‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 443 sur 742 · Poire ORANGE MUSQUÉE · texte numérisé non relu

Poire ORANGE MUSQUÉE

Synonymes. — Poires : 1. De Provence d'Été (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 4 ; — et Jean Mayer, Pomona franconica, 1770-1801, t. III, p. 295, n° 123). — 2. Ciiarmoris ou Charmotis (dom Claude Saint-Etienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 45; et Jean Mayer, ibid.). — 3. Orange (dom Claude Saint-Etienne, ibid.). — 4. Orange verte (la Quintinye, Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690, t. I, ebap. Poirier, n° 62; — et Herman Knoop, Pomologie, 1771, pp. 98 et 137, pi. iv). — 5. Orange royale mosquée (René Dahuron, Nouveau traité de la taille des arbres fruitiers, 1696, cité par Henri Manger, 2e partie de sa Systematische Pomologie, 1780, p. 34, n°42). — 6. Orange commune (Herman Knoop, ibid., pp. 90 et 137). — 7. Orange grise {Id. ibid.). — 8. Orange jaune (Id. ibid., pp. 98 et 137 ). — 9. Orange musquée d'Été ( Id. ibid., pp. 90 et 137, pi. m). — 10. Orange plate {Id. ibid., pp. 98 et 137). — 11. Orange ronde (Id. ibid., pp. 90 et 137). — 12. Grosse-Orange verte (Henri Manger, ibid.). — 13. D'Honneur (Id. ibid.). — 14. Orange d'Eté (Robert Thompson, Catalogue of fruits cultivaled in the garden of the horticullural Society of London, 1842, p. 146). — 15. Rourdon musqué [par erreur] (Couverchel, Traitédes fruits, 1852, p. 467).

Inscription de l'arbre. — Bois : très-fort. — Hameaux : des plus nombreux et généralement érigés, très-gros, longs, légèrement flexueux et cotonneux, rouge noirâtre, ayant les lenticelles abondantes, de largeur variable, les coussinets bien ressortis et de courts mérithallcs. — Yeux : petits, fortement aplatis,

ORA [orange mus]

collés contre l'écorce. — Feuilles : grandes, ovales ou ovales-allongées, acuminées, un peu duveteuses, à bords régulièrement dentés en scie, à pétiole très-fort et assez long.

Poire Orange musquée.

Fertilité. — Abondante.

Culture. — On le greffe aussi avantageusement sur cognassier que sur franc ; sa vigueur est remarquable; le développement de son écusson, un peu tardif; ses pyramides, régulières, fortes et touffues, ne laissent rien à désirer.

S&eseriutiou du fruit.

— Grosseur : moyenne. — Forme : arrondie plus ou moins bosselée, assez régulière dans toute sa partie inférieure, mais souvent un peu conique-obtuse au sommet. — Pédoncule: court et gros , arqué , parfois noueux et contourné, et parfois aussi renflé à ses extrémités, inséré dans un large et peu profond évasement. — OEil : petit ou moyen, mi-clos ou fermé , bien enfoncé. — Peau : rugueuse, épaisse, vert herbacé ou jaune olivâtre, fortement ponctuée de brun et de gris-roux, surtout auprès de l'œil, quelquefois lavée de même autour du pédoncule et presque toujours amplement vermillonnée sur le côté de l'insolation. — Chair : blanche, grossière, cassante, pierreuse au centre, un peu sèche et blossissant très- vite. — Eau : rarement abondante, assez sucrée, douceâtre, possédant un parfum musqué qui n'a rien de trop prononcé.

Maturité. — Fin d'août et commencement de septembre.

Qualité. — Troisième; et fort exceptionnellement deuxième, surtout quand on peut saisir, pour manger ce fruit, le point si fugitif de sa parfaite maturité.

Historique. — Les pomologues du xvne siècle ont presque tous méconnu cette poire, dont la couleur de la peau varie beaucoup, comme celle de plusieurs de ses congénères, sous l'influence du sol ou de l'exposition. C'est ainsi qu'ils l'appelèrent Orange verte, Orange jaune, Orange grise, etc., et en firent généralement deux ou trois espèces. Mais, plus tard, ni les Chartreux de Paris (1722 à 1786) ni le savant Duhamel (1768) ne partagèrent une semblable erreur : ils décrivirent l'Orange musquée et laissèrent sagement dans l'oubli la Grise, la Jaune, la Verte; exemple que nous suivons. — Poire de Provence fut en France, antérieurement à 1600, un des plus anciens synonymes de notre Orange musquée ; la Pomona franconica de Mayer le lui conservait encore en 1801 (t. III, p. 295, n° 123), et vers 1598 on cultivait uniquement, sous ce nom, cette variété dans les jardins du procureur du roi le Lectier, à Orléans (voir Catalogue de ce personnage, 1628, p. 4). Si donc elle ne provient pas de la Provence, il est certain qu'au moins on l'y connut bien avant 1598. Jadis, chacun la regardait comme la souche des diverses poires Orange;

486 ORA [orange mus — rou]

et cette opinion, que je me borne à signaler, fit que maintes fois on lui appliqua le surnom d'Orange commune. C'était d'elle que parlait en 1784, dans l'École du Jardin fruitier, un agronome fort distingué, M. de la Bretonnerie, lorsqu'il disait : « La « poire d'Orange a été cultivée d'abord, et des premières, dans les Jardins du Grand- « Duc de Toscane, où la chaleur du climat a pu lui donner un parfum et un goût « qu'elle n'a point ici [à Paris]. » (Tome II, p. 415.) Nous rapportons ces lignes, mais en regrettant que la Bretonnerie fasse naître ladite poire à Florence sans indiquer la source où il puisa ce renseignement, devenu pour lors très-difficile à contrôler, puisque cet auteur est le seul qui nous l'ait encore fourni.

Observations. — Dans son Traité des fruits (1852) Couverchel écrivit ce qui suit au chapitre des Poires : « Le Bourdon musqué est assez estimé; il mûrit en «juillet; on le désigne également sous le nom d'ORANGE d'ÉTÉ. » (Page 467.) En lisant ce passage, quelques personnes crurent le Bourdon musqué identique avec l'Orange musquée, dont le synonyme le plus connu est précisément aussi, Orange d'Été. De là naquit une confusion qu'il devient aisé de ne plus commettre en se rappelant que le Bourdon musqué — banni généralement des pépinières — se mauge un mois avant la poire à laquelle on le réunissait si fautivement.

Poire ORANGE MUSQUÉE D'ÉTÉ. — Synonyme de poire Orange musquée. Voilée nom.

Poires : ORANGE MUSQUÉE D'HIVER, n

/ Synonymes de poire Orange

{ d'Hiver. Voir ce nom.

Page 1