URB
— Peau : onctueuse, jaune vif nuancé de vert pâle , amplement et irrégulièrement parsemée de points et de marbrures fauves , maculée de même autour du pédoncule et très-rarement rougeâtre sur la face qui regarde le soleil. — Chair :
. TT . . . blanc iaunâtre , aqueuse ,
Poire des Urbanistes. , , « . ? i
des plus fines et des plus
fondantes, presque exempte de pierres. — Eau : excessivement abondante , trèssucrée, acidulée, ayant un parfum aussi savoureux que prononcé.
Maturité. — Fin de septembre et courant d'octobre.
Qualité. — Première.
Historique. — C'est à la pomone belge qu'appartient le poirier des Urbanistes, un des plus méritants parmi les variétés d'automne. Trèsconnu dans son pays natal depuis quatre-vingts ans, il y a donné lieu néanmoins à de singulières erreurs , aux plus surprenants baptêmes... Ainsi successivement, de 1834 à 1850, il nous est arrivé de Belgique sous les pseudonymes suivants , tous gratifiés, bien entendu , d'un état civil complet : Coloma d'Automne, Beurré Piquery , Urbanisas Seedling , Beurré Drapiez , Louis Dupont; et peut-être devrions-nous ajouter Louise d'Orléans, car le Congrès pomologique de France et les principaux arboriculteurs allemands affirment que la variété de ce nom , répandue par les Belges, ne diffère en rien de celle ici décrite. J'ai précisé plus haut, au mot Louise d'Orléans (page 361), les motifs qui m'empêchent encore de me prononcer sur l'identité de cette poire, inutile alors de me répéter. Mais l'âge et l'origine du poirier des Urbanistes ont été mal déterminés, aussi, par ses premiers propagateurs. Van Mons lui-même présente à cet égard deux versions très-contradictoires. En 1847 M. Bivort lui fit dire :
« L'Urbaniste a été obtenue, il y a environ vingt-buit ans, par feu M. le comte de Coloma, à Matines, d'wi semis par lui fait au jardin des religieuses Urbanistes, supprimées en 1783, et dont M. de Coloma avait fait l'acquisition. C'est du lieu où elle a été procréée que son nom d'Urbaniste lui est venu. » {Album de pomologie, t. I, n° 43.)
M. Bivort n'indiquant pas la source où il a puisé ce texte, je ne saurais le vérifier ni connaître à quelle date il remonte; chose essentielle, cependant, son auteur déclarant qu'à l'époque où il le publiait, vingt-huit ans déjà s'étaient écoulés depuis que Coloma avait gagné de semis la poire des Urbanistes.... Heureusement qu'à ce passage j'en vais opposer un, de Yan Mons également, et tiré des Arbres fruitiers, son principal ouvrage :
« Dans les environs de Mons — écrivait en 1835 cet éminent professeur — une culture
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abandonnée, où des francs de poirier avaient eu tout le temps de se semer et resemer euxmêmes, avait produit, en une succession d'années, quelques fruits de première perfection
Aux deux suppressions des ordres religieux en Belgique, des jardins laissés longtemps sans culture ont dû offrir des résultats pareils.... Le jardin des Riches-Claires [ou Urbanistes ], de Malines, a fourni les bo?is fruits dont M. le comte de Coloma a enrichi le domaine de Pomone. Le premier gagné, fut l'Urbaniste. La beauté du sauvageon qui l'a fourni, fut d'abord remarquée par M. Stoffels, ami du comte. M. de Coloma fut en possession de ce jardin en 1786, immédiatement après la suppression de l'ordre.... Dès 1788 il y fit des semis, dont sont provenues d'autres bonnes sortes.... » (Tome I, pp. 178-179.)
Quand on a lu ces lignes, on voit que Van Mous ne parle plus là comme dans l'Album de M. Bivort. Il établit formellement, au contraire, que le poirier des Urbanistes ne sort pas des semis du comte Coloma, mais poussa spontanément, avant 1785, dans le verger acquis en 1786 par ce dernier, auquel, peu après, il donna ses premiers fruits. Et j'ai voulu le démontrer pièces en main , afin de ramener à une seule date, s'il se peut, les actes de naissance, rien moins que concordants, délivrés jusqu'alors à cette précieuse variété, abondamment répandue dans tous les pays. Elle existe en Allemagne depuis une soixantaine d'années; Diel l'y décrivit en 1816 [Kernobstsorten , p. 65) ; ce ne fut que beaucoup plus tard, en 1825 , que nos jardiniers la possédèrent.
Observations. — Le Beurré Coloma, caractérisé au tome Ier (pp. 339-340), pourrait être confondu avec la poire des Urbanistes, car ils ont' eu jadis le même surnom : Coloma d'Automne. Pareille méprise serait toutefois de courte durée, vu la différence marquée qui les sépare, et pour la forme et pour la qualité. — Voici cinq noms donnés à tort, ces derniers temps, comme synonymes de l'Urbaniste Beurré Gens, Beurré fûiox, Bois-Napoléon, Louise de Prusse et William Prince ce sont là des variétés spéciales, et que l'on peut étudier dans cet ouvrage, aussi nous dispensons-nous de toute autre explication. — Beurré d'Argenson, autre faux synonyme de l'Urbaniste, se rapporte uniquement au Passe-Colmar.
Poire URBANIST'S SEEDLING. — Synonyme de poire des Urbanistes. Voir ce nom.
Poire UVEDALE'S SAINT-GERMAIN. — Synonyme de poire Tonneau. Voir ce nom.