Poire PETIT-OIN
Synonymes. — Poires : 1 . De Lard ( Valerius Cordus, Historia stirpium, 1561, 1. 1, chapitre Poirier, n° 2 ). — 2. Petit-Micet ( dom Claude Saint-Etienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 66). — 3. Petit-Oing gris (Id. ibid.). — 4. De Madame d'Automne (Merlet, V Abrégé des bons fruits, 1675, p. 94). — 5. Merveille jaune (Henri Hessen, Gartenlust, 1690; p. 281; — et Henri Manger, Systematische Pomologie, 2e partie, 1783, pp. 56-57, n° 61). — 6. Merveille rouge (Id. ibid. ). — 7. Amadonte (la Quintinye, Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690-1739, t. I, p. 258, n° 9). — 8. Bouvart des Angevins (Id. ibid.). — 9. Merveille d'Hiver (Id. ibid.). — 10. Roussette d'Anjou d'Hiver (Id. ibid.). — 11. De Sain (Jean Mayer, Pomona franconica, 1776-1801, t. III, p. 197, n° 25). — 12. Sain-d'Auve (Id. ibid.). — 13. De Satndoux (Id. ibid.). — 14. De Madame d'Hiver (F. J. Bauinann, deGolmar, Catalogue descriptif des arbres fruitiers les plus recherchés et les plus estimés, 1788, p. 93). — 15. Rousselet d'Anjou (Id. ibid.). — 16. De Oin (Pierre Leroy, d'Angers, Catalogue de ses jardins et pépinières, 1790, p. 24). — 17. Crassane du Pays de Caux (Prévost, Pomologie de la Seine-Inférieure, 1846, 4e cahier, pp. 118-119). — 18. Crassane de Plein Vent (Id. ibid.). — 19. Merveille Bouvart (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1860, t. III ). — 20. Petite-Oie ( Id. ibid.).
Description de l'arbre. —
Bois : assez fort. — Rameaux : nombreux, de longueur et de grosseur moyennes , érigés , très - faiblement géniculés , brun olivâtre , finement et abondamment ponctués de gris jaunâtre, à coussinets peu développés, à mérithalles courts. — Yeux : moyens ou volumineux , coniques , pointus , renflés , nuancés de brun et de roux clair, non appliqués contre le bois. — Feuilles : petites, ovales ou elliptiques, courtement acuminées , planes ■ ou légèrement arquées, ayant généralement les bords ondulés et faiblement crénelés ou dentelés, et le pétiole court, épais, stipulé.
Fertilité. — Extrême.
Culture. — Sur cognassier sa végétation est des plus satisfaisantes; l'écusson croît assez vite ; les pyramides sont régulières et de force bien convenable quand elles entrent dans leur troisième année.
PET [petit oinI 525
Description du fruit. — Grosseur : moyenne et parfois moins volumineuse. — Forme : ovoïde-arrondie, ou turbinée légèrement obtuse au sommet, bosselée et très-ventrue dans toute sa partie inférieure. — Pédoncule : long ou de moyenne longueur, mince, recourbé, souvent renflé au point d'attache, obliquement ou perpendiculairement implanté à la surface du fruit ou dans le centre d'une très-faible dépression à bords quelque peu inégaux. — OEil : grand, arrondi, ouvert, régulier, rarement bien enfoncé. — Peau : épaisse mais lisse et onctueuse, vert blafard plus ou moins grisâtre, ponctuée et faiblement mouchetée de roux verdâtre, parfois maculée de même autour du pédoncule et parfois aussi, mais rarement, colorée de rose tendre sur le côté frappé par le soleil. — Chair : blanchâtre, fine, odorante, excessivement fondante et juteuse, un peu granuleuse au centre. — Eau: des plus abondantes, très-sucrée, non acidulé, ayant une saveur exquise.
Maturité. — Fin d'octobre ou commencement de novembre, et souvent atteignant le mois de décembre.
Qualité. — Première.
Historique. — Valerius Cordus, botaniste né dans la Hesse électorale et mort à Rome en 1544, fut le premier descripteur de ce fruit, originaire de l'Allemagne. Il le nomme en langue allemande : Speckbirn [Poire de Lard] et le caractérise ainsi, en prenant soin, surtout, d'en justifier la bizarre dénomination :
«La Poire de Lard — dit-il — ventrue à son milieu, s'amincit soudainement près du sommet; elle a trois pouces de haut sur presque autant de large; sa peau, d'un vert pâle, est parsemée de points d'un vert plus foncé; sa chair, douée d'une saveur aussi douce qu'agréable, fond dans la bouche comme y fondrait un morceau de saindoux, qualité qui valut à cette poire son présent nom. Par l'abondance de son eau elle apaise aisément la soif et répand, étant pelée, un suave parfum. Sa maturité arrive au commencement de l'automne. » (Historia stirpium, édition de 1561 , t. Ier, chap. Poirier, n° 2.)
Lorsque cette poire, vers 1650, pénétra chez nous, on traduisit son nom allemand Speckbirn par le mot Oing, synonyme de graisse, en y joignant, pour la mieux caractériser, l'adjectif Petit. Ce qui ressort du passage ci-après, écrit en 1670 par le moine dom Claude Saint-Étienne , dans l'ouvrage duquel j'en rencontre la première mention :
« Petit-Oing gris est rondelet, gros comme Sucrin noir, ou environ, gris meslé d'un clair jaunastre; a la queue longuette et moyenne, ressemble au Girofle d'Esté. Aucuns l'appellent Petit-Micet. Meurit en novembre. Tres-bon. » {Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 66.)
Le mérite de ce fruit l'eut bientôt fait connaître; cependant en 1676 il n'était pas encore très-répandu, car je lis dans un recueil publié cette année-là, l'annonce suivante, assez curieuse pour trouver place ici :
« On vend chez M. de Sèves, à Chilly (Loiret), Poiriers Petit-OÎ7ig gris de toutes façons. » (Triquel, prieur de Saint-Marc, Instructions pour les arbres fruitiers, 1671, chapitre Poirier.)
De l'Orléanais sa culture gagna l'Anjou et s'y généralisa rapidement, paraît-il , puisque la Quintinye disait en 1690 : « Quelques Angevins nomment Bouvart le « Petit-Oin ; et quelques autres, Roussette d'Anjou (t. I, p. 311). » Cent ans plus tard cette variété y jouissait toujours d'une grande vogue, mais un seul nom l'y distinguait, celui de Poire Oin; ainsi que me l'apprend, à la page 24, le Catalogue, assez volumineux déjà, imprimé en 1790 par Pierre Leroy, mon grand-père. Actuellement, et bien à tort, le Petit-Oin est à peu près oublié de nos pépiniéristes.
Observations. — Rappelons brièvement que la poire Parfum d'Hiver, décrite
526 PET [petit oin — tar = petite bla — mar]
ci-dessus (page 497), a été souvent confondue avec le Petit-Oin, en raison du synonyme Bouvart appartenant à chacune de ces deux variétés ; mais la première — voilà ce qu'on ne doit pas oublier — fut dite Bouvart musqué, et la seconde Bouvart des Angevins.
Poire PETIT-OING GRIS. — Synonyme de poire Petit-Oin. Voir ce nom.
Poire PETIT-PAIRMAIN D'ÉTÉ. — Synonyme de poire Petit- Blanquet. Voir ce nom.
Poire PETIT-RATEAU. — - Synonyme de poire Pastorale. Voir ce nom.
Poire PETIT-ROI LOUIS. — Synonyme de poire Petit-Blanquet. Voir ce nom
Poires : PETIT-ROUSSELET, \
I Synonymes de Bousselet de
\ Beims. Voir ce nom.