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Quand la diarrhée survient à la suite d’une maladie de langueur, telle que la phthisie pulmonaire, elle est ordinairement d’un funeste présage. Tout annonce qu’alors l’inflammation a gagné profondément le canal intestinal. Dans cès cas, la diarrhée commence; elle lait des progrès rapides, les forces se perdent, le marasme survient, et enfin l'a mort termine la scène. Cette espèce de diarrhée , que l’on nomme colliquative, ne pourrait être guériè qu’en enlevant l’inflammation, qui la détermine; niais cette inflammation a tellement désorganisé les parties qui en sont le siège, qu’il ne reste presque aucune chance de succès.
Lorsque la diarrhée chronique est pure et simple, sans inflammation d’estomac et sans coliques , on peut donner au malade des potages de fécule, de riz, un peu de vieux vin rouge, et suivre ce régime avec persévérance pendant des semaines et même des mois entiers. Les sangsues , appliquées à l’anus , ôtent souvent des diarrhées qui existaient avec opiniâtreté depuis plusieurs mois , et même depuis des années. Il est bien entendu que l’on doit faire concourir avec ce moyen un régime convenable. Dans les armées, on a guéri des milliers de soldats par de petits potages de bouillie , donnés deux ou trois fois dans la journée pour toute nourriture /en secondant ce traitementpar quelques applications de sangsues àl’anus, par l’usage d’une très-légère dose d’opium , par exemple d’un grain dans une potion , à prendre dans les vingt-quatre heures.
On réussit quelquefois assez bien aussi à faire cesser la diarrhée, lorsqu’il y a peu d’inflammation, par Fusagë d’une tisanne de riz ou de gruau, avec addition de 3 ou 4 gros de cachou par pinte, ou en édulcorant ces tisanes avec le sirop de coin, ou celui de grande consoude. On peut aussi employer la potion tonique 3 qui est èn même temps astringente , indiquée page 192. Mais ees moyens , qui réussissent lorsque la diarrhée est légère, qu’il n’y a pas ou presque pas de douleurs d’entrailles, ne sauraient convenir lorsqu’il y a flux de sang, coliques violentes , en un mot , lorsqu’il y a des signes d’une violente inflammation.
DIGESTION. On doit entendre par digestion les divers changemens que subissent les alimens et les boissons, depuis la bouche jusqu’à leur sortie du corps. Le trajet qu’ils ont à parcourir s’appelle canal intestinal , ou tube alimentaire , ou tube digestif. Cé canal est un long tuyau qui s’élargit et se rétrécit plusieurs fois , et c’est à ces rétrécissemens et à ces élargissemens successifs que l’on a donné les noms d’œsophage, d’estomac, de duodepum , d’intestins grêles et d’iiîtestir, colon.
Voici maintenant quels sont les changemens que subissent les alimens pour être digérés. Dans la bouche ils se mêlent à la salive au moyen de la mastication ; cette trituration doit être lente et bien faite , afin que la salive pénètre exactement le bol alimentaire. On a dit que la première digestion se faisait dans la bouche ; rien n’est plus vrai, car la salive est un dissolvant qui, s’il n’est pas absolument indispensable, contribue du moins puissamment à préparer une bonne digestion. Arrivés dans l’estomac, les alimens y séjournent pendant quelque temps pour s’y mêler avec la bile et d’autres sucs, qui les convertissent en une espèce de bouillie grisâtre , à laquelle on donne le nom de chyme ; le chyme franchit le pylore à sa sortie de l’estomac , pour filer dans la partie des intestins qu’on nomme duodénum ; il y reçoit encore la bile et un suc semblable à de la salive, qui est fourni par une glande voisine qu’on nomme pancréas. Lorsqu’il a subi ce nouveau changement, il devient blanc comme du lait : c’est le chyle. Ce chyle est absorbé ou pompé par les orifices des vaisseaux chylifères , c’est-à-dire conducteurs du chyle, placés comme autant de petits suçoirs tout le long des membranes internes du canal intestinal, de manière qu’ils enlèvent au chyle, dans le reste de son trajet jusqu’à l’anus, les matériaux propres à être convertis en sang , puis en chair. Alors la digestion est achevée.
Pour que la digestion se fasse bien , trois conditions sont requises : i°que les alimens et les boissons soient de bonne qualité ; 2° qu’ils ne soient pas en trop grande quantité ; 3° que les organes qui doivent les élaborer soient en bon état. Dès que l’une de ces conditions manque, la digestion ne peut plus se faire d’une manière avantageuse. En effet, les alimens de mauvaise qualité ou trop abondans irritent l’estomac; celuici s’enflamme; de là des indigestions , des vomissemens et la gastrite. Aussi rien n’est plus fréquent que les maladies de ce viscère, parce que aucun n’est autant exposé au contact des corps extérieurs. De même si l’estomac est irrité, enflammé, les alimens ne feront que l’exciter davantage ; ils le fatigueront inutilement , et comme ils seront mal digérés, ils deviendront nécessairement cause de maladie. L’abstinence des alimens est donc le meilleur moyen à employer dans ce cas.
Nous devons combattre ici un préjugé généralement répandu, parce qu’il est un des plus nuisibles à la santé. Quand une personne digère mal, on croit ordinairement que cela dépende d’une faiblesse d’estomac. En conséquence on lui fait prendre diverses substances connues sous le nom de toniques , sous prétexte de donner du ton à l’estomac et de lui rtenflre lés forces perdues. Çerîainejpcpt cette conduite paraît
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raisonnable de prime abord; cependant rien n’est plus nuisible que les toniques, que les stomachiques, les fortifians, les cordiaux , etc. , dans la plupart des cas où la digestion est pénible , laborieuse ou nulle; car il est très-rare que cet accident ne dépende pas d’une irritation de l’estomac ou des intestins, laquelle irritation étant augmentée par la présence des alimens, la digestion ne se fait point, ou elle se fait mal et toujours avec douleur. Que font alors les toniques? Comme ils sont tous excitans, échauffans, loin de remédier au mal, ils ne font que l'aggraver , puisqu’ils augmentent l’état d’irritation , d’inflammation des organes digestifs. Il vaut donc mieux, qui plus est, il est essentiel de s’abstenir alors de nourriture , ou du moins d’en diminuer la quantité, de manière que l’estomac n’en reçoive juste que ce qu’il peut digérer sans être fatigué. Il ne faut point alors provoquer la digestion pâr du bon vin , des élixirs , de l’eau d’absinthe , des amers, surtout lorsque la langue est. sale, pâteuse, rouge dans les bords, ce qui indique constamment une irritation de l’estomac. Cependant les personnes qui ne font usage que d’ alimens végétaux, qui ne boivent que de l’eau , et qui sont d’un tempérament mou , gras, lymphatique , peuvent aider la digestion par quelques toniques , parce que chez ces personnes les organes digestifs peuvent se trouver dans un cas réel d’affaiblissement ; c’èst ce dont on est assuré quand la langue et pâle, humide, et qu’il n’existe pas de fièvre après les repas. Hors ces cas très-rares , nous le répétons , les toniques sont un très-mauvais moyen pour favoriser la digestion.
Le repos des facultés intellectuelles est très-favorable, important pour bien digérer. En effet, si le cerveau travaille, comme on dit, si l’esprit est appliqué, absorbé par l’étude ou la réflexion, le sang se porte constamment vers la tête, ce qui est au détriment de la digestion ; car il est nécessaire qu’il afflue vers l’estomac pour qu’elle se fasse bien. Ici je ne puis m’abstenir de blâmer l’usage où l’on est dans plusieurs établissemens d’éducation , dans les séminaires , dans les monastères , de faire faire la lecture pendant les repas. S’il est un temps où l’esprit doive être dégagé de toute espèce de contention , où il doive même s’abandonner à la gaîté , c’est sans doute pendant celui-là. Rien ne saurait être plus nuisible à la santé que ce dangereux usage. Quand l’estomac digère , la tête doit être libre ; de même, quand la tête est occupée, la digestion doit être faite, ou du moins très-avancée. Ce précepte est de rigueur en hygiène.
Doit-on se reposer ou faire de l’exercice après le repas ? Le repos est préférable à l’exercice , surtout à un exercice violent.
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En effet , pendant que les membres se reposent , le sang sé porte vers l’estomac et la digestion s’opère avec plus de facilité; durant l’exercice, au contraire, non-seulement il est détourné de l’estomac , ce qui gêne la digestion , mais si les mouvemens sontviolens, elle est souvent troublée, et, comme on le dit vulgairement, dérangée. Cependant, comme l’habitude est pour une grande part dans ce qui peut nous être nuisible ou utile, les personnes qui se sont accoutumées à faire de l’exercice après les repas , se trouveraient incommodées si elles changeaient cette habitude, toute contraire qu’elle soit à la nature.
On croit vulgairement qu’il faille se reposer après les repas du matin , et se livrer à quelque exercice après ceux du soir. Ce préjugé est fondé sur cet axiome de l’école de Salerne : Post prandium sta, post ccenarn ambula. Cet axiome est faux, car la digestion ne se fait pas d’une manière le matin et d’une autre le soir. Nous pensons donc que les personnes qui se sont habituées à faire de l’exercice , doivent aussi bien en faire après le dîner qu’après le souper ; mais qu’il est plus conforme aux lois de la nature de prendre quelques momens de repos après les repas , que cette habitude est plus favorable à la digestion * et conséquemment à la santé.
On demande souvent si le sommeil est bon après les repas. Nous ferons d’abord observer que plusieurs animaux dorment après avoir mangé, ce qui semblerait indiquer que le sommeil est naturel et favorable à la digestion. Cependant cette loi n’est pas générale pour l’homme : dans les climats froids et chez nous, pendant l’hiver, il vaut beaucoup mieux ne pas dormir et entretenir la chaleur par le feu ou l’exercice ; dans les pays; chauds , au contraire , et durant les grandes chaleurs , le sommeil est salutaire , parce que le sang reflue plus facilement vers l’estomac pendant le sommeil que lorsque le corps est échauffé par l’atmosphère ; parce que la chaleur appelle le sang à sa surface , et le détourne par conséquent des organes digestifs. Nous ferons néanmoins , à l’égard du sommeil , la même observation que nous avons faite à l’égard de l’exercice après les repas. L’habitude doit être prise en considération; car ie sommeil pourrait souvent ne pas être favorable à la digestion ? même dans les pays chauds , chez les personnes qui ont pris une habitude contraire. Nous ne pouvons qu’approuver l’usage où l’on est dans les pays méridionaux de l’Europe de faire ce flu’on nomme la méridienne 3 c’es,t-à-dire une demi-heure ou une heure de sommeil après le dîner.
DIPLOPIE, ou vision double. On appelle ainsi une affection yeux qui fait voir les objets doubles ou triples. Les causes