VAL
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Poire de Vallée. — Deuxième Type.
ovoïde assez écrasée et moins grosse d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : long ou très-long, un peu grêle, renflé à son point d'attache, recourbé, souvent contourné, implanté obliquement à la surface du fruit ou dans une petite cavité
dont l'un des bords est mamelonné. — Œil : grand, arrondi, ouvert ou mi-clos, presque saillant, souvent même complètement sorti.
— Peau : jaune d'ocre , nuancée de vert pâle sur la face exposée à l'ombre, toute parsemée de larges points roussâtres et tachée de même autour du pédoncule. — Chair : cassante et croquante, blanche, mi-fine, juteuse, contenant quelques pierres au-dessous des loges.
— Eau ; abondante, sucrée, acidulée, un peu musquée, assez agréable, quoique parfois trop astringente.
Maturité. — Fin d'août et commencement de septembre.
Qualité. — Deuxième.
Historique. — Le poirier de Vallée me paraît originaire de la Seine-Inférieure , qui compte plusieurs localités de ce nom. Toujours est-il qu'on l'y voyait avant 4390, et qu'en 4405, notamment, on le cultivait à Elbeuf et aux alentours de cette ville. Le savant archiviste de la préfecture de Rouen, M. Charles de Robillard, nous l'apprenait en 1865 , aux pages 54 et 56 de son remarquable ouvrage sur Y État des campagnes de la haute Normandie dans les derniers temps du moyen âge. De ce point de la France il gagna vite les environs de la capitale ; en 1864 M. le professeur Decaisne disait effectivement : «On en rencontre, « dans presque tous les villages des environs de Paris , des arbres séculaires d'une « grande fertilité et dont les produits alimentent nos marchés pendant plusieurs « semaines. » [Jardin fruitier du Muséum, t. IV.) Du reste Claude Mollet, qui sous Henri IV et Louis XIII fut intendant des jardins royaux, non-seulement cultivait déjà ce poirier, mais encore le recommandait en son Théâtre des jardinages : « Il « porte — écrivait-il — son fruict beau et bon et en grande quantité ; vous le « pouvez planter dans vcs vergers, c'est un fort bon arbre. » (Page 36.) Il eût pu ajouter que ce fut sans doute parce qu'au moyen âge les populations normandes trouvaient ses fruits vraiment bons, qu'elles les surnommèrent poires de Liquet, des anciens termes liqueux, liguée, signifiant encore, en patois du pays : gourmand, gourmandise. Le poirier de Vallée est un des plus convenables pour le plein vent et se trouve assez communément chez nos pépiniéristes. Il décore parfaitement un jardin ou un verger, en raison surtout de l'énorme développement dont il est susceptible, greffé sur franc. Témoin celui qu'en 1808 signalait de Launay, dans YAlmanach du bon jardinier; « On peut, à Paris, en voir un très -considérable — « disait-il — chez M. Gabriel Thouin , architecte-paysagiste près le Jardin des « Plantes ; il y a établi un escalier rustique qui conduit à un vide-bouteille fort « grand et entouré du feuillage de cet arbre. » (Page 130.)