos de la Fidélité, situé à Bruxelles, et dans lequel il comptait en 181 U, époque où il lui fut enlevé

OKE — OLI

pour cause d'utilité publique, plus de 80,000 pieds d'arbres fruitiers, dont les deux tiers au moins provenaient de ses semis. La poire Oken y mûrit pour la première fois vers 1816. Elle pénétra en France en 1836 ou 1837, mais y resta cachée longtemps sous un faux nom : celui de Cent -Couronnes. Laurent Oken, le savant écrivain auquel elle est dédiée, naquit dans la Souabe en 1789, à Ortenberg, selon les uns, à Bohlsbach, selon les autres, et mourut à Zurich au mois d'août 1851.

Observations. — La maturité de ce fruit a été beaucoup surfaite, comme tardivité, dans quelques Catalogues et même dans plusieurs Pomologies, puisqu'on a dit qu'elle se prolongeait jusqu'en mars. Yan Mons affirme, je le sais, avoir mangé en 1819 une poire Oken au mois d'avril, mais le pied-mère venait à peine de donner sa première récolte ; depuis lors les produits des sujets obtenus par sa multiplication, sont évidemment devenus moins tardifs, puisqu'en 1 868 M. Decaisne, professeur de culture au Jardin des Plantes de Paris, les dit « mûrissant à la fin de « septembre et en octobre. » (Jardin fruitier du Muséum, t. VII.) Chez moi, jamais ils ne dépassent les derniers jours de novembre. — Vers 1850 j'ai reçu des pépinières de Vilvorde, près Bruxelles, plusieurs poiriers envoyés sous l'étiquette Cent- Couronnes. Tous se sont montrés identiques avec l'Oken ; aussi ne saurais-je admettre, d'après deux ouvrages spéciaux, que ce même nom Cent-Couronnes puisse être également synonyme de Beurré vert tardif, dénomination s'appliquant à une poire qui mûrit courant de janvier, alors que la Cent-Couronnes, ou mieux l'Oken, se mange au début d'octobre.

Poire OKEN D'HIVER. — Synonyme de poire Oken. Voir ce nom.

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