Poire SUCRÉ-VERT
Synonymes. — Poires : 1. Sucrée-Verte (Jean Bauhin, Historia plantarum universalis, 1598-1G50, t. I, p. 54, n° 56). — 2. Blanquet d'Automne (Herman Knoop, Pomologie, 1771, pp. 79 et 138). — 3. Saint-Nicolas d'Automne (M. ibid.). — 4. Sucré- Vert du Ham (Sickler, Teutsch. Obstgârtner, 1797, t. VII, p. 15; — et Biedenfeld, Handbuch aller bekannten Obstsorten, 1854, p. 74).— 5. Sucré-Vert d'Automne (Langethal, Deutsches Obstcabinet, 1858, 9e cahier). — 6. Triomphe de la Pomologie (d'Adrien Papeleu, de Gaud; signalé par André Leroy, Catalogue descriptif et raisonné des arbres fruitiers et d'ornement, 1860, p. 38, n° 500). — 7. Bayonnaise ( Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1860, t. III). — 8. Satin- Vert d'Automne {Id. ibid.).— 9. Verdette d'Automne (Id. ibid.).
Premier Type.
— Bois : fort. — Rameaux : peu nombreux, généralement étalés, gros et assez courts, géniculés , très - cotonneux , brun - fauve nuancé de vert, aux lenticelles fines et clair-semées , aux coussinets presque nuls. — Yeux :
des plus petits, complètement plats, collés contre le bois. — Feuilles : très - grandes, jamais abondantes , ovales - allongées , duveteuses, canaliculées et contournées, ayant le pétiole bien nourri, de longueur moyenne.
Fertilité. — Remarquable.
Culture. — Sa vigueur est ordinaire; il pousse d'une façon satisfaisante sur toute espèce de sujet et développe assez vite son écusson ; dans leur troisième année ses pyramides sont fort convenables.
Description du fruit.
— Grosseur : au-dessus de la ^moyenne et souvent moins volumineuse. — Forme : turbinée légèrement obtuse et allongée, ou ovoïde raccourcie et quelque peu cylindrique. — Pédoncule : de longueur moyenne, rarement bien arqué, mince à son milieu, renflé à ses extrémités, oblique ou vertical, implanté
SUC [sucré- ver]
Poire Sucré-Vert. — Deuxième Type.
à fleur de fruit. — Peau : luisante, vert-pré un peu blanchâtre sur le côté de l'ombre, toute parsemée de petits points gris-roux et souvent maculée de même autour du pédoncule. — Chair ; blanc verdàtre, mi-fine, fondante, juteuse, contenant quelques pierres auprès des loges.
— F au : abondante, très-sucrée, douce et faiblement parfumée.
Maturité. — Courant d'octobre et se prolongeant jusqu'aux derniers jours de novembre.
Qualité. — Deuxième.
Historique. — J'ai trouvé l'origine de ce poirier minutieusement consignée dans YHistoria plantarum universalis du docteur Jean Bauhin , d'Amiens , mort en 1613 à Montbéliard ( Doubs ) , qu'il habita longtemps comme médecin du duc de Wurtemberg , dont c'était l'une des résidences :
« Les poires Sucrées Verdes [Saccharina Viridta] — écrivait vers 1598 ce botaniste — proviennent de Barmont, château situé sur les confins de la Bourgogne. J'ai fait prendre là des rameaux de cette espèce, et veillé à ce qu'on les greffât avec soin, particulièrement à
Montbéliard, dans le jardin de Son Excellence le duc de "Wurtemberg. » (Tome* Ier, édition
de 1650, p. 54, 2e colonne.)
Ce fruit ne resta pas longtemps localisé dans la Bourgogne ; on le connaissait parfaitement à Paris dès 1670; témoin la description suivante, qu'alors y publia dom Claude Saint-Étienne :
« Le Sucré Verd semble Bergamote, mais pas si ronde, d'un vert clair, marqueté de fort petites marques, a la queue courte et moyenne. Excellent. » (Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 56.)
Cette variété, qui tire son nom de sa qualité principale, puis de la couleur de sa peau, est encore assez recherchée de nos jardiniers, dont beaucoup l'utilisent pour l'approvisionnement des halles ; ce à quoi la rend très-propre sa grande fertilité. Le nom Poire Sucrée fut jadis fort prodigué; à tel point, dit le pomologue allemand Mayer, « que Manger en cite une trentaine dans sa table ; Merlet, huit; Knoop, dix, « et Zink, six ; mais un examen attentif montre qu'ils ont ainsi appelé nombre de « poires douces déjà répandues sous d'autres dénominations, comme les Blanquet, « Ognonnet, Suprême, Oranges, Muscats, etc., etc. » [Pomona franconica, 1776- 1801, t. III, p. 201.)'
Observations. — En 1852 feu Papeleu, pépiniériste à Ledeberg, près Gand (Belgique), me fournit une prétendue nouveauté appelée Poire Triomphe de la Pomologie. C'était le Sucré- Vert ; mais je fus, malheureusement, six ou sept ans avant de le pouvoir reconnaître. — Il existe un poirier Sucré-Vert de Provence, décrit en 1868 par M. le professeur Decaisne et dont les produits, assez bons, mûrissent au mois d'août. Je mentionne cette variété pour constater qu'elle n'est nullement identique avec celle que nous venons d'étudier. On ne la rencontre pas
SUC [sucré-vert aut — hoy]
dans les pépinières, et tout conseille d'attendre encore avant de l'y -introduire, car le savant botaniste qui l'a signalée paraît en suspecter beaucoup l'originalité :
« Elle a été envoyée — dit- il — au Muséum en 1860 par M. Honnorat, officier d'administration à Aix en Provence, sous le nom de Poire Sucré-Vert, dont elle diffère par l'époque de sa maturité, le port et la forme du feuillage, etc. ; elle se rapproche par quelques caractères extérieurs de la poire d'Ange, mais elle n'est pas musquée. » (Jardin fruitier du Muséum, 1868, t. VIL)
Poires : SUCRÉ-VERT D'AUTOMNE,