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Poire de PRETRE

Synonymes. — Poires : 1. Gaillouat de Varennes (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 19 ; — et Bomiefond, le Jardinier français, 1653, p, io3). 2. Caillolet rosat musqué (le Lectier, ibid.). — 3. Caillot rosat d'Hiver (Merlet, l'Abrégé des bons fruits , 1675, p. 101). — 4. De Malthe (Id. ibid.). — 5. Caillot d'Hiver (la Quintinye, Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690-1739, t. I, p. 315). — 6. Caloët (ld. ibid.).— 8. Carmélite (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1858, t. 1er).

Description «Se i'arwre. — Bois:

assez fort. — Rameaux : nombreux, érigés ou légèrement étalés , gros, de longueur moyenne, bien coudés, brun-roux clair et jaunâtre, ayant les lenticelies arrondies, très-apparentes, peu rapprochées, et les coussinets ressortis. — Yeux : volumineux, coniques, pointus, renflés à leur milieu, plus ou moins écartés du bois. — Feuilles : grandes, abondantes, ovalesarrondies ou ovales-allongées, planes ou relevées en gouttière, légèrement acuminées, à bords régulièrement dentés, à pétiole un peu court, épais, rigide et parfois stipulé.

Fertilité. — Satisfaisante.

Culture. — Tout sujet lui convient; croît vite ; les pyramides sont fortes et touffues dès leur deuxième année.

l'écusson

PRÉ 551

Description du frtiit. — Grosseur : au-dessous de la moyenne. — Forme: sphérique, mais quelquefois un peu allongée et rétrécie dans sa partie supérieure. — Pédoncule : court, bien nourri, légèrement renflé à l'attache, rarement arqué, oblique ou vertical, inséré dans une faible cavité. — OEil : grand, très-ouvert, régulier, presque saillant. — Peau : rugueuse, assez épaisse, brun-roux clair, toute parsemée de gros points blanchâtres sur le côté exposé au soleil, mais gris cendré sur l'autre face. — Chair : blanche, mi-fine, cassante, pierreuse au centre. — Eau : rarement abondante, sucrée, acidulé, plus ou moins musquée.

Maturité. — Courant de janvier et se prolongeant jusqu'en mars.

Qualité. — Deuxième, et souvent troisième quand la chair est par trop dépourvue d'eau ; mais première comme fruit à compote.

Historique. — Le Lectier, d'Orléans, est le premier pomologue qui parle de cette poire, connue d'abord, et pendant longtemps, sous les noms de Caillouat, Caillolet, Caillot d'Hiver, venus de sa ressemblance avec les diverses poires de Caillot mûrissant en été. Le Lectier la cultivait dès 1600, et ce fut dans son Catalogue de 1628 qu'il la mentionna, et que même il en indiqua l'origine :

<c Est en maturité — dit-il — es mois de Janvier et Febvrier, la poire Caillolet rozat et musqué, ou Caillouat de Varennes, près Langres. » (Page 19.)

Des bords de la Marne elle se répandit rapidement dans l'Orléanais et l'Ile-de- France, où jusqu'en 1650 environ elle porta seulement les deux noms ci-dessus. Celui qu'aujourd'hui chacun lui donne et qu'elle dût, sans doute, à la couleur brune de sa peau, rappelant assez bien la nuance sombre des vêtements ecclésiastiques, remonte au plus à 1660, car avant dom Claude Saint-Étienne personne n'avait encore cité la poire de Prêtre. Dans la seconde édition du recueil pomologique de cet auteur, publiée en 1670 et la seule que je possède, je rencontre en effet, outre ce nouveau surnom, la description suivante, s'appliquant parfaitement au fruit qui nous occupe :

« Poire de Prestre est ronde, grosse comme Portail, de minime brun marqueté de gris, et vient toute rousse marquetée de gris blanc; a la queue grosse et fort courte. Très-bonne; se mange fin décembre et en janvier. » (Nouvelle instruction "pour connaître les bons fruits, édition de 1670, p. 73.)

Merlet, en 1675, décrivit à son tour, dans son Abrégé des bons fruits (pages 101 et 102), cette même variété, et lui appliqua trois dénominations : « Caillo rozat « d'Hiver, ou Poire de Prêtre, ou de Malthe, » dernier surnom alors commun, pour analogie de forme, à certaines espèces plus précoces, maintenant disparues de la culture. Mais en 1768 ces différents surnoms étaient oubliés, comme on le voit dans le Traité des arbres fruitiers imprimé à cette date par le savant académicien Duhamel, qui n'y fait suivre d'aucun synonyme le nom de la poire de Prêtre.

Observations. — M. Decaisne, professeur de culture au Muséum d'Histoire naturelle, a réuni en 1858, dans le tome Ier de sa remarquable Pomologie, la poire de Prêtre à la variété non moins ancienne appelée Carmélite. Pour nous, en voyant depuis deux siècles nos écrivains horticoles regarder ces variétés comme non identiques, nous acceptons leur opinion. Elle nous semble même d'autant mieux fondée, que la poire Carmélite, figurée par Mayer en 1801 (n° 138, planche eu du tome III de la Pomona franconica) , est à long et mince pédoncule, à peau jaune grisâtre, ponctuée, striée de fauve et largement nuancée de rouge sombre sur le côté de l'insolation ; tous caractères fort opposés à ceux qui distinguent le faciès de la poire de Prêtre.

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Poire PREUL. — Synonyme de poire Passe-Colmar. Voir ce nom.

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