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de cette erreur de la vision ne sont pas toujours faciles à saisir.

Il paraît néanmoins que cette affection a son siège dans les nerfs optiques , ou de la partie du cerveau d’où ces nerfs tirent leur origine. En effet , toutes les causes irritantes qui agissent sur ces parties peuvent y donner lieu , car elle est souvent accompagnée ou suivie de maux de' tête plus ou moins violens.

Le traitement dont on obtient, le plus d’effet consiste dans l’emploi des bains de pieds, des sangsues derrière les oreilles; et, lorsque l’affection persévère, d’un vésicatoire, et mieux encore , d’un séton à la nuque.

DOULEUR. Elle n’est jamais autre chose que l’indice de l’affection de quelque organe. La douleur est plus ou moins vive , suivant que son siège est plus ou moins fourni de nerfs , et suivant la gravité du mal. En général on doit s’occuper à guérir les maladies qui donnent Heu â la douleur, et non la douleur elle-même; cependant il est des cas où celle-ci est tellement violente , que l’on est obligé d’avoir recours à quelques moyens palliatifs pour la suspendre momentanément. Ces moyens palliatifs, mais non curatifs, sont la plupart des substances narcotiques, telles que le camphre, les liqueurs spiritueuses , et surtout l’opium. Ces substances ne font qu’engourdir la douleur, car, comme elles sont très-excitantes , aussitôt que l’engourdissement qu’elles ont produit est passé , il est à craindre que la douleur ne se réveille avec plus d’intensité-. (V. ÀKTISPASMODIQUES, pag. 47..)

Nous ne nous arrêterons pas à parler ici en détail des douleurs de dents, d’oreille, d’yeux, de tête, de bras, de jambes, etc. , etc. , parce qu’il a été parlé ailleurs des maladies de ces parties, et par conséquent des douleurs qui en sont la suite.

DURETÉ D’ORÈÏLLE , ou dysécée', surdité complète ou incomplète. Diminution ou abolition du sens de l’ouïe.

? Les causes de cette affection sont un vice organique de l’oreille, l’accumulation du cérumen dans son ouverture, l’obstruction de la trompe d’Eastache, l’irritation ou l’inflammation des membranes et des nerfs de l’oreille , d’où il résulte des altérations , des indurations, des destructions de ces parties..

.Le traitement varie suivant les causes^ Si la maladie provient d’un vice de construction organique, elle est incurable ; si elle dépend de la présence du cérumen dans le conduit de l’oreille , il faut d’abord l’amollir par des injections d’huile tiède, puis le nettoyer par des injections d’eau de guimauve; s’il y a inflammation ou irritation , ce que l’on peut juger par les douleurs et la rougeur des partiés , on emploiera les sangsues au nombre de 20 , 5ô , 4o , autour du pavillon dé l’oreille. On la garantira du contact de l’air, en la recouvrant avec un

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cataplasme émollient. L’on condamnera le malade à un régime doux et à l’abstinence des boissons stimulantes. S’il y a obstruction de la trompe d’Eustaehe ( on appelle ainsi un canal qui va de l’arrière-bouche à l’oreille), le traitement devient plus difficile, et il faut avoir recours à un homme de l’art assez habile pour désobstruer ce mal par le moyen d’un tube particulier et d’une seringue à injection. On peut aussi faire prendre avec succès du tabac pour provoquer l’éternuement; on commande alors au malade de fermer exactement les narines et la bouche au moment de l’éternuement, afin que Pair, chassé avec violence, soit poussé dans la trompe d’Eustache, ce qui a quelquefois réussi complètement à la désobstruer et à rendre promptement l’ouïe aux personnes qui, en étaient privées plus ou moins. On ne devrait pas compter sur ce résultat, si la dureté d’oreille était ancienne.

DYSMENORRHEE. Difficulté de l’évacuation menstruelle : c’est la même chose que suspension, suppression, rétention des règles, dont nous avons parlé à l’article Aménorrhée. (Y. ce mot.)

DYSPEPSIE., ou digestivn pénible, lente et quelquefois douloureuse. La difficulté de la digestion , ou la dyspepsie , ne constitue point une maladie par elle-même; dans la plupart des cas, elle est produite par une affection de l’estomac ou des intestins , laquelle affection est presque constamment une irritation de ces viscères. Lorsque la difficulté de la digestion est produite par une trop grande quantité d’alimens , elle ri’est que passagère, et se dissipe ordinairement au moyen de la diète et de quelques boissons délayantes; lorsqu’elle provient d’une irritation d’estomac ou des intestins , il faut traiter cette irritation par les moyens convenables. (Y. Gastrite. Y. aussi Digestion.)

DYSPNÉE. Difficulté de respirer, gêne de la respiration. Elle n’est jamais primitive; mais elle dépend essentiellement d’une affection des organes respiratoires et du cœur, tels que le catarrhe , la coqueluche , la pneumonie, la phthisie pulmonaire, l’hydropisie de poitrine , l’anévrisme du cœur, en un mot toutes les irritations ou inflammations des poumons et du cœur : il faut donc chercher quelle est celle de ces maladies qui produit la dyspnée pour la traiter d’une manière convenable.

DYSSENTERIE. (V. Diarrhée.)

DYSERIE. La dysurie consiste dans une émission difficile des urines, ordinairement accompagnée de douleur et de chaleur dans leur passage à travers le canal de l’urètre. Plu-

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sieurs causes peuvent contribuer à la dysurie : un rétrécissement du canal de l’urètre, une inflammation de cette même partie, ainsi que de la vessie, un calcul dans cet organe peuvent donner lieu à cette maladie. La dysurie est un des premiers degrés de la rétention complète des urines. ( V. Rétention des urines; Vï aussi Catarrhe de ea vessie, et Cystite.)

ECCHYMOSE. Épanchement de sang dans le tissu des organes, produit par une contusion, une meurtrissure , la rupture d’un vaisseau sanguin, et quelquefois par une maladie particulière. Quand l’ecchymose a lieu dans le tissu cellulaire placé immédiatement au-dessous de la peau , ce qui est le cas le plus ordinaire ou du moins le plus souvent observé, celle-ci présente une tache noire ou d’un rouge foncé.

II est essentiel de distinguer l’ecchymose qui résulte de l’action mécanique d’un corps étranger, de celle qui survient à l’occasion d’une maladie, parce que le traitement est essentiellement différent dans l’un ou dans l’autre cas.

Lorsque l’ecchymose dépend d’une lésion externe, elle n’exige qu’un traitement assez simple ; très-souvent elle disparaît d’elle-même au bout de quelque temps, lorsque la cause a cessé. On peut néanmoins accélérer la guérison par l’emploi de compresses imbibées d’un liquide astringent, tel -que l’eau de rabel, composée de trois parties d’esprit-de-vin et d’une partie d’acide sulfurique pur, l’eau froide ou glacée, l’eau vinaigrée, l’eau d’extrait de saturne, la décoction d’écorce de chêne, le suc d’une plante appelée mille-feuille , ou les feuilles pilées de cette plante , que l’on applique sur l’endroit ecchymosé. On réussit aussi très-bien à arrêter l’épancherhent du sang par la compression que l’on pratique au moyen d’un bandage serré.

Les ecchymoses qui résultent d’affections internes, telles que le scorbut , la peste et les fièvres dites pétéchiales , exigent le traitement qui convient à ces maladies. (V. Scorbut, Peste, Charbon.)

ECLAMPSIE. On a donné ce nom à une espèce de convulsion qui attaque les enfans sous forme d’épilepsie, et qui se dissipe le plus souvent vers l’âge de puberté, si elle ne les a pas fait périr dans l’enfance. On a encore donné le nom d’éclampsie à des attaques convulsives auxquelles les femmes grosses sont quelquefois sujettes. Ces attaques ont lieu durant le cours , mais principalement vers la fin de la grossesse , pen-

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dant le travail de l’accouchement et après la délivrance. Cette affection a souvent pour symptômes précurseurs des douleurs de tête, des vertiges, des éblouissemens , quelque chose de hagard dans le regard , l’éclat des yeux , la coloration et une légère tuméfaction de la face , de légers mouvemens convulsifs dans les muscles du visage. D’autres fois elle' se manifeste brusquement par la perte subite de la connaissance et par des convulsions des membres.

Aux symptômes que nous venons de décrire et qui varient suivant le degré de l’affection et la sensibibilité des sujets , il n’est personne qui ne reconnaisse un commencement de congestion cérébrale. En effet, si la maladie n’est pas arrêtée, elle constitue bientôt une véritable apoplexie , qui est le dernier terme de cette congestion. On n’aura pas de peine à concevoir la nature de cette maladie et son analogie avec l’apoplexie, en réfléchissant que, durant la grossesse, toutes les fonctions acquièrent quelquefois une exaltation considérable, et que, sur la fin de la grossesse et durant le travail de l’accouchement , le sang circule difficilement, et peut être retenu dans le cerveau, ce qui donne lieu à l’affection qui nous occupe.

Cette maladie aurait dû être décrite sous le nom d’irritation cérébrale, de congestion du cerveau ou d’apoplexie, et ce n’est que pour nous conformer à l’usage que nous en faisons mention sous le nom d 'éclampsie.

Le traitement découle naturellement de ce que nous venons de dire; il ne diffère pas de celui d’un commencement d’apoplexie : par conséquent, on doit débuter par une saignée abondante, et revenir à ce moyen à plusieurs reprises, si la maladie paraît être opiniâtre. On 'appliquera des sangsues au cou et aux tempes au nombre de 20 , 5o, 40, 5o, suivant lès forces et la constitution de la malade.

On couvre ensuite les pieds et les jambes de sinapismes ou de cataplasmes fortement saupoudrés avec la farine de moutarde. On retire aussi de grands avantages des bains iièdes pour calmer les convulsions, surtout si l’on a soin de couvrir la tête de glace ou de compresses très-froides, pendant que le reste du corps plonge dans le bain.

On ne donnera ni éthgr, ni musc, ni opium , ni aucune espèce d’antispasmodiques, .dont l’expérience a démontré les dangers et l’inutilité.

Lorsque les accès se manifestent pendant le travail de l’accouchement, il faut- hâter ce travail en terminant l’accouchechement., soit avec la main , soit avec les instrumens convenables. Ici, la présence d’un accoucheur est nécessaire.

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ECROUELLES. (V. Scropdies.)

ELEPHANTIASIS. Maladie qui se inanifeste par les symptômes suivans : la peau devient épaisse, rugueuse, âpi’e, onctueuse, dénudée de poils et de cheveux; la sensibilité est diminuée ou même entièrement détruite à l’extrémité des membres ; le visage présente un aspect hideux, hérissé d’aspérités; l’haleine est d’une fétidité repoussante; la voix ést rauque et nazillarde; le pouls est lent et faible; quelquefois pourtant il est fébrile; si la maladie fait des progrès, les membres sont attaqués de gangrène, de putréfaction, et tombent.

Cette maladie est très-rare dans nos climats ; mais elle est très-fréquente dans certaines contrées de l’Asie et de l’Afrique, et principalement sous la zone torride.

La malpropreté, la mauvaise nourriture, l’ardeur de l’atmosphère, et peut-être l’habitude de se nourrir de poissons paraissent être les causes ordinaires de cette maladie. Elle n’est ni héréditaire , ni contagieuse, comme on l’avait cru.

Le traitement ne doit différer que très-peu de celui des autres affections de la peau, et principalement des dartres. Ainsi on emploiera à l’extérieur les applications émollientes, les bains tièdes, les bains souffrés, les douches. A l’intérieur, on commencera par l’emploi des boissons émollientes et d’un régime doux et végétal; après quoi on donne les sudorifiques, si l’estomac est en bon état. La maladie résiste souvent à tous ces moyens; mais c’est peut-être parce qu’on n’y insiste pas assez long-temps. (Pour le traitement, V. Dartres.)

EMBARRAS GASTRIQUE. On a donné le nom d’embarras gastrique à un malaise ou à une incommodité de l’estomac qui est ordinairement indiqué par les symptômes suivans :

La bouche est amère , la langue mauvaise , pâteuse , muqueuse; il y a dégoût des alimens , des rots plus ou moins fréquens , quelquefois des nausées ou des envies de vomir, lassitude dans les membres, maux de tête principalement au-dessus des sourcils.

Les causes ordinaires de l’embarras gastrique sont toutes celles qui agissent sur l’estomae en échauffant, en excitant , en irritant cet organe. Tels sont les alimens de mauvaise qualité, leur trop grande quantité, l’abus des eaux minérales , des boissons spiritueuses , les excès de bouche de tous les genres. L’embarras gastrique peut aussi être produit par une inflammation fixée sur une partie éloignée de l’estomac , par exemple une plaie , une érysipèle , un furoncle , etc*

Quelle est la nature de cette affection ? sont-ce des humeurs

accumulées dans l’estomac qui donnent lieu à tous ces symp-

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tomes ? Nullement , car les humeurs n’affluent jatnais dans un organe sans qu’il y ait une irritation qui les y appelle. L’embarras gastrique, dont beaucoup de médecins faisaient autrefois une maladie à part, est simplement une gastrite légère, ou en d’autres termes une irritation d’estomac à son début ; c’est le premier pas vers l’inflammation de cet organe; quelquefqis c’est un degré plus élevé , un redoublement passager d’inflammation chez une personne qui porte une gastrite chronique.

En effet les causes de la gastrite sont les mêmes que celles que nous venons d’énumérer. Si ces causes agissent longtemps , elles finissent par donner lieu à la gastrite. Qu’une personne fasse un jour un excès de table , il aura le lendemain un embarras gastrique ou un commencement d’irritation d’estomac ; mais s’il continue pendant plusieurs jours , ce qui n’était d’abord qu’une irritation peu importante deviendra une véritable inflammation , une gastrite qui se manifestera sous la forme de fièvre bilieuse , âdynamique, ataxique, etc. , suivant son intensité et la constitution du malade.

Puisque l’embarras gastrique n’est autre chose qu’une irritation commençante de l’estomac, il est facile de prévoir le traitement qu’il convient de lui appliquer. Autrefois on administrait constamment l’émétique , lorsque le malade avait des nausées , des envies de vomir, et l’on ne supposait même pas d’autre traitement raisonnable dans l’embarras gastrique. C’est une erreur; car les vomitifs, de quelque nature qu’ils soient, sont tous des irritons énergiques. On ne fait donc , en les administrant, qu’ajouter irritation à irritation, et l’on ne fait rien moins que d’exposer le malade au danger d’échanger une incommodité qui n’aurait été que légère contre une inflammation grave. Je sais bien que l’émétique a quelquefois dissipé l’embarras gastrique comme par enchantement ; mais il serait imprudent de s’appuyer sur ces exemples , car les traitemens , même les plus inconvenables, ne sont pas toujours suivis d’insuccès , parce que le malade guérit malgré eux , mais nullement par eux. C’est principalement quand il y a chaleur de la peau, fréquence du pouls, que la langue est pointue, rouge sur les bords chez les sujets forts et vigoureux, que l’émétique paraît produire du soulagement; mais ce n’est qu’en dénaturant l’irritation et en la faisant avancer de l’estomac vers les intestins. Les individus qui ont fait usage d’émétique dans ces cas restent quelquefois plusieurs jours dans un état de langueur ; chez d’autres cette pratique est suivie d’accidens beaucoup plus graves , et donne lieu à une fièvre plus ou moins violente. Plusieurs personnes semblent guéries provisoirement par l’émétique, mais quelques jours après il survient du malaise, du

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