‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 39 sur 106 · M ENT · texte numérisé non relu

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-plies d’un liquidé roussâtre; la peau devient d’abord rouge , puis violette ou bleuâtre; à la fin elle se fendille ou se crevasse. Il s’établit de véritables ulcères , plus ou moins profonds , que l’on a vus quelquefois dégénérer en gangrène et détruire les chairs au point de mettre à nu les tendons, et les os.

tes engelures se manifestent plus souvent chez les enfans et les jeunes gens que dans un âge plus avancé. On les observe assez fréquemment chez les sujets lymphatiques, scrofuleux, ce qui donne quelques raisons de croire que la disposition à cette affection peut être héréditaire. Elles se manifestent ordinairement en automne, augmentent pendant l’hiver, et disparaissent au printemps pour reparaître l’année suivante. Souvent elles guérissent d’elles-mêmes; l’âge adulte en est ordinairement exempt. On préviendra assez souvent la nais-i sance des engelures en se lavant souvent les pieds et les mains avec quelques liquides spiritueux , tels que l’eau-de-vie , l’esprit de vin, l’eau-de-vie camphrée, le vin chaud, les décoctions de quinquina , etc. On ne doit jamais récouvrir ces parties de cataplasmes émolliens ni de langes humides.

Quand les engelures se sont développées et qu’elles ne sont pas encore fendillées, on les traite par lès mêmes moyens que ceux employés pour les prévenir. Cependant, parmi toutes les lotions préconisées contre cette affection, il en est une qui paraît mériter plus de confiance que les autres, c’est celle que l’on trouve indiquée page 174, sous nom de lotion contre les engelures. On peut aussi envelopper lesj'points engorgés avec des compresses imbibées d’extrait de saturne. On a souvent obtenu très - promptement la résolution des engelures au moyen de l’électricité appliquée sous forme d’étincelles.

Enfin, lorsque la peau est crevassée, qu’il s’est établi des ulcères, il faut les panser avec de la charpie imbibée d’une infusion de fleurs de sureau, de mélilot, à laquelle on peut ajouter une tête de pavot, ou quelques gouttes de laudanum. L’électricité appliquée de la manière dont il vient d’être dit, produit quelquefois de bons effets dans ce cas. Si les chairs deviennent blafardes, fongueuses, il faut les raviver au moyen de quelque appîicalion stimulante , et principalement de l’onguent Styrax, dont On secondera l’effet a q moyen d’un bandage serré ou compressif pour rapprocher les chairs éraiillées.

ENTERITE. Irritation ou inflammation de la membrane muqueuse des intestins. Cette affectionga» la rplus grande affinité avec la gastrite, c’est-à-dire l’inflammation de l’estomau. La

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gastrite et la gastro-entérite se rencontrent très-fréquemment ensemble : c’est ce qui constitue les fièvres bilieuses, muqueuses, inflammatoires, adynamiques, etc. Gomme le traitement de l’entérite ne diffère pas de celui de la gastrite, et que ces deux irritations , ainsi que leurs symptômes , se confondent le plus souvent ensemble, voyez Gastrite et Gastro-entérite.

' ÉPHÉLIDES , ou taches de rousseur , lentilles. On appelle ephélides des taches de différente grandeur qui surviennent à la peau, surtout â celle du visage. Ces taches sônt assez semblables à des lentilles; elles ont une couleur rousse, fauve, brune, et se manifestent principalement sur lès parties exposées au soleil.

Il ne faut pas confondre les éphélides, ou taches de rousseur, avec lés taches scorbutiques. Celles-ci sont noires et ressemblent à du sang extravasp sous la peau , et sont l’indice d’une affection scorbutique.

Les éphélides së manifestent généralement chez les personnes lymphatiques, scrofuleuses, blondes, faibles, et dont la peau est très-fine.

Il n’existe et il ne peut point exister dè cosmétiques pour faire partir les taches dé rousseur, comme le croit le vulgaire et comme le prônent les charlatans et les vendeurs de spécifiques. En effet, ces taches existent derrière l’épiderme à travers lequel on les aperçoit. Or, comme ces cosmétiques n’àtteighent que l’épiderme, ils ne sauraient enlever lès taches qui se trouvent au-dessous, pas plus qu’on n’ôterait une tache sur un verre en le frottant du côté opposé.

Le séjour à l’ombre et éloigné des rayons du soleil est le meilleur moyen pour empêcher la formation des éphélides, ou en opérer la guérison ; encore ce moyen est loin d’être constamment couronné de succès. On peut y ajouter les bains, et surtout lès bains sulfureux. Au reste, nous h’âvons parlé de cètte légère difformité que pour mettre les personnes en garde contre les charlatans : c’est quelque chose.

ÉPHÉMÈRE. Fièvre éphémère -, c’est-à-dire qui ne dure qu’un jour.

ÉPIDÉMIE, ÉPIDÉMIQUE. Maladie épidémique . On appelle ainsi une maladie qui attaque un grand nombre d’individus eh même temps et dans les mêmes lieux; c’est en ce sens que l’on dit que la petite vérole est épidémique , que la fièvre jaune était épidémique à Barcelone. On dit aussi dans le même sens : il y a une épidémie de fièvres intermittentes dans un tel pays.

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Il est impossible d’entrer ici dans de longs détails relativement aux épidémies , puisque plusieurs maladies peuvent se présenter avec ce caractère , et que nous serions obligés d’exposer la nature et le traitement de chacune d’elles. Nous nous bornerons à dire que. quand une affection règne épidémiquement dans un pays , il faut que les habitans l’abandonnent pour aller vivre ailleurs , parce qu’il est certain que la plupart des épidémies sont entretenues par des causes locales, à l’influence desquelles on ne peut ordinairement se soustraire qu’en s’en éloignant. On pourrait craindre que les personnes qui quittent les lieux où règne l’épidémie ne portassent ailleurs le germé de la maladie : c’est une .erreur. Sans nous arrêter à exposer les nombreuses raisons qui prouvent le contraire, nous nous contenterons d’en appeler à l’expérience. Dans la dernière épidémie de Barcelone , les personnes qui quittèrent la ville étant malades guérissaient bien plus facilement que celles qui restaient; celles qui sortirent en santé échappèrent à la maladie, et ni les uns ni les autres ne la portèrent à leurs , hôtes. On peut juger d’après ceci de l’inutilité et des dangers des cordons sanitaires. Ils sont nuisibles, i° parce qu’ils empêchent les habitans de profiter du moyen le plus sûr de guérir et d’échapper à la maladie; 2° parce que les troupes qui forment le cordon peuvent être placées trop près du foyer de l’épidémie, et y être par conséquent exposées; 3° ils sont absurdes , parce que la maladie dépendant des localités et non des personnes, il n’y a que le séjour dans ces mêmes localités qui puisse la développer, et non les personnes qui en sortent.

Qu’on prenne bien garde que nous ne confondons pas ici les maladies contagieuses avec les épidémiques : les maladies contagieuses sé transmettent, comme le mot l’indique, par le contact des personnes malades ou des objets qui les ont touchées. Il n’en est pas de même des épidémiques : la température et l’humidité de l’atmosphère , les exhalaisons putrides , marécageuses,, sont autant de causes des maladies épidémiques; mais elles n’engendrent pas les maladies co’ntagieuses,

ÉPILEPSIE. Mal caduc 3 mal de Saint-Jean , haut mal. Cette affection se manifeste par les symptômes suivans : ordinairement elle survient d’une manière subite et pendant le sommeil. Il n’ést pas rare cependant que le malade soit averti de l’attaque par des langueurs, des lassitudes générales, des douleurs de tête et des vertiges; l’accès débute ensuite assez souvent par une sensation de froid, une espèce de vent nommé aura epileptica , qui semble remonter des membres vers la tête; alors si le malade est debout., il tombe de tout

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son poids en poussant un cri effrayant; il reste étendu, privé de connaissance et de sentiment ; il y a convulsions violentes de tous les membres, et principalement du visage et des doigts; les yeux se tournent dans leurs orbites; une bave écumeuse sort de la bouche en abondance ; le pouls est petit et à peine perceptible au commencement de l’accès; au milieu de l’accès il devient plus fort, et vers la fin il redevient petit comme il était au commencement.

Ces symptômes diminuent insensiblement; l’accès finit en laissant le malade dans un état de torpeur et d’hébêtement; enfin il retourne à son premier état sans conserver le moindre souvenir de ce qui s’est passé durant l’accès.

L’épilepsie se termine fréquemment par l’apoplexie.

Il est facile de distinguer l’épilepsie de toute autre convulsion , en ce que l’épilepsie est accompagnée d’assoupissement et d’une insensibilité parfaite, au point que l’on peut piquer, brûler le malade, sans qu’il éprouve la moindre sensation; ce qui n’arrive pas dans d’autres convulsions. On ne la confondra pas non plus avec l’apoplexie, parce que dans celle-ci il y a perte de mouvemëns, et qu’au contraire ils sont augmentés dans l’épilepsie. Enfin, on ne pourra pas la confondre avec les accès d’hystérie , parce que dans l’hystérie on éprouve la sensation d’une boule qui paraît remonter vers le gosier, ce qui n’a pas lieu dans l’épilepsie.

Les -causes de l’épilepsie ont été long-temps un mystère. Les anciens, qui l’attribuaient à une influence céleste, regardaient les personnes qui en étaient atteintes comme frappées de la malédiction du ciel, et avec cette croyance , ils n’allaient pas plus loin. Pour bien entendre quelles peuvent être les causes de l’épilepsie, il faut d’abord savoir quelle est la nature de cette maladie , quel est son siège, et quel est le genre d’altération qui la produit. Il est aujourd’hui bien démontré que le siégé de l’épilepsie est dans le cerveau, puisque cette maladie se transforme assez fréquemment en apoplexie , et que chez les personnes qui y succombent, on trouve constamment des altérations dans cet organe; mais ces altérations ne peuvent être que l’effet d’une irritation, d’une inflammation préalable. Cependant cette irritation n’a pas toujours son siège primitif dans le cerveau; mais elle peut exister loin de cet organe, et ne l’irriter que sympatiquement. C’est ainsi que l’on voit souvent l’épilepsie déterminée par la compression d’un nerf du doigt, du pied, du bras, etc.; la compression exercée sur le nerf l’irrite; cette irritation se transmet au cerveau , et alors üaccès se manifeste. On ne sera point surpris de ce phénomène, en réfléchissant qu’une simple piqûre d’un nerf du doigt peut donner

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