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Poire PRINCE ALBERT

Description de l'arbre. —

Bois : fort. — Rameaux : nombreux, étalés vers la base, érigés près du sommet, gros et longs, flexueux, jaune verdâtre nuancé de brun clair, ayant les lenticelles petites et bien espacées, les coussinets très-accusés.

— Yeux : assez volumineux, ovoïdesarrondis, légèrement écartés du bois mais quelquefois , cependant , ressortis en éperon. — Feuilles : petites ou moyennes , ovales ou ovales allongées , dentées régulièrement en scie, à pétiole long et fort.

Culture. — La vigueur de ce poirier est ordinaire et le développement de l'écusson , très-tardif ; on le greffe sur franc et sur cognassier ; la forme et la force de ses pyramides sont des plus satisfaisantes.

Description du fruit. —

Grosseur : moyenne. — Forme :

conique, obtuse et irrégulière, souvent contournée et habituellement beaucoup moins grosse d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : long, mince à son milieu, renflé à ses extrémités, arqué, charnu à la base, obliquement implanté à fleur de peau et généralement en dehors de l'axe du fruit. — OEil : moyen, ouvert, placé dans un large bassin rarement bien profond. — Peau : verdâtre, parsemée de stries et de points fauves, lavée de roux autour du pédoncule. — Chair : blanche, mi-fine et mi-cassante, pierreuse et légèrement marcescente. — Eau : abondante, sucrée, aromatique, assez savoureuse.

Maturité. — Commencement de novembre et courant de décembre.

Qualité. — Deuxième.

Historique. — C'est à Louvain (Belgique) que fut semé le pied-type de cette variété ; M. Bivort, son propagateur, en constatait ainsi l'origine en 1853 :

« J'ai découvert cette poire parmi les semis retardataires de la huitième génération de Van Mons; elle a été dégustée pour la première fois en 1848, mais le désir d'acquérir une complète certitude quant à sa tardivité, m'engagea à ne la faire connaître au public horticole qu'en 1852. C'est sur la demande de M. Thomas Rivers, pomologue à Sawbridgeworth (Angleterre), qu'on lui a donné le nom de Prince Albert. » [Annales de pomologie belge et étrangère, 1853, t. I, p. 73.)

L'introduction de ce fruit dans les jardins français eut lieu dès 1854 ; pour moi,

554 PRI [prince alb — bip]

je commençai à la répandre en 1856, comme l'indique mon Catalogue anglais de cette époque (p. 49, n° 568). Le prince Albert de Saxe-Cobourg, qui mourut au château de Windsor le 11 décembre 1861, était né à Rosenau (Hongrie) le 26 août 1819 et avait épousé le 10 février 1840 Victoria, reine d'Angleterre.

Observations. — Malgré l'extrême tardiveté — le mois de mars — qu'en Belgique on accorde à cette poire, je ne lui ai jamais vu, chez moi, dépasser la mi -décembre. J'ajoute, quant aux rares « et excellentes qualités » qu'on lui prête, qu'elle est à peine de deuxième ordre. Et en cela je suis d'accord avec notre Congrès pomologique, qui disait en 1865 : « Depuis qu'on cultive en France la « poire Prince Albert, on ne lui a pas encore trouvé toutes les précieuses qualités « décrites par la Commission royale de Pomologie Belge. » (Pomologie de la France, t. III, n° 141.)

Poire de PRINCE D'AUTOMNE. — Synonyme de poire d'Amiral. Voir ce nom.

Poire de PRINCE D'ÉTÉ. — Synonyme de poire Chair-à-Dame. Voir ce nom.

Poire PRINCE GERMAIN. — Synonyme de poire Bonne-Louise d'Avranches. Voir ce nom.

Poire de PRINCE D'HIVER. — Synonyme de poire Certeau d'Hiver. Voir ce nom.

Poire PRINCE IMPÉRIAL FERDINAND D'AUTRICHE. — Synonyme de Beurré d'Arenberg (ou poire Goulu-Morceau). Voir ce nom.

Nota. — Lorsqu'en 1867 je décrivis le Beurré d'Arenberg (t. Ier, pp. 301-303), j'ignorais complètement que le poirier Prince Impérial Ferdinand d'Autriche — greffé chez moi en 1860 — dût lui être réuni. Aujourd'hui, un ouvrage depuis peu dans ma bibliothèque, Y Illustrirtes Handbuch der Obstkunde, me le montrant cité par le pomologue allemand Jahn comme synonyme de ce Beurré (1860, t. II, p. 169, n° 73), j'ai comparativement étudié, arbres et fruits, ces deux poiriers, et me suis convaincu de leur entière identité. Du reste, mes notes historiques sur la poire Prince Impérial d'Autriche me laissaient la certitude qu'on lui avait fait subir un second baptême, seulement je n'avais pu découvrir encore son nom primitif. Voici effectivement ce qu'en 1821 son deuxième parrain, le docteur Diel, de Stuttgardt, publia sur cette fausse variété :

« Ce poirier doit provenir de la Normandie, d'où il aurait été apporté [vers 1810] à Coblentz par le préfet comte Lezay-Marnésia. Il y fut cultivé sans nom jusqu'à l'époque [probablement en 1813, lors de l'invasion des Alliés] où l'archiduc Ferdinand d'Autriche honora de sa visite le jardin fruitier du baron Von Mascon, circonstance qui m'engagea à lui donner le nom du prince. » (Vorz. Kemobsisortcn, 1821, p. 217.)

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