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Poire VERTE-LONGUE PANACHÉE

Synonymes. — Poires : 1. Panachée (Merlet, l'Abrégé des bons fruits, édition de 1690, p. 74). — 2. Verte-Longue suisse (7c?. ibid.). — 3. Brodée (Henri Hessen, Gartenlust , 1690, p. 277). — 4. Marbrés {Id. ibid., p. 286). — 5. De Suisse (Id. ibid., p. 277).— 6. Verte-Suisse (Etienne Calvel, Traité complet sur les pépinières, 1805, t. Il, p. 315-316, n° 56). — 7. Culotte de Suisse (de Launay, le Bon- Jardinier, 1808, p. 134). — 8. Bardée (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1861, t. IV).

description de l'arbre. — Bois : très -fort. — Rameaux : nombreux, étalés et très-arqués, longs et des plus gros, habituellement peu flexueux, jaune-orange panaché de vert foncé, ayant les lenticelles larges, excessivement abondantes et les coussinets presque nuls. — Yeux : assez volumineux, ovoïdes, aigus, écartés du bois , souvent même sortis en courts éperons et généralement pourvus de petits yeux stipulaires. — Feuilles : grandes , d'un joli vert luisant quelquefois panaché de jaune, ovales -arrondies, légèrement contournées sur elles-mêmes, à bords irrégulièrement denticulés, à pétiole court et de moyenne grosseur.

Fertilité. — Extrême.

Culture. — Des plus vigoureux , tout sujet lui convient , et surtout le cognassier; le développement de l'écusson est très- vif; les pyramides sont fortes, mais peu régulières.

Description du fruit. — Voir au numéro précédent la description de la Verte -Longue d'Automne, espèce dont le présent fruit diffère seulement par les panachures jaunes et plus ou moins rosées de la peau.

Historique. — Henri Manger, le pomologue allemand dont nous avons parlé ci-dessus, à propos de la Verte-Longue d'Automne, que Pline, disait-il, connut sous

le nom Pirum Viridium , quand il ne l'a , précisément , jamais mentionnée , Henri Manger crut également contemporaine des Romains, la Verte-Longue panachée. Elle serait, selon lui, la Pirum Barbaricum de Pline (1783, Systemati&che Pomologie, p. 173). Je cite cette opinion, parce qu'on l'a reproduite, mais ne puis comprendre qu'on l'ait émise, lorsqu'il est constant que rien, dans Pline, ne la justifie. Ce naturaliste, au contraire, avoue ne posséder aucun renseignement sur la poire Barbarique , dont il ne fait qu'enregistrer le nom. (Voir notre t. Ier , p. 39. ) En raison de ses plus anciennes dénominations, cet arbre panaché me paraît sorti de la Suisse. Avant 1685 on l'appelait communément Poirier de Suisse. Henri Hessen, dans son Gartenlust (1690), le nomme ainsi (pp. 277 et 286), etMerlet, qui le premier l'a rencontré chez nous en 1689, montre qu'il y portait à peu près ce même nom :

« La Verte-longue Suisse, ou Panachée — dit-il en 1690 — j'en ay fait la découverte l'année dernière à Baudeville, où ce Fruit a esté trouvé aussi excellent que rare. » (L'Abrégé des bons fruits, 3e édition, p. 74.)

Merîet n'indique pas la situation du Baudeville o'ù l'on cultivait déjà ce poirier, en 1689; mais comme la famille de notre vieux gentilhomme-pomologue habitait les environs de Carentan , dans la basse Normandie , on peut supposer qu'il s'agit ici du hameau jadis appelé Baudville , lequel relevait précisément de l'élection de Carentan (Manche). C'est du reste la seule localité de nos anciens Dictionnaires géographiques dont le nom soit, à une lettre près, conforme à celui cité par Merlet.

Observations. — La Bergamote d'Automne panachée, ou Bergamote Suisse, décrite pages 225-226 de notre premier volume, et qui se trouvait en France avant 1675 , ne saurait être confondue avec la Verte-Longue panachée, dite également Verte-Longue Suisse : ces fruits n'ont de commun que le mot qui, dans leur nom, semble préciser leur origine. — En 1628 le Lectier , d'Orléans , mentionna « Des Poires Suisses à bandes rouges, vertes et jaunes, mûres en janvier et « février. » (Catalogue des arbres de son verger et plant, p. 20.) Cette maturité tardive défendant de les rattacher à l'une ou à l'autre des deux poires d'automne panachées dont je viens de parler, je ne puis que rapporter ce passage; plus tard, peut-être sera-t-il utilisé.

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