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CRAMPE. On appelle ainsi la contraction involontaire d’un ou de plusieurs muscles : elle est ordinairement produite par une fausse position des membres, par leur défaut d’appui, par la compression des nerfs qui s’y rendent, par une extension forcée des muscles. Il suffit d'âne pour détruire cet accident momentané de donner aux membres un appui convenable et de faire cesser la compression. La crampe des cuisses et des jambes survient fréquemment quand on est assis sur un siège dur, ou qu’on a les jambes croisées sur les genoux, parce qu’ alors le grand nerf sciatique qui se distribue dans ces membres est froissé , comprimé, tiraillé. Une meilleure position rétablit les choses dans leur état naturel. La même chose arrive aux bras lorsqu’on les élève, et que l’aisselle est appuyée contre un corps dur, ou qu’elle est serrée par un vêtement trop étroit; parce que les troncs des nerfs du bras se rencontrent tous sous l’aisselle. Il suffit d’en connaître la, cause pour la faire cesser aussitôt.
Il est des personnes qui sont très-sujettes aux crampes des mollets, surtout lorsqu’elles sont couchées dans leur lit. Ces crampes des mollets sont ordinairement fort douloureuses lorsqu’elles surviennent dans le lit ; il faut alors se lever pour poser les pieds bien à plat sur le parquet, ce qui les fait cesser presque aussitôt.
Les personnes qui sont sujettes aux crampes des mollets ne doivent pas s’exposer à nager dans des eaux profondes , parce que la crampe les saisit très-facilement en nageant, ce qui peut les exposer au danger de la submersion, ainsi que le prouvent de nombreux exemples.
La crampe est quelquefois produite par d’autres causes que celles que nous avons énumérées ; elle peut dépendre d’un état particulier du cerveau et du reste de système nerveux; mais alors elle doit, être mise au rang de convulsions. ( Y. ce mot. )
CRAMPE D’ESTOMAC. Nom impropre par lequel on désigne certaines douleurs , certains tiraillemens d’estomac sans accompagnement de fièvre : il en est question ailleurs sous le nom de cardialgie. ( Y. ce mot. )
CROUP. ( V. Angine des enfàns. )
CROUTES LAITEUSES. Ce sont des écailles jaunâtres qui se développent chez les nouveaux-nés ; ces croûtes occupent la peau de la tête, et s’étendent quelquefois au front, aux sourcils et jusqu’aux oreilles.
Cette affection est de peu d’importance, et disparaît ordinairement d’elle-même par les soins de propreté. Il suffit donc de
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laver ces parties avec un peu d’eau de guimauve ou d’eau tiède*
CRYSTALLINE. Cette maladie, que nous osons à peine nommer, et qui résulte ordinairement d’un commerce contre nature, se manifeste par l’éruption de pustules remplies d’un liquide transparent autour de l’anus : ces pustules sont souvent suivies de l’ulcération des parties sur lesquelles elles siègent. Elles exigent le même traitement que les autres espèces d’affections syphilitiques. ( V. Syphilis. ) .
CYSTITE. Inflammation de la vessie que l’on peut très-facilement reconnaître aux signes suivans : on éprouve une douleur continuelle, brûlante, lancinante , quelquefois atroce vers la région de la vessie; cette douleur s’étend aux lombes, au périnée, à la verge, à l’anus. Il y a fièvre, nausées, vomissement. Dans le commencement de la maladie^ on éprouve de fréquentes envies d’üriner; à mesure que l’inflammation fait des progrès, rémission des urines devient difficile , douloureuse, souvent même impossible, et leur accumulation dans la vessie produit une élévation dans le bas-ventre, sensible et très-douloureuse au toucher.
Les causes de la cystite ou inflammation de la vessie sont en général toutes les causes, des inflammations ordinaires, plus celles qui agissent particulièrement sur cet organe. De cette nature sont : la rétention trop prolongée desprines dont la présence peut devenir. une cause irritante; les exercices violens; les efforts pour soulever un fardeau lourd ; les marches forcées ; les boissons spiritueuses; les coups; les chutes sur la région de la vessie; les calculs qui s’y forment; les corps étrangers qui y sont introduits, etc. ; l’usage des cantharides , même à petites doses, est une cause assez fréquente de cette maladie. Les hommes débauchés qui cherchent à s’exciter par l’emploi de ce moyeirpaient souvent bien cher leur criminelle imprudence. Les cantharides exercent une telle action sur la vessie, qu’un vésicatoire placé dans son voisinage , par exemple vers le bas du dos , vers le haut des cuisses, peut quelquefois l’enflammer , et qu’il est dangereux de l’appliquer sur ces parties , à moins qu’il n’entre pas de cantharides dans sa composition. On a vu les cantharides , administrées à l’intérieur contre la paralysie de la vessie, produire une inflammation violente de cet organe , dont la terminaison est souvent funeste.
Le traitement de l’inflammation de la vessie doit être prompt et proportionné à la violence du mal, parce qu’elle fait des progrès rapides et qu’elle peut amener très-vite la désorganisation. Ce traitement doit être franchement anti-phlogistique , dans toute la force du terme. Si donc l’inflammation est aiguë, on
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appliquera de 40 à 5o sangsues au périnée, dont on fera saigner les piqûres abondamment au moyen d’un cataplasme fait avec la farine de lin. On fera en outre des fomentations sur le bas-ventre, et si l’inflammation ne se calme pas, on reyiendra ayec confiance à une seconde et même à une troisième application de sangsues ; on administrera 2 ou 3 lavemens par jour ; le malade gardera une diète sévère, et fera usage de boissons légèrement diurétiques, telles que les décoctions de chiendent, de racine de fraisier , d’arrête-bœuf, de pomme de reinette , avec addition de 6 ou 8 grains de nitrate de potasse ( sel de nitre) par pinte d’eau. Les bains entiers tièdes peuvent être d’une grande utilité, et nousdes recommandons expressément aux malades qui peuvent ajouter ce moyen aux autres que nous avons conseillés. S’il arrivait que l’inflammation fût tellement intense^ que l’émission des urines fût impossible et que leur accumulation dans la vessie devînt dangereuse , il faudrait en procurer l’évacuation par l’emploi de la sonde. Son introduction , sans être très-difficile, exige pourtant la main d’une personne exercée. À mesure que l’inflammation diminue, le malade ne doit pas renoncer tout de suite aux moyens qui viennent d’être prescrits, les saignées exceptées; il doit au contraire les continuer pendant quelque temps , et ne revenir que peu à peu à son genre de vie ordinaire. Quand nous disons ordinaire , il est bien entendu que cet ordinaire ne consistera pas dans dès habitudes capables de produire cette maladie, par exemple l’usage des boissons spiritueuses, du vin, du café, etc.
L’inflammàtion aiguë de la vessie ne se termine pas toujours par la guérison ; mais elle peut devenir chronique, ce qui exige quelques modifications dans le traitement. Comme cette maladie est alors de là même nature que celles dont il a été traité ailleurs sous le nom de catarrhe de la vessie, voyez ce mot.
DANSE DE SAINT-GUY. ( V. Chorée. )
DARTRES. Petites vésicules delà peau, remplies d’une humeur aqueuse, ou petits ulcères rassemblés les uns à côté des autres, accompagnés de démangeaison, s’étendant plus ou moins sur la surface de la peau ; tantôt humides, tantôt secs* se présentant soüs un aspect furfuracé, et plus rarement' sous celui de croûtes. Lorsque cette maladie affecté le cuir chevelu, on lui donne le nom de teigne.
Les dartres ont été divisées et subdivisées en plusieurs espèces , et ont reçu différons noms , suivant la forme sous la-
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quelle elles se présentent. Mais nous disons d’avance que la différence de forme n’indique nullement qu’il existe des différences réelles dans la nature de cette maladie. C'est une irritation de la peau qui peut se manifester sous toutes sortes de formes, suivant que cette irritation est violente ou légère, récente ou chronique, suivant les parties où elle se manifeste, suivant la constitution individuelle, la qualité, et le degré d’irritabilité de la peau, qui varie comme on le sait chez tous les individus. Cette manière d’envisager la nature des dartres est, comme on peut en juger, extrêmement simple, et elle s’éloigne en cela considérablement de la plupart des théories adoptées jusqu’à ce jour. Mais il ne suffit pas pour qu’une théorie soit bonne, qu’elle soit simple et facile; il faut encore qu’elle soit l’expression de la vérité. C’est ce que nous croyons pouvoir démontrer jusqu’à l’évidence relativement aux dartres. La première preuve que nous en donnons, c’est qu’elle se développe sous l’influence de toutes les causes excitantes, et irritantes ; or une cause irritante ou excitante ne peut produire que l’excitation, l’irritation, l’inflammation. Ainsi les mêmes causes qui produisent les clous, les érysipèles peuvent aussi occasioner les dartres. Parmi les causes les plus ordinaires, nous trouvons l’application des corpsirritans sur la peau, la malpropreté, la chaleur trop vive , le froid, l’humidité, l’emploi opiniâtre des substances excitantes pour faire suppurer les vésicatoires; car pn voit quelquefois une dartre succéder à l’irritation produite par un vésicatoire. Les frottemens exercés long-temps sur la peau donnent très-souvent lieu aux dartres, surtout dans les lieux où la peau est habituellement moite ou baignée par quelque fluide âcre, tel que l’urine; c’est pour cette double raison que l’on voit si fréquemment les dartres occuper la face interne et supérieure des cuisses. L’action de l’air suffit quelquefois seule pour donner lieu aux dartres chez les personnes dont la peau est naturellement disposée à ce genre d’altération. Ce ne sont pas seulement les causes qui agissent directement sur là peau qui peuvent donner lieu aux dartres ; elles sont aussi produites dans un grand nombre de cas par les substances que l’on introduit dans l’estomac, et qui produisent l’irritation des voies digestives. Cette irritation se répète souvent sur la peau, et se manifeste quelquefois sous la forme de dartres, tantôt plus tôt, tantôt plus tard. L’usage des alimens trop salés donne lieu aux affections de la peau, et surtout auxdartres; mais ce n’est pas, comme on le croit vulgairement, parce que le sel est introduit dans la circulation du sang, mais bien parce qu’il irrite l’estomac, et que l’on sait par expérience que les irritations de ce viscère ont la plus grande
tendance à se reproduire sur la peau , de même que les inflammations de celle-ci se répètentavec laplusgrande facilité dans l’estomac.
Le^ affections morales sont aussi rangées parmi les causes des dartres. On sait en effet que dans les, sensations vives de frayeur la peau se crispe ; dans un accès de colère elle rougit et pâlit alternativement; une nouvelle qui affecte d’une manière pénible, un mouvement de terreur ou de surprise, occasionent souventla suppression des règles, qui sont remplacées par une dartre. Quand les hémorrhoïdes se suppriment, il survient quelquefois des dartres : la suppression d’un catarrhe de la vessie est quelquefois remplacée par des dartres; les exercices violens , les travaux trop pénibles peuvent occasioner cette maladie; la petite vérole, la rougeole, la gale, toutes les maladies cutanées peuvent produire les dartres, quand il y a disposition à cette maladie. En un mot, tout ce qui peut produire de l’irritation peut donner lieu aux dartres, chez lès sujets qui y sont prédisposés. Les personnes qui sont prédisposées aux dartres ont en général la peau fine et belle , plus ordinairement blonde que brune : celles qui ont la disposition scrophuleuse sont aussi disposées aux dartres, et l’on peut même dans beaucoup de cas regarder les dartres comme un indice des scrQphüles, lesquelles en effet se manifestent tantôt sous la forme d’engorgemens glandulaires, tantôt sous celle de dartres. Les personnes disposées à la phthisie sont aussi sujettes à cette maladie , moins cependant que les. précédentes. Il ne faudrait pas conclure de ceci qu’elles ne puissent pas survenir chez d’autres individus que ceux dont nous venons de parler; nous voulons seulement dire que la constitution particulière que l’on reçoit de ses parens favorise beaucoup l’action des causes qui peuvent produire cette maladie.
Puisque les dartres se développent tantôt sous l’influence d’une irritation interne, tantôt sous celle d’une externe, il est évident qu’elles doivent être classées parmi les maladies inflammatoires.
Les dartres présentent un grand nombre de variétés basées sur le degré d’irritation et le siège qu’elles occupent ; elles offrent différens aspects, suivant les parties où elles siègent; ainsi, on les voit sèches au dos, croûteuscs ou farineuses au menton, rouges et inflammatoires sur les joues : quelquefois elles disparaissent promptement d’un endroit pour se porter sur un autre , et peuvent ainsi parcourir toutes les parties du corps.
Pourquoi, dira-t-on, les dartres affectent-elles tant de formes différentes , si elles sont toujours de même nature et si elles se
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développent sous l’influence de causes identiques ? La difficulté n’est pas embarrassante. Tous les jours on voit arriver une chose analogue sur d’autres organes en proie à une affection de même nature. La même chose se voit à l’égard de toute autre maladie : une gastrite, par exemple, consiste dans une irritation de l’estomac; mais cette irritation s’annonce par des formes infiniment variables; delà les noms de fièvre inflammatoire,^ bilieuse, putride, adynamique, ataxique, etc., que l’on donne à cette maladie, dont la nature est pourtant la même, c’est-àdire une inflammation de l’estomac . et des intestins. Or dé même que chez un individu d’un tempérament bilieux la gastrite prend la form^de fièvre bilieuse, chez celui d’un tempérament nerveux celle de fièvre adjmamique ou ataxique; de même une irritation de la peau revêtira des formes différentes suivant la constitution, l’âge, le sexe, les forces de l’individu.
Voici maintenant les formes principales que prend l’irritation ou l’inflammation de la peau appelée dartre.
Quand elle se manifeste sous la forme de paillettes semblables à du son, on l’appelle dartre farineuse 3 furfuracée ou écailleuse.
Si elle se présente sous forme de croûtes abondantes qui ne sont pas plus tôt coagulées qu’elles tombent, en laissant un fond rouge érysipélateux, on les nomme dartres crustacèes.
On les nomme squammeuses quand les croûtes sont larges, sèches, plus ou moins collées à la peau, et ressemblant assez aux squammes ou écailles des ognons.
Quand les croûtes sont isolées sous la forme de pustules , on les appelle dartres pustuleuses.
Lorsque les pustules sont petites, rouges, rugueuses, irrégulières, qu’elles occupent le nez, les pommettes, le front, on donne à cette forme de dartre le nom de couperose.
Toutes ces variétés et bien d’autres inflammations de la peau peuvent revêtir la forme dartreuse que l’on appelle rongeante. Cette dartre est caractérisée par des ulcères très-vifs; la peau qui les environné est rouge, boursoufflée et se désorganise promptement. Les autres formes présentent des variétés de peu d’importance; c’est sur le degré de l’inflammation qu’il faut surtout fixer son attention. La dartre farineuse ou furfuracée est celle qui porte le caractère inflammatoire le plus léger ; cependant si on l’irrite, elle peut devenir squammeuse ; celle-ci irritée peut présenter la forme pustuleuse avec rougeur ; enfin si l’irritation persévère, celte dernière peut devenir une dartre rongeante.
Tant que les dartres sont légères, elles n’exercent presque
aucune influence sur les organes internes. Si elles sont plus fortes, elles occasionent quelquefois de l’agitation, de l’insomnie , de la démangeaison ; le malade maigrit, et il est souvent tourmenté par la soif. Ces symptômes sont ceux d’un commencement d’irritation des voies digestives , irritation que l’on ne détermine que trop souvent en faisant avaler au malade des prétendus spécifiques contre lès dartres. Quand les dartres ont envahi la peau dans une grande étendue, celle-ci ne transpire plus, se dessèche, et l’on voit souvent Iè corps s’infiltrer. Quelquefois les dartres disparaissent tout à coup, et sont assez fréquemment remplacées par une affection du cerveau, des poumons, de l’estomac, de la matrice, de la vessie, etc.; etc.
Traitement. Une question se présente ici , c’est de savoir si l’on doit chercher à guérir les dartres, ou s’il £est dangereux de le faire. Cela dépend de leur ancienneté , du degré d’irritation, et du lieu qu’elles occupent. Si la dartre est légère et récente, c’est une maladie peu importante et qui disparaît assez facilement. De cette nature sont les dartres farineuses; mais quand elles sont rouges, pustuleuses, placées sur une peau qui est comme érysipélateuse, qu’elles existent depuis long- . temps, elles sont généralement fort difficiles à guérir, et même il y aurait du danger à les supprimer tout à coup. Quand elles consistent en croûtes isolées ou réunies en petit nombre , avec peu de rougeur et de démangeaison, elles sont moins graves et se dissipent plus facilement. Lorsqu’elles sont fixées opiniâtrément sur une partie, qu’elles sont en même temps rouges, violentes, et comme infiltrées de sang, que la démangeaison est vive, que l’inflammation s’empare de toute l’épaisseur de la peau, la maladie est difficile à guérir. La dartre rongeante est une des plus dangereuses eidont la guérison est le plus difficile à obtenir. Dans certains cas, la peau après avoir été vivement enflammée devient froide , insensible, âcre, se durcit, et ne fournit plus de transpiration. Lorsqu’elle est excitée par la chaleur du lit, elle démange vivement, fait éprouver des douleurs âcres; cette forme de dartres est grave et ordinairement incurable, surtout chez lés vieillards. Quand les dartres ne sont pas compliquées d’irritation interne, elles sont légères, surtout dans le commencement. Quand les dartres sont venues à la suite d’une évacuation supprimée, des règles, par exemple, ou des hémorrhoïdes, elles guérissent assez facilement en rétablissant Févacuation par des moyens convenables. Si au contraire elles succèdent à une longue maladie de la poitrine ou de l’estomac, il serait dangereux de les guérir; car si lès dartres disparaissent, l’affection interne re-
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paraît presque constamment. Lorsqu’elles surviennent péndant le cours d’une maladie interne, sans que cette maladie se trouve améliorée, le cas est ordinairement grave. Une fois que la peau a été affectée de dartres , celles-ci peuvent revenir facilement à cause de l’habitude d’irritation que la peau a contractée. Quand les dartres affectent profondément la peau, le tissu cellulaire, les organes génitaux, et qu’elles ont produit un endurcissement coriace, il n’y a plus d’espoir de guérison.
On peut établir en général, sauf quelques exceptions , que les dartres sont faciles â guérir chez les énfans, rebelles chez les personnes d’un âge mûr, incurables, ou presque incurables chez les vieillards. Elles sont plus graves chez les hommes que chez les femmes , excepté à l’époque de la cessation de la menstruation, chez les individus lymphatiques que chez ceux d’un tempérament sanguin ou bilieux.
Quoique la nature des dartres soit constamment une inflammation de la peau, quelle que soit leur forme , le traitement doit cependant varier un peu , suivant le degré de cette irritation et la constitution individuelle. Ce traitement doit donc être divisé en celui qui est convenable pour les dartres dont l’inflammation est légère , et en celui qui convient aux dartres opiniâtres avec inflammation et démangeaison violente. Pour les dartres farineuses superficielles et récentes, il suffit ordinairement de faire prendre quelques bains et quelques boissons sudorifiques, telles que celles de bardane, de douce-amère, de patience, etc. S’il arrivait que la maladie ne cédât pas d’abord à ces moyens, on ferait des frictions sur la dartre avec le cérat soufré indiqué pag. i3g. Lorsque la dartre est plus importante, qu’elle a une croûte épaisse, que son siège est rouge, il ne faut pas la faire disparaître trop brusquement ; surtout il faut bien se garder d’employer des moyens astringens qui pourraient répercuter l’inflammation à l’intérieur. On doit alors appliquer de temps en temps des sangsues autour de la dartre, et faire des fomentations avec la décoction de guimauve et de pavot, appliquer des cataplasmes de farine de lin, ou de feuille de guimauve, ou de morelle, etc. Le malade doit garder le repos, éviter l’impression d’un air trop chaud ou trop froid, prendre très-souvent des bains tièdes, simples ou gélatineux, ou de son, et s’abstenir de toute alimentation trop substantielle et trop échauffante. Si elles résistent à ce traitement, on pourra recourir à dé légers purgatifs, surtout chez les personnes lymphatiques, lorsque le canal intestinal est en bon état. Les pilules indiquées pag. 182 conviennent très-bien pour produire une légère révulsion sur
le tube digestif ; mais si l’on observait des signes d’irritation de l’estomac, tels que la sécheresse de la langue, la lassitude des membres , la perte d’appétit, il faudrait en suspendre l’usage , quoique la dartre ne fût pas guérie : l’usage d’agir d’une manière contraire est absurde. Les sudorifiques, les baumes, les amers, les frictions astringentes sont des moyens perturbateurs dont le succès est toujours incertain et qui aggravent bien plus souvent l’état du malade qu’ils ne le soulagent, en ajoutant une irritation à celle qui existait déjà. Quelques exemples de guérison cités de temps à autre ne sauraient être des motifs sufïisans de s’abandonner a cette aveugle routine, car les accidens fâcheux qui en résultent sont bien autrement fréquens. Quand la dartre est enflammée, ori doit débuter par ôter l’irritation au moyènAdes saignées locales et des émolliens tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Après cela , on fait observer au malade un régime doux; on lui donne des viandes blanches, des fruits cuits, du lait, des potages de fécule , de vermicelle , de riz, etc. On bannit sévèrement les viandes salées, les alimens de haut goût, les liqueurs spiritueuses, etc. Quand on aura employé pendant quelque temps ces moyens , et que l’on sera sûr qu’il n’existe pas d’irritation dans les voies, digestives , on pourra administrer quelques purgatifs pour opérer une révulsion sur le eanal intestinal ; mais il faudrait bien se garder d’employer ces moyens à l’égard des personnes habituellement constipées, d’une constitution sèche, grêle et nerveuse; car on déterminerait chez elles une inflammation d’entrailles , dont les résultats pourraient être extrêmement graves. Les hommes fortrobustes, gras, lymphatiques, peuvent recourir aux purgatifs et aux sudorifiques impunément et avec avantage pendant plusieurs jours; mais les boissons aqueuses, les bouillons de veau, le lait, le suc des plantes fraîches, l’oseille, les fruits aqueux conviennent aux individus nerveux et irritables.
Xorsque la peau a été préparée par les bains tièdes, les sangsues, les applications émollientes , un régime convenable, et que tout signe d’irritation interne, s’il en existait, a disparu; lorsqu’en outre les dartres ne sont pas de celles qu’il est dangereux de faire disparaître , on les attaque par les préparations sulfureuses , comme étant le moyen par excellence. De toutes ces préparations, c’est le foie de soufre qui paraît fournir les meilleurs résultats. On l’administre en général sous forme de bains. Les personnes qui sont près des sources d’eaux minérales sulfureuses , ou celles à qui leur fortùne permet de s’y transporter, trouveront dans ces eaux un moyen curatif des plus assurés. Les eaux minérales qui contiennent le foie de soufre e» dissolution ont toujours une odeur d’œufspourris jc’est làuu
moyen certain de les reconnaître. Nous avons indiqué les pays où l’on trouvait les eaux minérales sulfureuses à la page 145 de ce livre.
On peut préparer avec le foie de soufre des bains artificiels qu’on appelle bains de Barréges, et dont la propriété est la même que celle des précédées. C’est ainsi qu’on les administre dans plusieurs hospices , et même dans l’intérieur des familles ainsi que dans la plupart des bains publics ordinaires. (V. pour la manière de les préparer page i36. ) On ajoute quelques onces de vinaigre pour faire dissoudre le foie de soufre. Pour que les bains sulfureux réussissent, nous le répétons, il ne faut pas que la peau soit enflammée , et il ne faut jamais les employer avant d’avoir débuté par un traitement émollient. Mais si la dartre est légère et récente, surtout si c’est une dartre farineuse, on peut y avoir recours dès le principe. On peut aussi appliquer sur ces dartres, après avoir pris les précautions indiquées, des compresses imbibées d’une solution astringente , et les laver avec ces solutions. On emploie pour cela l’acétate de plomb ou extrait de Saturne à la dose de 2 gros dissous dans 8 ou 10 onces d’eau, ou l’alun , ou le sulfate de zinc ( vitriol blanc) à la même dose. Qaand on ne peut avoir recours aux bains sulfureux, on peut y suppléer par le cérat soufré indiqué pag. 1^9, dont on fait des onctions sur les parties dartreuses ; mais ce moyen est moins efficace que les bains. Qu’on ne perde jamais de vue que ces astringens ne sauraient réussir qu’en les employant après avoir calmé l’inflammation parle traitement émollient , c’est-à-dire les bains tièdes, les cataplasmes, les boissons aqueuses, les sangsues, etc.
Nous avons dit que lorsque les dartres étaient très-anciennes et qu’elles avaient désorganise la peau, il n’y a^ait pas ou presque pas d’espoir de guérison. Il faut se contenter alors d’un traitement palliatif, propre à calmer les douleurs et les démangeaisons. Ce traitement consiste dans l’emploi d’un régime doux, dans l’usage fréquent des bains, dans l’abstinence des liqueurs spirilueuses et de tout exercice violent.
Il n’est pas rare de voir le scorbut se manifester concurremment avec une affection dartreuse ancienne et opiniâtre. Dans ce cas, il ne faut pas traiter le scorbut par les soi-disant anliscorbutiques, qui ne sont que des stimulans, et qui pour cela ne peuvent qu’augmenter l’état d’irritation de la peau.
La dartre songeante est celle qui résiste le plus opiniâtrement à la plupart des moyens curatifs. Quelques personnes emploient des remèdes violens pour la combattre , par exemple la cautérisation avec le fer rouge, la pierre infernale, le beurre d’antimoine, avec une pâte contenant de l’arsenic; mais ces
moyens ne peuvent réussir que quand la dartre est superficielle , et dans ces cas même il est dangereux d’étendre les progrès du mal au lieu de les borner, ainsi que le prouvent de nombreux exemples. Il est beaucoup plus sûr et plus rationnel d’appliquer fréquemment des sangsues autour du point enflammé pour abattre l’inflammation, de la recouvrir de topiques émolliens à l’intérieur, et de faire concourir avec ces moyens un régime doux et léger. De nombreux exemples de succès obtenus par ce traitement doivent engager à y avoir recours. Toute autre médication est hasardeuse, n’est fondée ni en théorie , ni en pratique, et doit par conséquent être exclue. Si l’on ne perdait pas de vue qu’une dartre rongeante est une inflammation vive, on n’aurait pas de peine à concevoir qu’on ne doit pas se fier aux applications stimulantes, du moins avant d’avoir essayé pendant long-temps la méthode que nous indiquons. Si l’on ne réussit pas toujours, ce n’est pas que le traitement ne soit pas convenable , mais c’est qu’il est des inflammations d’une violence telle, que les moyens les plus appropriés ne sauraient en arrêter la marche. Alors et seulement alors, il est permis de faire enlever la partie malade avec un instrument tranchant, s’il est possible de le faire, ou de la cautériser soit avec le fer rouge, soit avec la pierre infernale. Au reste, cette affection est grave , et l’on fera bien de s’éclairer des lumières d’un médecin instruit.
Résumons-nous : les dartres , quelle que soit leur forme , sont dues à une irritation de la peau ; nous l’avons prouvé.
Gette irritation est légère, aiguë, chronique, sans désorganisation ou avec désorganisation.
Légère. Le régime doux et les bains soufrés, et même les bains ordinaires la font disparaître.
Aiguë.: On la traite d’abord par les émolliens à l’intérieur et à l’extérieur, par les sangsues et les bains tièdes; ensuite par les préparations soufrées, surtout les bains sulfureux, les purgatifs et les sudorifiques chez les sujets robustes, gras, et ne portant aucune irritation du canal digestif. Si elle remplace une évacuation supprimée, on rappellecette évacuation.
Chronique sans désorganisation. Par le régime doux, lesbains, l’abstinence des liqueurs spiritueuses, et ensuite les bains sulfureux.
Chronique avec désorganisation de La peau. Par les moyens propres à calmer la douleur et les démangeaisons.
La dartre rongeante exige les saignées locales fréquentes, les topiques émolliens, et si ces moyens ne réussissent, l’ablation avec l’instrument tranchant ou la cautérisation.
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DÉFAILLANCE. C’est un des premiers degrés de la syncope. ( Y. ce mot).
DÉLIRE. Il n’est pas très-facile de définir d’une manière exacte ce que l’on entend par ce mot ; cependant on est convenu d’appeler délire un état d’exaltation des fonctions intellectuelles avec perte plus ou moins complète de la raison.
On divise le délire en aigu, accompagné de fièvre, et en délire chronique sans fièvre. Le délire chronique n’est autre chose qu’une espèce d’aliénation mentale ou de folie, dont nous ne parlerons qu’à l’article folie. (Y. ce mot.)
Le délire aigu avec fièvre est constamment produit par une irritation ou inflammation du cerveau. Cette inflammation est tantôt primitive, c’est-à-dire, affectant directement le cerveaur ou sympathique, c’est-à-dire occasionée par l’irritation d’un autre organe. Toute inflammation violente du cerveau, détermine constamment le délire; on ne doit pas en être surpris, puisque le cerveau étant l’organe des fonctions intellectuelles, une irritation de cet organe doit nécessairement amener du trouble dans ces fonctions; mais l’inflammation d’une autre partie du corps peut se répéter sur le cerveau , et produire en conséquence le délire. En effet, rien n’est plus ordinaire que de voir le délire se manifester durant le cours des fièvres violentes qui débutent ordinairement par une inflammation d’estomac.
La peau vivement enflammée pur un érysipèle, par la variole confluente, par la rougeole, etc., réagit fréquemment sur le cerveau, et occasione par conséquent le délire. La présence des vers dans le canal intestinal, un poison violent introduit dans l’estomac, le travail de la dentition chez les enfans , produisent quelquefois le délire.
Le délire n’est donc pas une maladie par lui-mênur; c’est le résultat d’une inflammation cérébrale ou d’un organe qui sympathise avec lui. Ainsi nous n’envisagerons le délire que comine le signe d’une inflammation grave, et c’est à reconnaître ensuite le siège de cette inflammation qu’il faudra s’appliquer, afin de diriger de ce côté les moyens curatifs. Il est surtout essentiel de savoir si l’inflammation réside dans le cerveau ou si elle n’estque sympathique. Pour s’en assurer, il faut remonter au début de la maladie, examiner si le cerveau a été affecté avant tout autre organe, ou s’il ne l’a été que consécutivement à une autre inflammation : prenons un exemple ; une gastrite commence à paraître : il y a faiblesse des membres, sécheresse et rougeur de la langue, perte d’appétit, etc.; mais il n’y a pas encore de signes d’inflammation cérébrale; la gastrite fait «les progrès, et le délire survient, on doit en conclure que
l’irritation débute par l’estomac, et que le cerveau n’est irrité que sympathiquement. Dans ce cas, on cherchera à calmer l’inflammation de l’estomac parles moyens convenables (voyez Gastrite) , et l’irritation cérébrale se dissipera en même temps. Blais il peut arriver que le cerveau , quoique ne recevant d’abord l’irritation que d’un autre organe, en devienne le siège principal comme s’il avait été affecté primitivement * dans ce cas , il ne suffit pas d’agir sur le premier siège de l’irrition, il faut encore l’attaquer dans le second. Les fièvres qu’on appelle cérébrales et qui sont toujours accompagnées de délire, ont ordinairement un double foyer inflammatoire, le cerveau et l’estomac. Au reste, toute irritation violente de l’estomac réveille celle du cerveau, et produit Je délire, de même que toute irritation violente du cerveau réveille celle de l’estomac, à cause de la sympathie étroite qui existe entre ces deux organes. Les . fièvres adynamiqu.es , ataxiques , malignes etc. , ne sont autre chose qu’une irritation de l’estomac qui a déterminé' celle du cerveau et le délire, ainsi que tous les autres phénomènes nerveux qui résultent de cet état.
11 est bien évident d’après ce que nous venons de dire qu’il ne doit pas y avoir de traitement particulier au délire. Quand i! existe, on a la preuve que l’on a affaire à une inflammation, à une excitation violente, et l’on doit en conséquence agir avec une énergie proportionnée à la violence du mal. 11 est rare que la saignée ne soit pas indiquée dans la. plupart dès cas où il y a délire avec fièvre. On a donc recours à la saignée générale ou locale, suivant le siège primitif .de l’inflammation. Si c’est l’estomac, on y applique de 20 à 60 sangsues, afin d’enlever franchement l’inflammation ; si c’est le cerveau, on débute parune saignée de bras , puis on applique les sangsues au cou , auMempes , derrière les oreilles. On administre en même temps des boissons émollientes, des bains de pieds sinapisés; on place sur la tête de là glace pilée, et on fait en sorte que l’air de l’appartement soit toujours frais et renouvelé. S’il existe des vers, on les expulse (V. Vers }; s’il y a eu empoisonnement, et que cet empoisonnement ait produit une gastrite aiguë, soit inflammation de l’estomac; il faut recourir aux moyens qui sont indiqués à l’article Gastrite. En un mot, il faut employer pour l’inflammation constante et qui cause le délire le traitement antiphlogistique dans toute la force du terme.
DÉMENCE. (V. Folie.)
. DENTS'. Douleur , carie, tartre , malpropreté des dents. Nous n’entreprendrons pas dans cet; article , d’entrer dans tous les détails beaucoup trop longs qui concernent les diverses affec-;
tions auxquelles les dents peuvent être sujettes. Nous nous bornerons à parler de celles que l’on observe le plus fréquemment,, et principalement de la carie, de certaines douleurs dentaires, du tartre et de la malpropreté des dents.
La carie est une des maladies qui affectent le plus souvent les dents. On lui donne différens noms suivant les points de la dent qu’elle attaque , ou plutôt suivant la forme sous laquelle elle se manifeste. Ainsi on l’appelle carie calcaire 3 lorsque l’émail des bords antérieurs des gencives devient blanc, friable, inégal comrne.de la cbaux; carie écorçante, quand l’émail prend dans le même endroit une teinte jaunâtre, qu’il devient fragile et se détache de la dent par parcelles comme des écorces ; carie perforante , lorsqu’elle attaque l’intérieur de la dent et qu’elle ne communique à l’extérieur que par une ouverture d’abord petite, mais qui s’agrandit ensuite plus ou moins rapidement, à mesure que la destruction de la dent s’opère. On l’appelle copie, diruptivej quand elle commence par une tache jaunâtre avec déperdition de substance près du collet de la dent, et se propage ensuite! plus profondément du côté de la racine; carie okarbonnée, quand elle s’annonce par une Couleur bleuâtre que l’on aperçoit sur un côté de la dent, à travers l’émail qui, d’abord transparent , devient noir et se détruit. On a encore donné bien d’autres noms à la carie, qu’il serait inutile et fastidieux d’énumérer, parce que sa nature est toujours la même , quelle que soit la forme sous laquelle elle se manifeste.
. Il n’est pas difficile en général de reconnaître l’existencé de la carie des dents. L’inspection de la bouche suffit ordinairement pour faire découvrir cette maladie. Elle est souvent précédée ou accompagnée de douleurs plus ou moins vives, quelquefois atroces ; mais ces douleurs ne sont pas toujours un signe certain de carie, puisqu’elles peuvent exister mdépendammeot de cette affection, et qu’elles sont souvent le résultat d’un.e, fluxion ou d’une irritation nerveuse.
Les causes de la carie dentaire sont en général tout ee qui irrite les dents soit directement soit indirectement. Tels sont l’habitude de prendre 'pendant le même repas des alimens chauds et des boissons froides , nomme de boire après la soupe, suivant l’habitude de certaines personnes ; l’usage fréquent des alimens ou des boissons acides ; l’emploi des poudres, opiats, liqueurs dentifrices qui contiennent presque toujours des acides, tels que la crème de tartre, l’acide muriatique, etc. Les fluxions répétées sur les gencives finissent souvent par se communiquer au tissu même de la dent ; celui-ci s’enflamme, et le résultat de cette inflammation est d’abord la douleur, puis la carie,. Il faut bien avouer aussi qu’il existe des dispositions in-
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nées à contracter la carie des dents, et il est démontré que l’on doit souvent attribuer cette maladie à la constitution scrofuleuse, ainsi qu’à la disposition scorbutique. En effet les individus scrofuleux sont très-fréquemment atteints soit d’engorgement des glandes lymphatiques, soit d’altération des os, soit de la carie des dents. Chez ees mêmes individus les dents sont naturellement molles, friables , d’uii blanc mat et quelquefois d’une teinte bleuâtre.
Les habitans des pays bas, froids, humides, y sont plus sujets que ceux des pays secs, chauds et bien aérés; ainsi dans toute l’étendueN des pays qui avoisinent les Alpes, dans les vallées de ces montagnes, rien n’est plus commun que de rencontrer des jeunes gens de l’un et de l’autre sexe, d’ailleurs beaux et frais, mais portant une mâchoire plus ou moins dégarnie. C’est aussi dans ees contrées que le vice scrofuleux se rencontre le plus communément.
Le traitement de la carie dentaire est préservatif ou curatif.
Le traitement préservatifs onsiste à éloigner autant qu’il est possible les causes mentionnées ci-dessus. Ainsi on évitera de manger chaud et froid en même temps, et l’on aura surtout soin d’entretenir les dents dans une grande propreté, car leS'alimens qui restent dans leurs interstices se corrompent et altèrent leur émail. Pour cela nous conseillons de se les nettoyer après chaque repas avec un tuyau de plume taillé en cure-dent, de les laver ensuite avec de l’eau tiède au moyen d’une brosse, ce qu’il faut également faire chaque matin en se levant; mais ces moyens simples ne réussissent pas toujours à- rendre aux dents leur éclat naturel. Il se dépose souvent sur leur surface un enduit qui porte le nom d e tartre lorsqqSps’est endurci , et de timon lorsqu’il est encore mou et pâteu^ Cette matière se dépose sur les dents en plus grande quantité pendant la nuit que pendant le jour; elle s’attache d’abord au collet de la dent , et si on la laisse séjourner, elie s’insinue entre l’alvéole et la dent qu’elle në tarde pas à déchausser. Le tartre peut aussi s’amasser en grande quantité dans les in terstices des dents, et même en envelopper toute la couronne. Ces concrétions acquièrent quelquefois une dureté telle, qu’elles semblent faire partie de fa dent, et l’on a vu des dents si fortement encroûtées de tartre, qu’elles semblaient ne former qu’une seule pièce. Ce tartre ainsi accumulé a le triple inconvénient de déchausser les dents, de les exposer à la carie, d’irriter et d’enflammer les- gencives et les parties voisines; ajoutez à cela qu’il donne souvent lied à un suintement purulent des gencives qui exhale une odeur insupportable.
Outre la formation du tartre , les dents dont on n’entretient
pas la propreté sont susceptibles de contracter des taches noires, jaunes, verdâtres, etc., qui peuvent très-souvent donner lieu à la carie.
On préviendra presque constamment la formation, soit du tartre, soit des taches sur les dents par les moyens de propreté que nous avons indiqués; mais lorsque ces accidens sont arrivés, l’usage seul de la brosse et de l’eau ne suffirait plus à les détruire. On emploie à cet effet différentes substances connues sous le nom de dentifrices , avec lesquelles on fait des frictions sur les dents. Ces dentifrices, qui sont ordinairement sous la forme de poudre, d’opiat, de liqueur, jouissent presque tous de la faculté de donner aux dents une blancheur éclatante, en enlevant les taches qui les déparaient; mais il faut savoir que cette même propriété est extrêmement nuisible à la santé des dents. En effet les dentifrices qui ont le plus de vogue , ceux dont le charlatanisme obtient le plus de débit et dont il retire le plus de bénéfices, parce que leur effet est prompt et qu’il en impose aux yeux des ignorans; ces dentifrices , dis-je, ne doivent leur propriété qu’aux acides qu’ils contiennent. L’acide muriatique, par exemple, étendu dans deux tiers d’eau dont on frictionne la dent , enlève une tache en un clin d’oeil , mais c’est en attaquant l’émail de la dent , que l’acide décompose et emportent avec la tache. La crème de tartre , qui entre dans la composition de toutes les poudres les plus vantées, produit aussi le même effet. Nous condamnons donc sansrestrictiontoutes.cespréparations merveilleuses, qui sont d’autant plus à craindre pour les dents qu’elles les blanchissent avec plus de promptitude. Le meilleur dentifrice, le plus sûr dont on puisse faire usage , c’est le charbon réduit en poudre très-fine. Le charbon pulvérisé a non-sagement la propriété de rendre aux dents tout l’éclat dont elKs sont susceptibles sans altérer leur émail , mais encore celle de corriger la fétidité de l’haleine, du moins pendant quelques instans. En en faisant usage une fois par semaine, et en sé nettoyant ensuite les dents avec de l’eau pure au moyen d’une brosse, on est assuré de leur conserver leur blancheur, leur propreté, et, ce qui est bien plus important, de prévenir la carie dans un grand nombre de cas. Si on mêle la poudre de charbon avec quelque substance astringente, on a en même temps une poudre excellente pour nettoyer les dents et pour affermir les gencives. Voyez pour la préparation^ de cette poudre et la manière de s’en servir, page ig5. On peut aussi se laver la bouche et les dents avec un peu d’eau-de-viè ou d’esprit-de-vin étendu dans une grande quantité d’eau. On vante beaucoup à cet égard une préparation connue sous le