‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 453 sur 742 · Poire PASSE-COLMAR · texte numérisé non relu

Poire PASSE-COLMAR

Synonymes. — Poires : 1. Passe-Colmar épineux (l'abbé d'Hardenpont, 1758, cité par Alexandre Bivort, Album de pomotogie, 1849, t. II, pp. 41-42). — 2. Passe-Colmar superfin (I. V. Sickler, Teutscher Obstgârtner, 1794, t. I, p. 66). — 3. CoLMAR Preul (Diel, Vorz. Kernobstsorten , 1821, p. 187). — 4. COLMAR SOUVERAIN (Id. ibid., p. 192). — 5. RéGENTINE {Id. ibid.). — 6. SOUVERAINE d'Hiver (M. ibid.). — 7. Passe-Colmar gris de Precel (John Turner, Transactions of the horticultural Society of London, 1824, t. V, p. 410). — 8. D'Argenson (Diel, Vorz. Kernobstsorten, 1828, p. 168). — 9. Beurré d'Argenson (Id. ibid.). — 10. Beurré Colmar gris (Lindley, Guide to the orchard and kitchen garden„ 1831, p. 403, n° 137). — 11. Chapman(W. ibid.).— 12. Colmar épineux (Id.ibid.). — 13. Passe-Colmar gris (Id. ibid.). — 14. Précel (Id. ibid.) — 15. Roi de Bavière (Dittrich, Syst. Bandbuch der Obstkunde, 1839, t. I, p. 720). — 16. Ananas d'Hiver (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 146, n° 339). — 17. Cellite (Id. ibid.). — 18. COLMAR DORÉ (Id. ibid.). — 19. COLMAR gris (Id. ibid.). — 20. Colmar d'Hardenpont (Id. ibid.), — 21. Fondante de Mons (Id. ibid.). — 22. Gambier (Id. ibid.). — 23. Marotte sucrée jaune (Id. ibid.). — 24. Présent de Malines (Id. ibid.). — 25. Régentin (Id. ibid.). — 26. Passe-Colmar ordinaire (Willermoz, Observations sur le genre poirier, 1848, p. 15). — 27. Impératrice (Bivort, Album de pomologie, 1849, t. 11, pp. 41-42). — 28. Passe-Colmar nouveau (Id. ibid.). — 29. Colmar de Silly (Laurent de Bavay, cité par André Leroy, Catalogue descriptif et raisonné, 1860, p. 37, n° 436). — 30. Pdcelle Condésienne (Tougard, Tableau analytique des variétés de poiriers, 1852, p. 65). — 31. Beurré Passe-Colmar doré (du Breuil, Cours d'arboriculture, édition de 1854, t. II, p. 569-iv). — 32. Passe- Colmar souverain ( Id. ibid.). — 33. Passe-Colmar suprême ( Id. ibid. ). — 34. Bergentin (Thuillier- Aloux, Catalogue raisonné des poiriers qui peuvent être cultivés dans le département de la Somme, 1855, p. 13). — 35. DOUBLE-PASSE-COLMAR (ld. ibid.). — 36. MORETTE SUCRÉE JAUNE (Id. ibid.). — 37. Passe-Colmar d'Hardenpont (ld. ibid.). — 38. Passe-Colmar de Vienne (Id. ibid.). — 39. Pressel(W. ibid.). — 40. Suprême grise (Id. ibid.).— 41. Passe-Colmar doré (Liron d'Airoles,

PAS [passe-colmar]

Liste svnonymique historique des diverses variétés du poirier, 1837, p. 88). -42. Passe-Colmar d'Hiver (Id ld.). - 43. Passe-Colmar roux {Id. ibid.). - 44. Beurré Chapman (Decaisne, TZin fruitier lu Muséum, 1860, t. III). - 45. Colmar Bonnet {Id ^^J3™? tardif (W.iô^.)-- «• Passe-Colmar vineux d'Hiver {Id. ibid.). - 48. Preul {ld. ib ,d.). -49 Fondante de Paris (Congrès pomologique, Pomologie de la France, 1863, t. I, n S). -

50. GAMBRIER [ld. ibid.). - 51. PASSE-COLMAR PRÉCEL {Id. ibid.). - 52. PrÉCEL-BERGENTIN {Id. ibid.). — 53. Précel-Ragentin {Id. ibid.).

Poire Passe-Colmar. — Premier Type.

Description de l'arbre. — Bois : un peu faible.— Rameaux:

assez nombreux, légèrement étalés, courts et de moyenne grosseur, à peine géniculés, jaune verdâtre , aux lenticelles très-fines et clair-semées, aux coussinets saillants. - Yeux :

gros, ovoïdes, obtus et écartés du bois, souvent formant éperon.

Feuilles : petites et abondantes , ovales , habituellement acuminées , régulièrement dentées en scie, portées sur un pétiole fort et assez long.

Fertilité.— Grande.

Culture. — La vigueur de ce poirier est modérée et la croissance de son écusson, très -tardive ; on le greffe sur franc ou sur cognassier ; ses pyramides, quoique petites, sont cependant assez jolies.

Grosseur : souvent au-dessus de la moyenne, et

quelquefois considérable. Forme : inconstante, elle est ou turbmee ^reguhere, écrasée, bosselée et contournée, ou turbinée-allongée, régulière, obtuse, fortement ventrue dans toute sa partie inférieure. - Pédoncule : de longueur moyenne un peu grêle ou très-nourri, rarement bien arqué, généralement renfle , a se extrémités, surtout à son point d'attache, qui parfois forme un bourrelet prononcé, implanté obliquement ou verticalement, et toujours a fleur de mut. Œil: moyen, ouvert, placé dans un large bassin de profondeur assez variable et a bords très-arrondis. - Peau : épaisse, jaune d'or, ponctuée et faiblement marbrée

l'A S [passe-colmar]

noi

Poire Passe-Colmar.

de roux, maculée de même autour du pédoncule et parfois aussi dans la cavité ombilicale, et vermillonnée sur la face regardant le soleil. — Chair : fondante

ou mi-cassante, blanc jaunâtre, fine, Deuxième Type. juteuse et odorante, à peine granu-

leuse auprès des pépins. — Eau : des plus abondantes, très-sucrée et trèsvineuse, possédant un parfum d'une rare délicatesse.

Maturité. — Fin de novembre ou commencement de décembre , et parfois atteignant le mois de mars.

Qualité. — Première.

Historique. — Le Passe-Colmar compte à peine un siècle d'existence et cependant je lui trouve , sans trop chercher , encore , cinquante - trois synonymes ! Rien ne dit mieux combien il est exquis ; mais rien non plus ne dévoile aussi hautement les fraudes et les manoeuvres de la spéculation.

Son obtenteur fut, en 1758, l'abbé d'Hardenpont, semeur belge connu par plusieurs autres gains également fort méritants. Cet abbé demeurait à Mons (Hainaut) où il avait créé dans son jardin, près la porte d'Havre, une école d'arbreâ fruitiers assez nombreuse. Il appela ce fruit Passe-Colmar épineux, puis s'empressa de le propager. Les Allemands le possédèrent des premiers, ainsi qu'il ressort du Teutscher Obstgàrtner (t. I, p. 66), publié à Weimar par I. V. Sickler, en 1794. Il ne pénétra chez nous que beaucoup plus tard, mais non pas, cependant, en 1825, comme on l'a erronément avancé, car à cette date le pépiniériste Louis Noisette l'y cultivait déjà depuis une quinzaine d'années ; témoin le passage suivant, emprunté à l'un des recueils horticoles les plus accrédités de la Belgique :

« La poire Passe-Colmar — écrit M. A. Royer — resta longtemps inconnue en France. Noisette l'y introduisit vers 1806. Il eut assez de peine à la propager, parce qu'on la confondait fréquemment avec l'ancien Colmar ou poire Manne, confusion qui ne serait plus possible aujourd'hui, grâce aux rapports qui se sont établis entre les pomologues des divers pays. » [Annales de pomologie belge et étrangère, 1854, t. II, p. 31.)

Observations. — Fondante du Paniselle n'est pas, comme on Fa récemment supposé, synonyme de Passe-Colmar, ni de Délices d'Hardenpont d'Angers ; ce nom se rapporte au poirier Archiduc Charles, ou Délices d'Hardenpont de Belgique. Nous avons, du reste, signalé déjà cette erreur en décrivant ces deux dernières variétés (voir t. I, pp. 153-154; et t. II, pp. 13-14). — Le Passe-Colmar musqué ne saurait non plus appartenir aux synonymes du Passe-Colmar; il a rang parmi les variétés, on le constatera plus loin. — En 1850 je reçus des pépinières de Vilvordelez-Bruxelles, alors aux mains de feu Laurent de Bavay, un certain Colmar de Silly qui pendant plusieurs années figura dans mes Catalogues. Je cessai de le propager vers 1860, après avoir acquis la preuve de sa parfaite identité avec le Passe-Colmar. — Van Mons a fait en 1835 une sage recommandation, au sujet de la poire ici

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