‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 97 sur 742 · Poire DUCHESSE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

Poire DUCHESSE DE BORDEAUX

Synonyme. — Poire Beurré Perrault (Comice horticole de Maine-et-Loire, Bulletins, 1861, p. 209 ).

Description de l'arbre. — Bois : fort. — Bameaux : assez nombreux, érigés près du sommet de la tige , étalés à sa base , très-gros , longs , coudés , vert grisâtre, finement et abondamment ponctués, aux coussinets bien prononcés. — Yeux : des plus volumineux, ovoïdes, généralement un peu aigus, très-écartés du bois. — Feuilles : grandes, elliptiques -allongées, assez profondément dentées, ayant le pétiole de longueur moyenne mais roide et épais.

Fertilité. — Satisfaisante et constante.

DUC [duchesse bor]

Culture. — Vigoureux quoique d'un développement tardif, ce poirier pousse non moins bien sur cognassier que sur franc et fait de superbes pyramides.

Poire Duchesse de Bordeaux.

Description du fruit.

— Grosseur : généralement audessus de la moyenne. — Forme : irrégulièrement ovoïde, à surface bosselée et presque toujours plus ventrue d'un côté que de l'autre. — Pédoncule :

assez long, gros, arqué, renflé et très-charnu à la base, terminé parfois en bourrelet, perpendiculairement inséré dans une large cavité en entonnoir.

— Œil : grand , mi-clos , mal formé, faiblement enfoncé. — Peau : jaune clair, finement ponctuée de roux, marbrée de même et maculée de brunfauve autour du pédoncule. — Chair : blanche, demi -fine, juteuse , fondante , exempte de granulations. — Eau : des plus abondantes , rafraîchissante , sucrée , acidulé , douée d'une saveur exquise rappelant le parfum de la rose.

Maturité. — Courant de décembre, mais se prolongeant jusqu'en février et même jusqu'en mars.

Qualité. — Première.

Historique. — Vers 1850 M. Sécher, propriétaire à la Gohardière, commune de Montjean (Maine-et-Loire), achetait de M. Perrault, jardinier à Montrevault, un certain nombre de pommiers et de poiriers sauvageons, puis les plantait dans son jardin avec l'intention , dans la suite, de les greffer sur place; mais diverses circonstances l'en ayant empêché, il les abandonna à eux-mêmes. Dix ans s'écoulèrent, après lesquels l'un des poiriers se mit à fruit et produisit l'excellente poire décrite ci-dessus. La trouvant exquise, M. Sécher la fit goûter à plusieurs personnes, notamment à MM. Perrault et Baptiste Desportes. Toutefois, ne voulant spéculer en rien sur cette nouvelle variété, il en offrit obligeamment, à ces deux Messieurs, des rameaux et des fruits. Ayant aussi envoyé de ces derniers, par l'intermédiaire de M. l'abbé de Beaumont, au Comice horticole d'Angers, on les y dégusta dans la séance du 6 février 1859, et le Bureau les déclara très-méritants. Quant à les nommer, aucun membre ne le proposa (voir Bulletins de 1859, p. 73). Deux ans plus tard M. Perrault, qui avait obtenu de la générosité de M. Sécher, dont il taillait les arbres, tous les rameaux disponibles du pied-mère pour les multiplier chez lui, rappela au Comice, dans la séance du 4 août 1861, la présentation

DUC [duchesse bra1

antérieurement faite de cette poire, par M. Sécher, puis se crut fondé à en réclamer la propriété , ainsi qu'à la nommer Beurré Perrault ; et le Comice prit acte de sa demande, on le constate à la page 209 des Bulletins de ladite année. Mais nous, qui tenions également cette variété du véritable, du seul propriétaire de l'arbre-type, de M. Sécher, qui en la donnant à M. Baptiste Desportes lui avait imposé l'obligation de ne la propager que sous le nom de poire Duchesse de Bordeaux, nous dûmes, on le conçoit, respecter scrupuleusement la volonté de son possesseur. Yoilà pourquoi nous la répandîmes et continuerons de la répandre sous cette dénomination. Du reste , la lettre suivante va confirmer ces faits et clore l'historique de ce fruit :

« Montjean, 21 décembre 1861.

« Monsieur André Leroy,

« J'ai lu avec le plus vif intérêt votre historique du poirier sauvageon qui est dans mon jardin, et auquel j'ai donné effectivement le nom de DUCHESSE DE BORDEAUX.

« Je déclare que tout dans ce récit est bien l'exacte vérité,, et que c'est sous ce nom, et uniquement sous ce nom, que je désire que cette poire soit propagée et répandue.

« J'ai l'honneur, etc

« Signé : A.' SECHER. »

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