Poire ORPHELINE D'ENGHIEN
Synonymes. — Poires : 1. BEURRÉ r'Arenberg [des Belges] (le Bon- Jardinier, 1827, p. 308 ; — et Liudley, Guide to the orchard and kitchen garden, 1831, p. 392, u° 119). — 2. Coi.mar Deschamps (Van Mons, Revue des revues, 1830, no 13). — 3. Délices des Orphelins (Id. ibid.). — 4. Duc d'Arenberg (Lindley, ibidem). — 5. Deschamps (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 126, n° 53). — 6. Orpoline (Id. ibid.). — 7. Beurré Deschamps ( Bivort, Album de pomologie, 1847, t. I, n° 9). — 8. Beurré des Orphelins (Id. ibid.). — 9. Beurré des Orphelines ( Hovey, Fruits of America, 1847, 1. 1, p. 1). — 10. Arenrerg parfait (Bivort, Annales de pomologie belge et étrangère, 1855, t. III, p. 35 ). — 11. Beurré Burchardt (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1861, t. IV). — 12. Crassane Steven (Id. ibid.). — 13. Petit-Beurré d'Hardenpont (Id. ibid.). — 14. Beurré d'Arenberg vrai (Congrès pomologique, Pomologie de la France, 1864, t. II, n° 70).
Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : nombreux, érigés au sommet, étalés vers la base, gros et longs, peu coudés, marron rougeàtre, tachetés de gris ou de noir, ayant les ienticelles fines, abondantes, et les coussinets bien accusés. — Yeux : aux écailles mal soudées, moyens ou volumineux, ovoïdes, collés contre l'écorce. — Feuilles : grandes, ovales-allongées, irrégulièrement et profondément dentées, planes ou relevées en gouttière, souvent contournées, à pétiole court, roide, épais et pourvu de stipules excessivement développées.
Fertilité. — Satisfaisante.
Culture. — Sa vigueur n'a rien d'excessif; il croît assez bien sur le cognassier, mais se plaît généralement mieux sur le franc ; son écusson s'y développe vite; ses pyramides, quel que soit le sujet qu'on lui ait donné, sont régulières, fortes et toutfues.
Description du fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : quelque peu variable, on la voit souvent turbinée écrasée, bosselée, contournée au sommet et
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fortement ventrue à la base, ou bien ovoïde très-renflée à son milieu. — Pédoncule: très-court, gros, plus fort à ses extrémités, parfois noueux et articulé, implanté de côté à fleur de chair et habituellement entouré de gibbosités. — Œil : petit ou
moyen, mi-clos ou complètement
Poire Orpheline d'Enghien.
fermé, placé dans un large et profond bassin dont les bords sont régulièrement arrondis. — Peau :
épaisse et rugueuse , à fond jaune plus ou moins verdâtre, amplement tachée , ponctuée et granitée de roux foncé et squammeux, lavée de même autour de l'œil et du pédoncule. — Chair : blanche, des plus fines et des plus fondantes, juteuse, presqu'exempte de pierres.
— Eau : fort abondante, vineuse et très-sucrée, possédant une saveur aigrelette et un arôme délicat qui la rendent véritablement exquise.
Maturité. — Fin novembre et parfois atteignant le mois de janvier.
Qualité. — Première.
Historique. — Cette variété si répandue, et si digne de la culture, provient de la Belgique, où elle fut obtenue à Enghien (Hainaut), vers 1820, par l'abbé Deschamps, qui suivant l'exemple de Van Mons, son ami et compatriote, s'occupait activement d'arboriculture fruitière. Ce fut même à cet habile semeur qu'il soumit les premiers produits de son poirier ; aussi Van Mons contribua-t-il beaucoup à le propager, comme il contribua, malheureusement aussi, à grossir le nombre des synonymes qu'on lui connaît aujourd'hui. Il le décrivit au mois de janvier 1830, et nous voyons qu'après avoir établi l'origine de cette espèce, il indique la source des plus anciens surnoms dont elle fut gratifiée :
« Le Beurré d'Arenberg — dit Van Mons — a été gagné à Enghien par M. l'abbé Deschamps, dans un jardin appartenant à l'Hospice des Orphelins de cette ville. Son obtenteur eut la complaisance de m'en communiquer le fruit à son premier rapport. C'était alors un superbe
Passe-Colmar Je l'inscrivis du nom, si naturellement propre, de Colmar Deschamps, et
j'en répandis de nombreuses greffes sous ce nom. J'ai depuis rencontré le même fruit sous le nom de Délices des Orphelins, que sans doute la modestie de son obtenteur lui aura imposé, en considération du lieu où il a été obtenu. Il a, depuis, reçu le nom de Beurré d'Arenberg. » {Revue des revues, 1830, t. IH, p. 63.)
Ce fut en 1823 que Van Mons inscrivit dans son Catalogue, à la page 40, le Colmar Deschamps, qui parut chez nous en 1827 sous le surnom Beurré d'Arenberg (voir le Bon- Jardinier, année 1827, p. 308). Il l'y conserva jusqu'en 1842, époque à laquelle le synonyme Orpheline d'Enghien vint l'y remplacer et prévalut définitivement sur les autres dénominations appliquées à cette variété.
Observations. — Il est important de le rappeler : notre Beurré d'Arenberg, ou poire Goulu-Morceau, n'a rien de commun avec l'Orpheline d'Enghien, malgré le synonyme Beurré d'Arenberg justement appliqué à cette dernière depuis une
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quarantaine d'années. Mais nous avons fourni à cet égard, page 301 du tome Ier, toutes les explications désirables ; le lecteur peut donc y recourir, si cela lui parait nécessaire. — Yers 1844 on répandit dans quelques parties de la France l'Orpheline d'Enghien sous le pseudonyme Soldat laboureur. Dès 1846 nous relevions cette erreur à la page 19 de notre Catalogue. Aujourd'hui, quoique le poirier Soldat laboureur soit parfaitement connu, il est bon, néanmoins, d'en garantir encore l'identité, l'erreur dont nous parlons ayant duré longtemps.
Poire ORPOLINE. — Synonyme de poire Orpheline d'Enghien. Voir ce nom.
Poire d'OS. — Synonyme de poire de Fer. Voir ce nom.