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Poire PETIT-MUSCAT

Synonymes. — Poires:].. Superbe (Pline, l'an 80 de J.-C, Historia naturalis, livre XV, chapitre xvi ). — 2. De Ghio (Charles Estieime, Serninarium et planlarium fructiferarum prœsertim arborum quœ post hortos conseri soient, 1530 et 1540, p. 68). — 3. MUSQUETTE (Id. ibid.). — 4.MUScatelline (Agostino Gallo, le Vinti giomate dell' agricoltura, et de' piaceri délia villa, 1559-1575, 5e journée, p. 106). — 5. Petite - Muscadelle (Jean Bauhin, Historia plantarum universalis, 1590- 1650, t. I, p. 44, n° 1 ). — 6. Petite -Muscatelline (Olivier de Serres, Théâtre d'agriculture et ménage des champs, édition de 1608, p. 627). — 7. Petite-Musquette a trochets (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 3). — 8. Muscadille (de Bonnefond, le Jardinier français,] 653, p. 93). — 9. Sept-en-Gueule (Id. ibid. ). — 10. Muscadelle (Herman Kooop, Pomologie, 1771, pp. 75 et 137). — H. Petit-Musqué d'Orléans [Id. ibid.). — 12. Sept-en-Bouche (Gouverchel, Traité complet des fruits, 1852, p. 462).

Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : nombreux , légèrement étalés , un peu courts mais bien nourris , à peine géniculés, brun verdâtre fortement violacé, ayant les lenticelles fines, arrondies et clair-semées, les coussinets faiblement accusés. — Yeux : moyens, coniques, aigus, plus ou moins aplatis, trèsrapprochés du bois. — Feuilles : petites, ovales, des plus acuminées , planes ou relevées en gouttière , bordées en partie d'une dentelure très-fine et portées sur un pétiole de grosseur et de longueur moyennes.

Fertilité. — Remarquable.

Culture. — Doué d'une bonne vigueur, ce poirier végète convenablement sur franc ou sur cognassier, développe vite son écusson et prend une forme pyramidale régulière mais toujours un peu basse.

Description du fruit. — Grosseur : très-petite. — Forme : turbinée plus ou moins obtuse, et parfois turbinéearrondie, presque toujours bosselée à la base, auprès de l'œil. — Pédoncule: long ou très-long, grêle et souvent ondulé, légèrement renflé à son point d'attache, implanté à fleur de peau ou continu avec le fruit. — Œil : grand, bien ouvert et très-ressorti , généralement entouré de petites gibbosités. — Peau : jaune -paille quelque peu verdâtre, très-finement ponctuée de marron clair et faiblement nuancée de rose tendre sur le côté de l'insolation. — Chair : blanc jaunâtre, mi-fine, cassante ou mi-cassante, contenant quelques granulations, surtout au-dessous des loges. — Eau: rarement abondante, sucrée, assez acidulé, agréablement musquée.

Maturité. — Derniers jours de juin et commencement de juillet.

Qualité. — Deuxième.

Historique. — De tous les pomologues qui ont étudié le Petit-Muscat, Jean Mayer, directeur des jardins de l'ancien grand-duc de Wurtzbourg (Bavière), est celui dont l'article offre le plus d'intérêt, en raison des nombreux renseignements historiques que sa remarquable érudition lui permit de rassembler sur cette poire connue déjà au premier siècle de l'ère chrétienne. Il s'en occupa dans le troisième volume de la Pomona franconica, publié à Nuremberg en 1801 , et s'appuya d'un passage de Pline, l'illustre naturaliste romain, pour assimiler l'antique poire Superba au fruit ci-dessus figuré. On rencontre en effet, dans le xvie chapitre

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du XV0 livre de YHistoria naturalis de Pline, écrite l'an 80 de Jésus-Christ, la courte description dont voici le sens littéral : « Superbe est le nom de la plus hâtive de nos « poires ; elle n'a qu'un très-petit volume, mais le rachète par cette extrême précoce cité. » Ces lignes, je l'avoue, caractérisent assez bien le Petit-Muscat, pour qu'on puisse les lui appliquer. Au reste, Mayer n'est pas le seul auteur qui l'ait fait; plusieurs de ses devanciers émirent cette opinion, notamment Jacq. Daléchamp (1615), Jean Jonston (1662) et Henri Manger (1783). Jonston a même dit de ce fruit, que les Romains, chose assez probable, le nommèrent sans doute Superba par antiphrase, puisque rien, chez lui, ne justifiait une telle dénomination. Quant à l'extrême précocité qu'ils lui attribuent, Agostino Gallo, l'Olivier de Serres des Italiens, affirmait effectivement en 1559, page 106 des Vinti giornate delï agricoltura, « que les « Péri Moscatelli, ou Poires Petit-Muscat, mûrissaient à la fin de mai. » Et chacun croira facilement qu'on les puisse manger en Italie beaucoup plus tôt que dans notre pays. Cette variété fut décrite pour la première fois, en France, par Charles Estienne, page 68 de son Seminarium, véritable Pomologie dont l'édition originale date de 1530. Il l'appelait Musquette, et ajoutait : « On la nomme aussi, généralece ment, poire de Chio. » D'où l'on peut supposer que ce poirier dut être, jadis, fort commun dans l'île de Chio, appartenant à l'Archipel grec. Le surnom Petit-Musqué d'Orléans, qu'elle porta également chez nous, vers 1700, atteste à son tour l'ancienneté de son existence dans l'Orléanais, où du reste le Lectier, dès 1628, la montrait cultivée sous ce premier nom : « Petite-Musquette à trochets. » [Catalogue, p. 3.) Toutefois Lyon, Montbéliard (Doubs), et même l'Alsace, paraissent l'avoir possédée bien antérieurement à 1600, d'après le passage suivant, traduit de l' Historia plantarum univer salis du docteur Jean Bauhin, originaire d'Amiens, mais qui vécut presque constamment en Suisse et dans la Franche-Comté :

ce Ces poiriers — écrivait-il en 1590 — abondent à Lyon, où leurs fruits sont appelés Poires Muscadeles petites; c'est même de cette ville que Guillaume Rouillé, le célèbre imprimeur, m'en fit parvenir autrefois, à Genève, des scions que je m'empressai d'y greffer; il

en fut également envoyé à Montbéliard Ces poiriers sont aussi cultivés dans l'Alsace, et

principalement à Gebwiller. » (Tome 1, p. 44, n° 1 de l'édition de 1650.)

Ce fut en France que le Petit-Muscat reçut le plus caractéristique de tous ses surnoms : celui de Sept-en-Gueule. Nos pères, qui ne plaçaient pas précisément l'honnêteté dans les mots, le baptisèrent ainsi vers 1650 ; nous le voyons par l'extrait ci-après du Jardinier français, de Bonnefond, édition de 1653, où pour la première fois j'ai rencontré ce synonyme : « Est en maturité fin du mois de juin, et en « juillet, Muscadille ou Sept-en-Gueule. » (Page 93.) De nos jours, en lisant lepomologue Poiteau (1846), on s'aperçoit que la crudité d'un semblable surnom lui parut blessante pour des oreilles du xixe siècle, car il s'écrie : « Le Petit-Muscat porte un « nom de si mauvais goût, qu'il faudrait l'oublier, et que pour cette raison je ne le « répéterai pas ici. » [Pomologie française, 1846, t. III, n° 61.) Pour nous, suivant l'exemple de l'abbé le Berriays (1785), de Calvel (1805), de Lindley (1831), de Decaisne (1863), etc., nous reproduisons sans scrupule aucun ce synonyme, ne nous croyant pas le droit, malgré sa trivialité, de le passer sous silence, lors surtout qu'il court les Pomologies et les Catalogues depuis bientôt trois cents ans.

Poire PETIT-MUSCAT D'AUTOMNE. — Synonyme de Bergamote rouge. Yoir ce

524 PET [petit mus — oin]

Poire PETIT-MUSCAT BATARD. — Synonyme de poire Guenette. Voir ce nom.

Poire PETIT-MUSCAT ROUGE D'ÉTÉ. — Synonyme de poire Aurate. Voir ce

nom.

Poire PETIT-MUSQUÉ. — Synonyme de Bon-Chrétien de Bruxelles. Voir ce nom.

Poire PETIT-MUSQUÉ D'ORLÉANS. — Synonyme de poire Petit-Muscat. Voir ce nom.

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