‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 655 sur 742 · Poire SURPASSE-CRASSANE · texte numérisé non relu

Poire SURPASSE-CRASSANE

Description de l'arbre. —

Bois : assez faible. — Rameaux : nombreux, légèrement étalés, de grosseur et de longueur moyennes, coudés, vert jaunâtre nuancé de brun, ayant les lenticelles peu larges, clair-semées , les coussinets ressortis et de courts mérithalles.

— Yeux: moyens, coniques, lavés de gris, plus ou moins aigus et généralement placés en éperon. — Feuilles : assez grandes , ovales , bien acuminées, planes ou relevées en gouttière, à bords faiblement denticulés, à pétiole long, mince et courtement stipulé.

Fertilité. — Ordinaire.

Culture. — Modérément vigoureux, il préfère le franc au cognassier, quoique pourtant il réussisse passablement sur ce dernier sujet ; la croissance de l'écusson est lente ; les pyramides sont régulières mais un peu basses.

Description du fruit. — Grosseur: moyenne et parfois moins volumineuse. — - Forme : globuleuse ou turbinée très-arrondie, plate à la base, mamelonnée au

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sommet. — Pédoncule : de grosseur et de longueur moyennes, arqué, souvent renflé à ses extrémités et particulièrement à l'inférieure , placé de côté dans une large cavité de profondeur variable. — Œil: petit ou moyen, très-ouvert, à peine enfoncé, uni sur ses bords. — Peau : quelque peu rugueuse , jaune olivâtre foncé, finement et abondamment ponctuée de gris-roux, tachetée de même, légèrement lavée de brun clair autour de l'œil et du pédoncule, et quelquefois nuancée de rouge sombre sur la partie frappée par le soleil. — Chair : blanchâtre , fine , juteuse, fondante, contenant au centre quelques fortes granulations. — Eau : abondante, très-sucrée, bien parfumée, douée d'un aigrelet des plus agréables.

Maturité. — Fin d'octobre ou commencement de novembre, et se conservant jusqu'en décembre.

Qualité. — Première.

Historique. — Des divers renseignements que j'ai recueillis sur l'origine de cette variété, il résulte qu'elle sort des semis du professeur Van Mons. Il l'obtint de 1819 à 1822, dans sa pépinière deLouvain (Belgique) , et l'inscrivit en 1823 parmi les poiriers de son Catalogue, sous le n° 310 et le nom Surpasse-Crassane, qui réellement n'a rien d'exagéré, car notre vieille Bergamote Crassane est trop souvent de deuxième qualité, dans les terres argilo-schisteuses, pour l'emporter sur ce gain moderne.

Observations. — Nous avons décrit ci-dessus (p. 505) la Passe-Crassane, obtenue en 1855 par M. Boisbunel, pépiniériste à Rouen. C'est un excellent fruit mais qui possède un de ces noms qu'on devrait éviter d'introduire dans la culture, où ils sont la source de nombreuses erreurs. Comment, en effet, ne pas aisément croire identiques deux poiriers dont l'un se nomme Surpasse-Crassane et l'autre Passe-Crassane?... L'intérêt même de l'arboriculteur lui commande de ne jamais adopter de semblables dénominations.

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