‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 38 sur 106 · EMP · texte numérisé non relu

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est des poisons dont l’activité est considérablement augmentée par l’émétiqu'e.

Les contre -poisons sont des substances qui , en s’unissant avec les poisons , les neutralisent et rendent inutile leur action sur l’économie animale. C’est ainsi que , pour citer un exemple, si l’on avait avalé de la chaux on pourrait rendre nulle l’action de cette substance en buvant de l’eau de Seltz , du vin blanc mousseux , de la limonade ; parce que l’acide carbonique de l’eau de Seltz et du vin ou l’acide du citron se combinent avec la chaux et forment un sel neutre, le carbonate de chaux ou l’acétate de chaux qui est sans aucun danger. Il existe donc réellement des contre -poisons , mais non dans le sens qu’on entend vulgairement par ce mot. Les personnes étrangères à la médecine s’imaginent que les contre-poisons peuvent être employés indifféremment dans tous les cas d’empoisonnement, et à quelque époque que ce puisse être; c’est une erreur. Lorsque le poison est resté long - temps dans le corps , il a ordinaire ment produit de^ désordres qu’aucun contre-poison ne saurait réparer. Bien plus, plusieurs contre-poisons peuvent devenir dangereux lorsque le poison a déjà produit de l’inflammation dans le canal intestinal; en effet, la plupart des poisons enflamment les parties avec lesquelles ils ont été mis en contact , et cette inflammation une fois produite est de même nature que celle qui est déterminée par toute autre cause , et elle exige alors un traitement émollient et non des contre-poisons qui ne peuvent qu’irriter des parties qui le sont déjà trop. Prenons encore un exemple : supposons qu’une, personne ait été empoisonnée par l’arsenic ; dans les premiers instans on cherchera à faire sortir ce poison de l’estomac , en administrant plusieurs verrées d’eau tiède ou d’eau de guimauve , pour provoquer le vomissement ; plus tard , lorsque cette substance aura enflammé l’estomac, qu’elle l’aura corrodé, on devra recourir aux moyens généralement employés contre l’inflammation, tels que les sangsues sur l’estomac, les cataplasmes émolliens, etc. On se conduira encore de la même manière , lorsqu’après avoir détruit l’action du poison , celui-ci aura laissé des traces d’inflammation. On'cherchera donc d’abord à expulser ou à neutraliser le poison , suivant sa nature ; Ensuite s’il y a de l’inflammation ou d’autres désordres , on les traitera par les émolliens , les saignées ou d’autres moyens convenables. Encore un exemple : si l’on venait avertir qu’une personne éprouve des coliques violentes parce qu’elle a avalé hier , je suppose, du vertde-gris , faudrait-il administrer un contre-poison ? Il serait inutile de le faire , parce que le contre-poison ne rencontrerait probablement plus le poison dans l’estomac. Cependant

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comme le contre-poison du vert-de-gris n’est point dangereux, puisque l’expérience démontre que le blanc d’œuf est le meilleur que l’on puisse employer, on pourra l’administrer et s’occuper ensuite de traiter l’inflammation que le vert de gris aura produite dans les entrailles. Mais si le contre-poison était irritant, échauffant, il ne faudrait plus l’administrer après un si long intervalle , parce qu’il ajouterait irritation à irritation, et que loin de soulager le. malade il ne ferait que rendre son état plus grave. Après ces considérations générales, nous allons parler de chaque espèce d’empoisonnement en particulier , et du traitement qu’il convient d’appliquer.

De l’ empoisonnement en particulier , signes et traitement. En suivant la division adoptée par M. Orfila , nous diviserons les poisons i° en irritons, déterminant l’inflammation des parties qu’ils touchent ; 20 en narcotiques , c’est-à-dire produisant le sommeil ; 3° en narcotiques âcres ; 4° ea poisons septiques ou putréfians.

Première classe. . — • Poisons irritons déterminant promptement l’inflammation.

Acides. Sulfurique ou huile de vitriol, idem contenant de l’indigo, nitrique ou eau forte, acide nitro-muriatique, eau régale , muriatique , esprit de sel, oxalique, phosphorique, tartarique, chlore, acide muriatique oxigéné, eau de javelle, acide prussique.

Contre- p oison. Quand une personne a avalé depuis peu de temps un des acides que nous venons d’indiquer , excepté le dernier, il faut se hâter d’administrer le contre-poison. Tous les alcalis sont les contre-poisons des acides, mais l’expérience a démontré que le meilleur de tous était la magnésie calcinée. On en délaie une once dans une pinte d’eau, et l’on en fait boire une verrée au malade toutes les deuxminutes. Si l’on n’a pas de la magnésie sous la main , on peut se servir de savon dissous dans l’eau ; le blanc d’Espagne ou la craie, la corne de cerf brûlée et délayée dans l’eau , à quelque dose que ce soit , sont d’un grand secours dans les cas où l’on n’aurait ni magnésie ni savon. Un mélange de craie et d’eau est préférable, quand l’empoisonnement a lieu par l’acide oxalique.

L’acide prussique , le plus subtil des poisons , exige une autre espèce de traitement : il faut provoquer le vomissement le plus tôt possible par l’emploi de l’eau tiède. Après que le vomissement a eu lieu , une forte infusion de café ou d’eau-devie, de l’ammoniaque étendue de beaucoup d’eau, doivent être administrés pour relever les forces de l’estomac.

Ypilà pour les contrç-poisons. Mais quand l’acide a été avalé

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depuis quelque temps , il a ordinairement déterminé une vire inflammation du canal intestinal; il faut alors la traiter par l’emploi des boissons émollientes, l’application des sangsues sur l’estomac, les cataplasmes émolliens placés^ sur cette région, en un mot, par le traitement antiphlogistique le plus sévère.

Alcalis : Potasse, soude, soùs-carbonate de potasse, sel de tartre, sous-carbonate de soude, lessive des savonniers, ammoniaque, alcali volatil, terres alcalines , telles que chaux, baryte, muriate de baryte.

Symptômes : Les effets produits par les alcalis diffèrent peu de ceux produits par les acides ; la seule différence consiste en ce que les alcalis laissent dans la bouche un goût âcre et urineux; la matière des vomissemens ne bouillonne point sur le carreau comme celle des acides; V alcali volatil agit avec plus d’énergie que les autres, et ne tarde pas à déterminer des convulsions horribles.

Contre- poisons : L’expérience a démontré que les acides étaient les véritables contre-poisons des alcalis, qu’ils les décomposaient et les neutralisaient sur-le-champ. Il faudra donc se hâter, dans ces sortes d’empoisonnemens, d’administrer plusieurs verrées d’eau acidulée avec deux cuillerées de vinaigre ou le jus d’un citron. On peut également employer avec succès tout autre acide végétal, par exemple, l’eau de groseilles, le sel d’oseille, l’acide tartarique, l’eau de Seîtz gazeuse, à cause de l’acide carbonique qu’elle renferme. Si l’on n’a pas ces acides sous la main, on gorgera le malade d’eau, afin de le faire vomir, mais on se gardera bien de lui administrer, poiir produire cet effet, de l’émétique ou de l’ipécacuanha.

Ces moyens réussissent constamment à neutraliser les alcalis et la chaux, lorsqu’ils se trouvent encore dans l’estomac ; mais lorsqu’on a avalé de la baryte ou quelques-unes dè ses préparations, il faut faire boire une faible dissolution de sel d’Empson ou de Glauber, qui décompose la baryte, et si l’on ne peut se procurer sur-le-champ ces sels, on pourra se servir d’eau de puits pure, ou mieux encore aiguisée avec quelques gouttes d’acide sulfurique. S’il survient de l’inflammation , comme cela arrive presque toujours, après qu’on aura employé les contre-poisons indiqués ; on traitera cette inflammation comme il a été dit en parlant de celle produite par les acides. ( Y. plus haut, Acides. )

Arsenic et ses principales préparations , qui sont : l’arsenic blanc, arsenic jaune ou orpiment, oxide noir d’arsenic ou mort aux mouches, arsenic rouge ou réalgar.

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Symptômes : Goût austère dans la bouche, haleine fétide, crachemens, serrement de l’arrière-gorge, hoquet j chaleur brûlante au creux de l’estomac, coliques atroces, vomissement et déjections par le bas de matières noirâtres , sanguinolentes, fétides, soif dévorante, respiration difficile, convulsions, mort.

Contre-poison et traitement : La meilleure manière de traiter l’empoisonnement produit par les préparations d’arsenic consiste à faire boire plusieurs verrées d’eaù tiède sucrée, d’infusion dé graines de lin ou de guimauve ; par ce moyen, le vomissement est produit 'et le poison rejeté. On peut favoriser le vo- missement en chatouillant le fond du gosier avec le doigt.

L’inflammation de l’estomac qui se manifeste ordinairement après l’empoisonnement par l’arsenic doit être traitée comme il a été dit plus haut en parlant des acides.

Antimoine et ses préparations : Tartre émétique , soit tartre stibié ou émétique, beurre d’antimoine ou muriate d’antimoine, verre d’antimoine ou foie d’antimoine, kermès minéral ou poudre des chartreux, etc., ou hydrosulfate d’antimoine , vin antimonié.

Symptômes ; L’émétique, le kermès et plusieurs autres préparations antimoniales , souvent employées avec succès dans diverses maladies, peuvent être très-dangereuses dans certains Cas , si elles ne sont pas vomies.

Lès symptômes les plus ordinaires sont le vomissement, une faiblesse extrême , une série d’ivresse , outre d’autres symptômes entièrement semblables à ceux décrits ci-dessus.

Contre-poison et traitement : Si la personne qui a pris une préparation d’ antimoine n’a pas vomi, ce qui est rare, il faut provoquer le vomissement par plusieurs verrées d’eâu tiède et en chatouillant le fond du gosier; mais sî le vomissement et les douleurs persistent avec opiniâtreté , on emploiera d’abord les boissons émollientes de guimauve ou l’eau sucrée èn abondance; et si ces moyens ne peuvent réussir à donner du soulagement, on donnera un grain d’opium dissous dans un verre d’eau en une ou deux fois. A défaut d’opium, on donnera une once de sirop diacode dans un verre d’eau; si l’on ne pouvait se procurer ce sirop , on ferait bouillir deux ou trois têtes de pavot dans deux vex-rées d’eau à laquelle on ajouterait du sucre ; on ferait prendre cette décoction en trois ou quatre fois à demi-heure d’intervalle.

Enfin, dans le cas oü le vomissement n’aurait pas lieu et que le poison n’aürait été avalé que depuis peu dë temps, oh chercherait à neutraliser son action en administrant au malade

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une décoction faite avec un végétal astringent, telle que l’écorce de ehêne, de quinquina, de saule, de maronnier, la noix de galle ou une forte infusion de thé ; mais de toutes ces substances, la meilleure est la noix de galle, que Pon concasse au nombre de quatre ou cinq, et que l’on fait bouillir dans deux litres d’eau.

Cuivre et ses préparations : Sous-acétate de cuivre , vert de gris artificiel, sous-carbonate de cuivre, vert de gris naturel, sulfate de cuivre, couperose bleue, oxide de cuivre, rouille de cuivre, oxide de cuivre ammoniacal, eau céleste.

Symptômes : De toutes les préparations cuivreuses le vert de gris, qui se forme dans les ustensiles de cuisine, est celle qui produit le plus souvent des accidens. tés individus empoisonnés par ces substances éprouvent un goût âcre et cuivreux dans la bouche ; de la cônstriction à la gorge, dés éructations d’une odeur cuivreuse, dès tiraillemens dans Tesomac, des coliques atroces ; le ventre se gonflé; il y a syncope, soif brûlante , urines peu abondantes , sueurs froides , . douleurs dé tête, vertige, convulsions, crampes; enfin la mort arrivé, si rien h’arrêtè lés progrès du poison.

Contre-poison et traitement : Le blanc d’œuf est le contrepoison le plus assuré du vert de gris et des autres sels dé cuivre. On délaie dix ou douze blancs d’œufs dans deux litres d’eau froide, et l’on fait prendre un verre de cette boisson toutes les deux minutes. Si l’on n’avait pas d’ceufs sous la main , on pourrait les remplacer par l’eau sucrée, quoique cette dernière soit bien moins avantageuse. On ferait mieux encore d’employer de la fariné de froment délayée dans de l’eau, qui est un moyen presque aussi sûr que les blancs d’œuf.

L’inflammation qui succède à cet empoisonnement doit être traitée par lès émolliens et les saignées, etc., comme dans tout autre cas.

Mercure et ses préparations : Déutochlorure de mercure ou sublimé corrosif, protochlorurè de mercure ou caiomélas, deutoxide de mercure, précipité rouge , sulfure de mercuré noir, étbiops minéral , sulfure de mercure rouge, cionabre ou vermillon, onguent gris ou napolitain.

Symptômes : Goût métallique à îa bouche , soif, douleurs vives de l’estomac et des intestins, nausées et vomisseméns , faiblesse extrême des membres, respiration difficile, crampes, convulsions, et enfin la mort. Au reste , la plupart des symptômes produits par lé sublimé corrosif et les autres prépara** tions mercurielles diffèrent peu de ceux décrits ci-dessus.

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Contre- poison et traitement : Le blanc d’œuf délayé dans l’eau froide est le meilleur contre - poison du sublimé corrosif et des autres préparations mercurielles. On emploie dix ou douze blancs d’œufs pour deux litres d’eau , dont on fait boire une verrée toutes les deux minutes. A défaut d'œufs. on peut employer avec succès du lait, soit pur, soit étendu d’eau. La fai’ine de froment contient un principe qu’on appelle gluten s et qui neutralise promptement le sublimé. On peut donc délayer de la farine de blé avec de l’eau , et la faire avaler abondamment au malade. Enfin, si l’on ne pouvait se procurer aucune de ces substances assez promptement , on tâcherait de faire vomir en chatouillant le gosier avec le doigt ou une barbe de plume, mais jamais au moyen de l’émétique.

Les phénomènes inflammatoires consécutifs à l’empoisonnement ne doivent pas être traités par les contre-poisons , mais par les boissons émollientes, les sangsues sur l’estomac, les cataplasmes., en un mot, comme la gastrite aiguë. (V. Gastrite. )

Plomb et ses préparations : Sous-acétate de plomb ou extrait de saturne; s’il est dissous dans l’eau, eau blanche ou de Goulard, acétate de plomb, sucre de I saturne, carbonate de plomb, céruse, protoxide de plomb, litharge, deutoxide de plomb, minium, vin falsifié et adouci par la litharge.

Symptômes : Lorsque l’on a avalé une dose un peu considérable d’une préparation de plomb, on éprouve une saveur sucrée, astringente et métallique, un resserrement à la gorge , des nausées, des vomissemens opiniâtres et souvent sanguinolens; viennent ensuite le hoquet, des convulsions, puis enfin la mort.

Si, au contraire, le plomb n’a été pris qu’à petites doses, mais pendant long-temps , comme cela arrive quand on boit habituellement du vin frelaté par le plomb ou de l’eau qui a traversé des aqueducs de plomb , ou conservée dans des vases de ce métal, on peut ne ressentir d’abord aucune incommodité, mais on finit par contracter une maladie chronique de la même nature que celle qui a été écrite sous le nom de colique de miserere.

Contre-poison et traitement : Les sels de Glauber ou d’Empson , le plâtre, l’eau de puits sont les meilleurs contre-poisons des préparations de plomb. On se conduit absolument de la même manière que pour l’empoisonnement par la baryte, dont il est question plus haut à la suite des alcalis.

Lorsque le plomb n’a été pris qu’à petite dose et pendant long-temps et qu’il a produit la colique métallique , il faut se Conduire comme nous l’avons indiqué en pai’lant de celte af-

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fection. (V. CoUqve ï>e miserere.) Les peintres, les plombiers, les potiers de terre, les vitriers, les fabricans de couleurs et toutes les personnes qui emploient le plomb ou qui en respirent les émanations sont particulièrement exposées à ce genre d’affection.

Préparations d’or , de zinc, d’étain et de bismuth : Or , hydrochlorate d’or ou (muriate d’or^ zinc, oxide de zinc ou fleucde zinc, sufate de zinc ou vitriol blanc, étain, hydrocblorate d’étain ou muriate d’étain employé par les teinturiers, oxide d’étain ou potée d’étain, bismuth, nitrate de bismuth ou blanc de fard.

Symptômes et effets produits par ces diverses préparations i L’empoisonnement par le muriate d’or est très -rare ; il pourrait cependant avoir lieu , si l’on employait cette substance à la dose de quélques grains.

Les préparations de zinc sont en général peu dangereuses, parce qu’elles produisent toutes le vomissement, et qu’ainsi le poison est rejeté.

L’étain métallique pur peut être avalé sans danger; mais ses préparations sont vénéneuses-, et ne doivent pas être confondues avec le sel de cuisine par les teinturiers, qui emploient les sels d’étain comme mordant, ainsi que cela est arrivé malheureusement dans quelques fabriqués.

De toutes les préparations de bismuth , le blanc de fard dont on se sert pour blanchir la peau, est la plus dangereuse. Son absorption peut occasioner des maladies internes, des rhumatismes, des affections nerveuses.

Toutes ces préparations produisent des effets assez semblables à la plupart de ceux dont nous avons parlé jusqu’ici.

Contre- poison et traitement : L’empoisonnement par les sels' d’or, de zinc et de bismuth doit être traité de la même manière que celui produit par l’arsenic. (V. pag. ^oi et suiv. )

Il n’én est pas de même des préparations d’étain : l’expérience prouve que le lait en est le meilleur contre-poison. On en fera donc prendre une verrée toutes les deux minutes ; si l’on ne pouvait se procurer du lait sur-le-champ, on gorgerait le malade d’eau tiède, afin de provoquer le vomissement.

Quant à l’inflammation des organes digestifs que ces poisons pourraient avoir déterminée, on la traitera par les boissons émollientes , les sangsues sur l’estomac , etc., suivant la gravité du cas.

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Argent : Nitrate d’argent ou pierre infernale, ammoniure d’argent ou argent fulminant.

Symptômes : Ils sont les mêmes que ceux produits par les alcalis , dont il a été fait mention un peu plus haut.

Contre-poison et traitement : Le sel de cuisine est le meilleur contre-poison de la pierre infernale. On fera donc avaler à la personne empoisonnée une verrée d’eau salée toutes les quatre ou cinq minutes. On prépare cette boisson en faisant dissoudre une cuillerée de sel dans une pinte d’eau. Après cela, on. administrerai au malade quelques boissons émollientes', par exemple, de l’eau de guimauve pour calmer l’irritation ; et, s’il survient de l’inflammation , on la traitera comme dans tout autre empoisonnement.

Nitre : Nitrate de potasse ou sel de nitre , salpêtre.

Symptômes: A peu près les mêmes que ceux déterminés par les acides et les alcalis. A petites doses , le sel de nitre est un excellent diurétique, exempt de danger; mais, pris à la dose de quelques gros, il devient un poison énergique.

Traitement : Les personnes empoisonnées par le sel de nitre doivent être traitées comme celles qui ont avalé de Y arsenic. (V. pag. 4oi.)

Soufre : Foie de soufre employé dans les bains dellarrége.

Symptômes : Le foie de soufre, dont on se sert pour préparer les bains de Barrèges artificiels, n’est pasdangereux à la dose de 2 ou 3 onces par bain; mais, s’il est pris à l’intérieur, il détermine l’empoisonnement à une dose beaucoup moindre, avecdes symptômes semblables à ceux du nitre, mais beaucoup plus violens. Combien sont donc blâmables les médecins qui emploient cette substance comme contre-poison del’arsenic, des sels de plomb, etc.! car non-seulement le foie de soufre ne neutralise pas ces poisons, mais il peut faire courir les plus grands dangers.

Contre-poison et traitement : On fera prendre à la personne empoisonnée plusieurs verrées d’eau tiède, de guimauve, de graine de lin , de gomme arabique , afin de provoquer le vomissement. On appliquera ensuite 20 ou 3o sangsues sur le creux de l’estomac , si le poison a développé l’inflammation de ce viscère. On continuera le traitement par l’usage du lait, des boissons émollientes et par tout le régime antiphlogistique.

Cantharides employées à l’intérieur pu à l’extérieur.

Symptômes : Soit qu’on avale les cantharides, soit qu’on les applique à 1’extérieur sous forme de vésicatoires , elles’ peuvent déterminer l’empoisonnement et la mort. Il y a cha-

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leur dévorante dans le gosier, dans l’estomac -et les autres parties du canal intestinal , coliques atroces , priapisme , ardeur dans la vessie , difficulté et quelquefois impossibilité d’uriner, quelquefois urine sanguinolente; soif dévorante , constriction des mâchoires , convulsions et enfin la mort.

Traitement : Il n’y a pas de contre-poison des cantharides. Dans le cas d’empoisonnement par cette substance, on ne peut que faire boire abondamment de l’eau tiède sucrée, du lait, de l’eau de graine de lin ou de guimauve. On doit rejeter l’huile prônée par quelques médecins , car elle augmente constamment l’action vénéneuse des cantharides. On fera des frictions sur le ventre et au côté intérieur des cuisses avec 2 onces d’huile^ contenant en dissolution 2 gros de camphre. On donnera aussi à l’intérieur, si les accidens ne se calment pas , quelques verrées de tisane de lin-, légèrement nitrée et camphrée (10 grains de nitre et 4 grains de camphre par pinte).

Si l’empoisonnement a été déterminé par un vésicatoire de cantharides j on mettra le malade dans un bain , on lui fera boire de l’eau sucrée , et s’il y a des douleurs vers la vessie , on appliquera sur le bas ventra 20 ou 5o sangsues.

Poisons végétaux irritons : anémone, bois gentil, bryone, clématite ou herbe aux gueux, colchique, coloquinte, Concombre sauvage, euphorbe, garou, gomme gutte, gratioïe ., narcisse des prés , ricin , renoncule des prés , Sabine , scammenée , staphysaigre .

Symptômes : Sayeur âcre et très-piquante, amère, chaleur excessive et sécheresse delà bouche et de la gorge avec sentiment de constriction, nausées, souvent évacuations par haut et par bas , douleurs dans l’estomac et dans les entrailles , pouls d’abord très-fréquent, quelquefois symptômes d’ivressé , sensibilité obtuse ; le pouls devient lent, petit par degrés , et la mort termine la scène. Ces substances ne produisent pas toujours l'empoisonnement; loin de là, car plusieurs d’entre elles sont administrées sans danger dans quelques maladies, et ne deviennent des poisons qu’à des doses plus ou moins élevées. ■

Traitement : S’il n’v a pas long-temps que le poison a été avalé et que le malade n’ait pas encore vomi, il faut faire vomir en donnant 2 ou 3 grains d’émétique dans un verre d’eau , et favoriser ensuite le vomissement par quelques tasses d’eau tiède. Ou donne aussi des lavemens d’eau de savon ou de sel marin pour évacuer autant. que possible la substance vénéneuse ; après cela, on donnera alternativement une forte infusion de café et une tasse d’eau légèrement vinaigrée ; bains

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tièdes , frictions générales , applications de linges chauds , et s’il se manifeste des signes d’engorgement du cerveau, on saigne le malade.

N. B. On ne doit jamais donner l’eau vinaigrée ou d’autres acides avant que le poison n’ait été rejeté.

Les phénomènes inflammatoires consécutifs se traitent comme dans tous les cas d’empoisonnement dont il a été parlé jusqu’ici.

seconde classe. — Poisons narcotiques.

Opium et toutes ses préparations : Jusquiame, acide pruséi sique, ainsique les diverses substances qui en contiennent; telles sont les feuilles du laurier-cerise, les amandes amères; laitue vireuse , morelle , if, solanine, les morviaux, l’ers.

Symptômes : Stupeur, engourdissement, pesanteur de.tête * douleurs frontales, envie de dormir plus ou moins forte, état d’ivresse , aspect hébété, dilatation de la pupille, délire, quelquefois douleurs, convulsions ou paralysie des membres ; le pouls, d’abord plein, fort, devient bientôt faible , lent ; respiration accélérée , vomissement, surtout lorsque le poison a été appliqué sur des plaies ou donné à hautes doses en lavement; le malade devient de plus en plus faible, et succombe si on ne se hâte de le secourir. L’acide prussique produit la mort d’une manière presque instantanée.

Traitement : 11 faut se hâter de provoquer le vomissement en administrant 2 ou 3 grains d’émétique dans un verre d’eau, et le favoriser par l’emploi de l’eau tiède, donner ensuite toutes les cinq minutes une forte infusion de café , et cinq minutes après une tasse d’eau vinaigrée ; mais le vinaigre , le jus de citron etles autres acides, tant prônés en pareils cas, sont très-dangereux si on les administre avant d’avoir expulsé le poison parle vomissement; si même on soupçonnait que le poison fût déjà dans les intestins, oq donnerait au malade un purgatif pour l’évacuer; le café et l’eau vinaigrée ou la limonade ne se donneraient qu’ensuite. Si l’empoisonnement a été produit par l’application du poison sur une plaie , on ne perdra pas son temps à faire vomir, mais on administrera promptement la décoction de café et les acidulés; enfin, -si l’assoupissement est extrême et qu’il ressemble à une attaque d’apoplexie, on a recours à la saignée.

troisième CEASSE. — Poisons-narcotiqu.es âcres.

Noix vomique , upas tieuté , fève de Saint-Ignace, camphre , coque du levant, tabac-, ciguë, belladone, stramonium, digitale pourprée, rhue, ivraie, mancenillier, aristoloche, aconit, ellébore , seiglè ergoté, champignons.

Symptômes : Agitation , douleur, cris, délire plus ou moins gai, mouvemens convulsifs de la face et des membres , dilatation de la pupille,, nausées, vomissemens; dans quelques cas, au lieu d’une grande agitation, on observe une espèce d’ivresse, un air hébété, de la lassitude, un tremblement général. Quand l’empoisonnement a été produit par le seigle ergoté , il y a d’abord chaleur et douleur aux orteils ; la douleur monte et gagne les pieds et les jambes ; bientôt le froid s’empare de ces parties , et les pieds perdent leur sensibilité. Il survient des taches violettes, des ampoules, et le membre tombe en gangrène. Outre cela il y a des symptômes d’ivresse , des vertiges, des tremblemens comme sous l’influence des autres narcotiques.

Les champignons vénéneux donnent lieu àux nausées , aux vomissemens, à des chaleurs et à des douleurs d’estomac et des intestins; il y a soif, convulsions, défaillances, délire, assoupissement, sueurs froides, mort.

Traitement: Si l’on présume que la substance vénéneuse soit encore dans l’estomac, on provoque le vomissement, soit en chatouillant le gosier, soit en donnant 2 ou 5 grains d’émétique dans un verre d’eau. Si le poison avait déterminé l’asphyxie , c’est-à-dire la cessation de la respiration, on insufflerait de l’air dans les poumons , comme il a été dit au mot Asphyxie. (V . ce mot.) On donne ensuite des purgatifs pour expulser le reste du poison par le bas; ces purgatifs sont une once de sel d’Empson ou de Glaùber dissous dans deux ou trois verrées d’eau. On en favorise l’action par l’administration de quelques Iavemens ; on donne ensuite à l’intérieur , à un quart d’heure d’intervalle, une potion composée de 2 onces d’eau , 1 gros d’éther et une 172 once de sucre ; ou mieux encore on fait boire au malade une forte infusion de café , et un peu plus tard une tasse d’eau vinaigrée ou de limonade , ou même de l’eau de groseilles; mais il est essentiel de ne pas donner les acides avant que le poison ne soit complètement évacué.

S’il survenait des aceidens inflammatoires , au lieu d’employer ces slimulans, on aurait recours à l’application des

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sangsues, aux saignées générales, aux boissons délayantes; en un mot au traitement antiphlogistique ou émollient.

Il n’existe pas encore de caractères bien prononcés pour distinguer les mauvais champignons des bons; nous croyons cependant devoir indiquer ici les principaux signes auxquels on prétend reconnaître ceux qui sont vénéneux. Ils croissent rapidement dans des lieux humides et sombres; leur odeur est nauséabonde ; ils sont mous , larges et très-poreux ; leur chapeau paraît sale; cependant il est quelquefois d’une belle couleur orangée ; leur tige est molle ; ils se fondent en une espèce d’eau noire, et se putréfient très-promptement.

quatrième classe. — Poisons septiques ou putréfions.

Les viandes et surtout les poissons putréfiés , les moules et les huîtres qui commencent à se gâter, surtout en été.

Certains poissons peuvent devenir funestes, quoique leur chair ne soit pas corrompue ; tels sont le dauphin , le congre, le tassarl, le scombre.

N. B. Cependant la qualité de ces poissons n’est pas telle qu’ils produisent inévitablement des accidens fâcheux; plusieurs individus en font usage impunément.

Symptômes : Frissons irréguliers , douleur d’estomac et des intestins, gêne de la respiration , démangeaispn de la peau, quelquefois éruption d’ampoules semblables à celles produites par la piqûre des orties, quelquefois nausées, vomisseméns et dévoiement. Ces phénomènes ne sont pas eonstans , et se rencontrent rarement tous à la fois.

Traitement: On commence par faire vomir, et , s’il y a longtemps que le poison a été avalé, on donne un purgatif et des laveroens comme il a été dit ci-dessus. On administre ensuite de quart d’heure en quart d’heure une potion composée ayec 2 onces d’eau, un 172 once d’eau de fleur d’orange, et 8 ou 10 gouttes d’éther. On donne pour boisson habituelle de l’eau légèrement acidulée ayec du vinaigre pu du suc de citron; si les douleurs d’entrailles persistent et qu’il y ait fièvre , on applique 20 ou 3o sangsues sur l’estomac, et l’on donne au malade des boissons émollientes comme dans la gastrite. (Y. Gastrite.)

La piqûre des animaux venimeux exige un autre traitement.

Piqûre des animaux venimeqx , tels que la vipère, différentes espèces de serpens, le scorpion , la guêpe , l’abeille , le cousin , le taon.

. Traitement de la piqûre des serpens : Si c’est un membre qui ait été piqué, il faut appliquer promptement une ligature serrée

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au-dessus de la plaie , élargir/celle-ci pour la faire saigner et la bassiner avec de l’eau tiède; on cautérise ensuite avec le fer chaud ou le beurre d’antimoine; on recouvre l’escarre avec un linge imbibé d’un mélange d’huile et d’alcali volatil (eau de luce) ; on administre à l’intérieur des boissons délayantes chaudes avec addition de quelques gouttes du mélange précédent. Le malade est placé dans un lit bien couvert, et on lui donne de temps en temps quelques gouttes de bon vin.

Morsure des animaux enragés. (V. Rage. )

Traitement de la piqûre faite par les insectes venimeux : L’effet de ces piqûres se borne ordinairement à un .peu de gonflement et de douleur; cependant les résultats peuvent être plus graves. On applique sur les piqûres une compresse imbibée du mélange d’huile et d’alcali,, dont il a déjà été fait mention; on peut aussi remplacer ce mélange par de l’eau salée; on administre à l’intérieur des boissons délayantes chaudes ayec addition de quelques gouttes de même mélarsgi

IV. B. Le dorure de chaux ou de soude , ou même le chlore ayant la propriété de décomposer un grand nombre de poisons, nous pensons qu’il doit produire d’excellens effets, si on l’applique de bonne heure sur les plaies faites par les animaux venimeux quelconques. *

Ceci n’est pourtant qu’une présomption; mais nous engageons les praticiens à la vérifier par l’expérience, d’autant plus que le moyen proposé est exempt de tout danger. 11 faudrait alors tâcher d’insinuer la dissolution de chlorure jusqu’au fond de la plaie.

ENCÉPHALITE. Inflammationducerveau, que l’on appelle .encore céphalite s fièvre cérébrale , frénésie. Les symptômes de l’encéphalite sontlessuivans : la maladie débute d’abord par un malaise général, par des lassitudes dans les membranes, delà pesanteur danslatête, del’inappétence , etc. Jusque là on ne peut pas encore prononcer s’il y a inflammation du cerveau ; car ces symptômes précurseurs sont aussi ceux de la gastrite ; mais la maladie ne tarde pas à prendre un caractère tranché qui la distingue de toute autre. Il y afièvre violente /ardente, chaude, comme on l’appelle vulgairement; les douleurs de tête , qui étaient d’abord sourdes, deviennent vives, lancinantes, atroces; les yeux sont vifs, saillans, rouges, le visage est enflammé; le malade a un regard et un aspect féroce; il y àbourdonnement d’oreilles; la lumière et le bruit sont insupportables; impossibilité de se livrer au sommeil , rêves continuels , délire furieux , développement considérable des forces musculaires, battement des ar*

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tèresdu cou et des tempes, respiration pénible et laborieuse , langue sèche, brune, noire; peu à peu les forces diminuent, le délire ne cesse pas, mais il est moins furieux à mesure que les forces s’épuisent; enfin la mort termine la scène au bout de neuf ou dix jours, quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard.

Les causes de l’encéphalite ou de la frénésie sont en général toutes les causés stimulantes, et en particulier celles qui agissent sur le cerveau. De ce nombre sont les coups, les chutes sur la tête, l’exposition aux rayons du soleil, la chaleur de l’atmosphère, les veilles, les études et les méditations prolongées, les affections morales qui excitent plus ou moins le cerveau, les cravates trop serrées, en s’opposant au retour du sang de la tête , les casques de métal qui l’échauffent et y font affluer le sang. Outre ces causes , il en est une autre extrêmement fréquente; ce sont les inflammations du canal intestinal , qui se communiquent très-facilement au cerveau. En effet, il estj rare qu’une gastrite (irritation de l’estoinac) ne donne pas lieu à des symptômes cérébraux, et si la gastrite est très-intense, elle occasione presque toujours l’inflammation du cerveau, à cause de la sympathie étroite qui lie cet organe à l’ estomac; «sympathie telle, que le cerveau est rarement malade sans que les organes digestifs ne soient affectés, et réciproque^ment. En deux mots, les irritations du cerveau donnent lieu à celles de l’estomac, et celles de l’estomac donnent lieu à celles du cerveau. On ne sera donc pas surpris de trouver l’abus du vin , des liqueurs spiritueuses, et tous les excès de bouche au nombre des causes de l’encéphalite , puisque toutes ces causes peuvent occasioner l’irritation d’estomac , et conséquemment Je cerveau.

Quel est maintenant la nature de l’encéphalite? Il est évident que ce n’est autre chose qu’un surcroît d’activité du cerveau ; ce surcroît d’activité peut s’élever depuis le mal de tête le plus léger jusqu’au degré inflammatoire le plus intense : l’encéphalite est donc réellement une irritation, une inflammation de la substance cérébrale. Or, comme cet organe est la souche de l’arbre nerveux, comme il est le siège des fonctions intellectuelles, on ne doit pas être surpris que les membres soient agités, qu’ils éprouvent des convulsions, qu’il y ait perte de la raison, délire, exaltation et aberration des facultés intellectuelles, etc.

L’encéphalite peut, comme toutes les autres inflammations, causer diverses altérations dans l’organe qui en est le siège. Ces altérations se manifestent à l’extérieur par des signes différens , que l’on a regardés comme indiquant autant de mala-

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dies diverses. La manie, le délire, la folie, la démenée, l’épilepsie, plusieurs especes de paralysies, Phydroeéphale ou hydropisie de cerveau, sont autant de maladies qui reconnaissent pour cause un vice organique du cerveau , lequel est constamment le résultat d’une irritation d’un ou de plusieurs points de cet organe.

Le traitement découle naturellement des principes que nous venons d’établir. Il y a inflammation; cela est incontestable : donc le traitement doit être pris parmi les moyens caïmans. Nous plaçons en première ligne la saignée générale dès le début de la maladie ; après la saignée, l’application de 3o, 4o, 5o sangsues au cou , aux tempes et derrière les oreilles ; les bains depieds chauds ou les cataplasmes chauds autour des pieds et des jambes; les applications déglacé ou d’eau très-froide sur la tête, en même temps que.les extrémités sont tenues chaudement. On donnera des boissons rafraîchissantes, telles que l’eau d’orange, de groseille, la limonade légère, etc., auxquelles on peut ajouter i ou 2 gros de crème de tartre par pinte , pour les rendre légèrement laxatives, sans cependant insister long-temps sur ce dernier moyen. On administrera de temps en temps des demi ou des quarts de Iavemens émolliens pour former .un bain local dans les intestins. La chambre du malade sera peu éclairée, éloignéedu bruit et d’une température plutôt fraîche que chaude; abstinence complète d’alimens; point de quinquina; surtout point d’opium, quoiqu’on fût tenté d’en donner pour faire dormir; point de vin, ni aucune espèce de toniques, ni de stimulans. Saignées plus ou moins fréquentes, glace ou eau froide sur la tête, petits Iavemens, boissons rafraîchissantes, repos absolu, obscurité et éloignement du bruit; voilà le traitement qu’il faut employer; tous autres moyens contraires ne peuvent qu’être nuisibles.

ENDÉMIQUE. Maladies endémiques. On appelle ainsi celles qui régnent par intervalle ou continuellement dans un même pays. Ainsi on dit que la fièvre jaune est une maladie endémique des Antilles; que les fièvres intermittentes sont endémiques à Rome et dans tous les pays marécageux , etc.

ENGELURE. Engorgement qui affecte particulièrement les chairs des pieds, des mains, et quelquefois, mais plus rarement, le nez elles oreilles. Cet engorgement est tantôt superficiel et peu dur , accompagné d’une légère douleur et de démangeaisons incommodes, surtout lorsque lés parties malades sont exposées à la chaleur; tantôt cet engorgement est plus considérable. Il y a de l’engourdissement dans les doigts , les mains , les pieds, des douleurs cuisantes , des vésicules rem-

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