‹ Dictionnaire de santé ou vocabulaire de médecineChapitre 43 sur 106 · FOL 4H · texte numérisé non relu

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lies, surtout lorsqu’il y a des symptômes marqués d’irritation du cerveau. Nous ne pouvons pas' encore nous prononcer ni pour ni contre cette méthode, vu qu’elle n’est pas appuyée sur une série d’expériences très-nombreuses; mais nous dirons que si l’on tente l’emploi de cette substance, ce n’est jamais qu’après s’être assuré que le canal intestinal est en bon état. (Voy. pomr ce qui concerne la manière d’administrer la digitale pourprée, page 58.)

Tels sont en général les moyens physiques que l’on peut employer dans les cas d’aliénation mentale , lorsque cette affection est accidentelle , et qu’elle ne dépend pas d’un vice de conformation ou de quelque lésion organique du cerveau évidemment incurable. Les moyens moraux sont beaucoup plus importans; les principes sur lesquels ces moyens sont fondés peuvent se rapporter aux trois suivans : i° ne jamais exciter les idées ou les passions des fous dans le sens de leur délire ; 2° ne point attaquer directement les idées et les opinions des aliénés par le raisonnement, la discussion, la contradiction, la plaisanterie ; 3° s’attacher à fixer leur attention sur des objets étrangers au délire, en cherchant à la réveiller par des impressions diverses. Il résulte du premier de ces principes que les aliénés atteints, par exemple, de la folie religieuse doivent être éloignés des exercices du culte et de toute pratique religieuse; que les fous par amour ne doivent jamais avoir sous les yeux des objets capables dè réveiller des désirs vénériens. On doit se garder de flatter Lès chimères des aliénés qui se croient rois, Teines,, princes, dieux, papes, évêques, etc.; on ne doit point laisser ensemble les aliénés atteints de la même espèce de folie, parce qu’ils s’entretiendraient sans cesse de leur marétte, ce qui ne contribuerait pas peu à s’opposer à la guérison. Il résulte du second principe qup l’on ne doit point raisonner avec les fous pour les ramener au bon sens, car, puisquechez eux l’organe au moyen duquel ils raisonnent est malade, il leur est aussi impossible de raisonner et d’entendre un raisonnement qu’il l’est à un individu privé de ses jambes de marcher. La discussion, la contradiction, loin de leur être utile, ne font que les agacer et fortifier leur délire en irritant de plus en plus leur cerveau. Enfin il résulte du dernier principe que l’on doit faire en sorte d’occuper l’esprit des aliénés par divers moyens, tels que la musique, le jeu, l’exercice, des visites d’amis, etc. On a conseillé aussi d.’exciter une passion opposée à la passion dominante, d’exeiter un trouble violent par une forte commotion morale , telle qu’une frayeur vive , une nouvelle imprévue, etc.; mais si quelques commotions morales vives et brusques ont guéri

des folies, elles ont plus souvent encore aggravé l’état des aliénés. U est d’ailleurs très-difficile de fixer leur attention sur tout autre objet que celui de leur délire; ils vivent avec leurs illusions, arrêtant à peine leur attention sur les objets qui les entourent.

Lorsque les fous ont un délire furieux , dangereux, les seuls moyens de répression dont on doive faire usage sont une camisole, et la réclusion dans une chambre où ils ne puissent nuire ni à eux ni à d’autres.

Lorsque les fous reviennent à l’état de santé, il faut user de beaucoup de ménagemens à leur égard, de crainte d’une récidive, et ce n'est qu’avec précaution que l’on doit annoncer les premières entrevues avec les parens ou les amis, et rendre enfin peu à peu et d’une manière presque insensible le malade à ses anciennes habitudes.

Nous ne terminerons pas cet article sans dire un mot des immersions inopinées dans l’eau froide, de l’usage de l’ellébore, des fustigations, et de quelques autres moyens barbares employés contre les pauvres aliénés. On a fait justice de ces tortures, dont l’expérience a constaté l’inutilité, et qui ne servaient la plupart du temps qu’à exaspérer l’irritation cérébrale, et par conséquent à augmenter l’aliénation mentale, qui en est le résultat.

Résumons ce que nous venons de dire sur la folie. Cette maladie est le résultat d’une affection cérébrale. Tout ce qui peut stimuler, irriter, exciter, ébranler le cerveau doit être regardé comme une des causes capables de produire la folie. Les affections morales tiennent le premier rang parmi ces causes. Quand la folie vient en naissant, elle annonce un vice de conformation organique qui est pour l’ordinaire incurable; elle peut aussi être incurable par un vice organique accidentel. Si le sujet ess sanguin, phlétorique; s’il y a des signes d’irritation , d’inflammation cérébrale, on emploie les saignées générales et locales , les applications froides sur la tête, un régime doux et végétal. Dans le plus grand nombre des cas, il faut plus attendre du temps et des moyens moraux que nous avons indiqués que -de tout autre médication.

Les chutes brusques dans l’eau froide , les impressions violentes et inopinées sont dangereuses, inhumaines, et doivent «tre rejetées du traitement des aliénations mentales.

FUREUR ou manie. Y. Foiie.

FUREUR UTÉRINE ou nymphomanie. Maladie particulière aux femmes , caractérisée par un désir immodéré et insatiable des plaisirs vénériens. Elle se reconnaît aux symptômes suivans ; idées lascives et obscènes, tristesse, inquiétude, taci-

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{.limité , perte de l’appétit et combat entre la pudeur et des désirs déréglés. Si la maladie fait des progrès , il y a oubli de toute pudeur, la femme sollicite le sexe opposé par des regards, des propos, des gestes indécens, et quand l’irritation est parvenue au plus haut degré , elle se livre à des actes d’une obscénité dégoûtante; elle frappe, déchire, et tombe enfin dans un délire furieux.

Les causes de cette malheureuse maladie sont tout ce qui peut exciter, irriter, enflammer les organes sexuels, et principalement une imagination vive, exaltée par des lectures de romans, la vue de tableaux licencieux, des entretiens érotiques, une passion violente contrariée , une contrainte sévère , les habitudes solitaires, une affection dartreuse sur les organes sexuels , l’abus de boissons spirituèuses et l’emploi des cantharides. Une constitution nerveuse , l’époque de la puberté et de l’âge critique peuvent aussi contribuer au développement de cette affection.

La nature de cette maladie est facile à comprendre; elle consiste dans l’excitation, l’irritation et quelquefois même l’inflammation des organes sexuels.

Le traitement de cette affection ne présente rien de difficile ni de compliqué. Qu’on se souvienne qu’il s’agit d’apaiser , de calmer une irritation, et l’on comprendra sans peine que les moyens convenables pour arriver à ce but sont d’abord l’éloignement des causes qui ont déterminé et qui entretiennent cette irritation : on commencera tlonc par calmer le moral de la malade en lui procurant des distractions propres à détourner son imagination de toute pensée lascive. Les voyages, l’habitation à la campagne avec la société de femmes gaies et enjouées qui ne lui parlent jamais de ce qui pourrait réveiller ses idées, sont d’un grand avantage; on évitera les bals, les spectacles , où il est question d’amour, les promenades publiques, les temples même, toutes les réunions d’hommes, la lecture des romans, etc. Voilà pour le moral. Les remèdes physiques sont : i° des saignées locales pratiquées plus ou moins souvent, suivant la violence de l’irritation au moyen de 10, 1 5, 20, 3o sangsues appliquées aux organes sexuels; les bains tièdes fréquens , les boissons rafraîchissantes , telles que la limonade légère, l’orangeade, les émulsions d’amandes, les tisanes de gomme arabique légèrement acidulées avec le jus de citron, le sirop de groseilles, de vinaigre , etc. ; les infusions de nénuphar , de guimauve , etc.

Ces boissons doivent être prises fréquemment et exclusivement. Nous proposons aussi comme un moyen puissant d’abattre la violence des désirs .vénériens l’çmploi du tartre émé-

tique à très-petites doses, |de manière à exciter des nausées sans produire le vomissement. Mettez, par exemple, 1 ou 2 grains de tartre slibié dans une pinte d’eau, dont on boira une verrée toutes les une ou deux heures. Les nausées suscitées par ce médicament , l’affaiblissement musculaire qu’il produit ne manquent presque jamais , au bout de très-peu de temps , de produire l’effet désiré. On ne permettra jamais ni café, ni thé, ni yin , ni liqueurs spiritueuses. Le lit sera dur, la femme sera légèrement couverte; elle devra se lever de grand matin. Au moyen d’un tel régime on peut espérer de ramener promptement la malade à un état plus naturel.

FURONCLE, anthruæ , clou. On donne ces noms aune affection particulière de la peau et du tissu cutané placé audessus d’elle. On la reconnaît aux signes suivans :

Il y a d’abord démangeaison à la peau, à laquelle on fait peu d’attention; cette de'mangeaison devient déplus en plus incommode, et il se manifeste un petit bouton rouge avec chaleur âcre : c’est un furoncle commençant. Si on ne l’arrête pas, il devient plus rouge, produit du gonflement, des douleurs lancinantes, cuisantes, brûlantes, comme si l’on traversait la peau avec un fer chaud. Si la tumeur n’est pas très-considérable et qu’elle s’élève en pointe, elle prend le nom de furoncle ; lorsqu’elle est plus volumineuse, noirâtre, on lui donne celui d' anthrax. . U n’y a donc de différence entre l’un et l’autre que dans le degré ou dans le plus ou le moins d’inflammation : or cette différence n’en est pajs une , et le furoncle et l’anthrax sont essentiellement la même maladie. Le furoncle présente quelquefois plusieurs petites pointes grisâtres qui sont autant de noyaux d’inflammation ; il y a souvent fièvre caractérisée par la fréquence du pouls, chaleur à la peau, malaise, langue sale- au centre, et rouge sur lès bords, mal de tête. Au bout de quelques jours, la douleur diminue, la suppuration s’établit, et il sort ensuite du centre du point enflammé une matière épaisse, plutôt solide que liquide; blanchâtre ou brunâtre, que l’on nomme le bourbillon. Quand le bourbillon est sorti , il reste un léger enfoncement à la peau ; la sensibilité diminue , et la guérison ne tarde pas à être complète.

Il arrive assez fréquemment que plusieurs furoncles ou anthrax se développent simultanément ou se succèdent les uns aux autres. Dans ce cas, la fièvre a presque toujours lieu, et la maladie peut durer trente, quarante jours, et même plus. On voit quelquefois ces furoncles se succéder ainsi pendant plusieurs mois consécutifs, surtout si l’on n’a pas soin de détruire les premiers dès leur apparition. Ils se développent fréquemment pendant les chaleurs et dans les pays humides.

On croit généralement , quand il y a de telles récidives, que ce soit l’ humeur , le vice du sang qui les détermine : c’est une absurdité. Le pus qui s’écoule est un effet de f inflammation qui constitue le furoncle, et n’en est jamais la cause ; ce pus n’existait pas plus dans le sang avant le furoncle, que celui que produit la présence d’une épine enfoncée dans les chairs. Dans tous ces cas, l’irritation appelle le sang et les autres fluides dans les points où elle siège, et la suppuration vient ensuite.

Le furoncle n’est pas une affection grave, à moins que la désorganisation qui résulte de la suppuration ne soit considérable. .

Le traitement flu furoncle et de l’anthrax consiste dans les moyens généraux et locaux. Les premiers sont un régime doux, l’abstinence du vin et de toute bôisson stimulante, le repos, et s’il y a de la fièvre, les boissons émollientes, et quelquefois même l’abstinence de toute nourriture ; mais ce caê est extrêmement rare : c’est au reste le degré de l’inflammation qui doit servir de guide. Les moyens locaux sont plus es-* sentiels. Quand le furoncle est petit, on se contente de le recouvrir avec un cataplasme émollient; s’il est volumineux, on applique des sangsues autour de la tumeur , puis un cataplasme. On réussirait presque toujours à faire avorter le furoncle, si on pratiquait une incision de bonne heure, comme on le fait pour le panaris; mais ce moyen est douloureux, et peu de personnes veulent s’y soumettre : on s’en tient donc aux cataplasmes et aux sangsues. Il est important de bâter i’issùe du bourbillon dès que le pus s’est écoulé; on presse alors autour de la tumeur pour en faciliter la sortie. Cette pression est d’abord douleureuse ; mais elle cesse bientôt de l’être. On continue l’application des cataplasmes ; on panse avec du cérat , et la guérison s’achève facilement.

On remédie aux accidens produits par le furoncle au moyen de là diète , des boissons- acidulés , rafraîchissantes , et jamais par les purgatifs , les vomitifs ou les soi-disant dépuratifs, qui sont ordinairement des stimulans, des irritans, et qui , loin de purifier le sang, comme on le croit, font mentir leur titre en développant une irritation dans le canal intestinal , laquelle réagit sur la peau et détermine l’apparition de nouvelles éruptions cutanées. Quand le furoncle se répète, on cautérise en touchant la pointe avec la pierre infernale, dès qu’il paraît ; on réussit très-souvent à en arrêter nettement la marche et à le faire avorter par ce procédé.

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GALE. Maladie contagieuse de la peau qui a pour caractère principal une éruption de petits boutons ou vésicules , avec démangeaison plus ou moins vive. Voici quels en sont les symptômes :

Soit que la gale se développe spontanément , soit qu’elle ait été communiquée par un individu atteint de cette maladie, on commence par éprouver de la démangeaison principalement à la jointure des doigts, du poignet, aux bras, sur la poitrine; bientôt on voit s’élever de petits boutons ou de petites pustules présentant un point blanc et transparent à leur sommet; ces boutons se développent principalement entre les doigts, au pli des bras, des genoux , du nombril, à la ceinture et sur la poitrine; si l’on se gratte, ces pustules se renouvellent, et les premières sont bientôt suivies de beaucoup d’autres; quelquefois l’irritation de la peau devient plus vive, et l’on voit survenir des furoncles, des dartres et d’autres inflammations. La douleur est alors plus insupportable, les démangeaisons sont cuisantes; la gale continue à se reproduire , et peut persévérer pendant très-Iong-temps, jusqu’à ce qu’on la traite par les moyens convenables. La démangeaison peut être telle, qu’elle donne lieu à des insomnies , à un état nerveux, à une inflammation des organes internes et surtout du canal intestinal. Dans ce cas il n’est pas rare de voir disparaître l’éruption extérieure, et l’on dit alors que la gale est rentrée. Rien n’est rentré; mais l’inflammation des viscères a remplacé celle de la peau par une révulsion d’irritation semblable à celle que détermine souvent l’application d’un vésicatoire, dont Faction , irritante détruit , révulse ou détourne l’irritation naturelle , d’après ce principe d’une éternelle vérité énoncé par le père de la médecine : Lorsque deux douleurs existent en même temps , mais sur differentes parties du corps , la plus forte fait cesser l’autre. La gale n’est donc point rentrée, et nous insistons d’autant plus sur ce point que les personnes qui ont cette persuasion emploient dés sudorifiques et des stimulans de toute espèce pour la faire sortir. Cette pratique ridicule ne fait que fixer davantage l’inflammation à l’intérieur, en excitant, en irritant , en échauffant de plus en plus par ces moyens incendiaires le canal intestinal déjà enflammé.

Les causes de la gale sont le contact d’un galeux. On dit que la malpropreté , le contact de la peau d’animaux pourraient la produire ; mais cela n’est pas bieD prouvé , à moins que

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ces animaux ne soient ou n’aient été eux-mêmes atteints de la gale. Il est certain que cette affection se rencontre beaucoup plus communément chez les individus malpropres que chez les autres; on la voit souvent dans les hospices, dans les prisons , dans tous les rassemblemens d’hommes où la propreté est négligée; elle se communique ou par le contact d’un individu malade à un autre, ou par les vêtemens d’un galeux appliqués sur la peau.

Traitement. 11 est important de guérir la gale le plus promptement possible, afin qu’elle ne puisse pas donner lieu à des dartres bu à d’autres inflammations de la peau qui réagiraient à l’intérieur et y détermineraient des irritations. Comme la gale est une irritatiou de la peau, il semblerait que le traitement émollient devrait être le plus convenable ; cependant ces moyens ne produisent aucun effet , parce que l’inflammation n’est pas assez vive : il faut donc opposer à cette irritation de la peau une irritation artificielle qui dénature la première. Pour arriver à ce but , on a conseillé divers médicamens stimulans, tels que les mercuriaux, les savonneux, les végétaux âcres, etc.; mais après beaucoup d’essais et d’expériences on s’est arrêté au soufre. Ce médicament est le meilleur et le plus expéditif : c’est le remède par excellence de la gale. -

Dans la plupart des cas, la gale est une maladie légère, et quand le malade n’en a pas contracté l’habitude , le traitement interne est inutile. Dans le cas contraire, il estbon d’émployer de légers purgatifs, des sudorifiques , à condition pourtant que le canal intestinal soit en bon état. Lés bains et la diminution des alimens conviennent à tous les individus. Des diverses manières d’employer le soufre dans le traitement de la gale.

Pommade soufrée simple. Elle est composée d’une partie de soufre et de cinq de graisse de porc ; on fait deux frictions par jour avec une once de cette pommade sur toutes les parties couvertes de boutons. Les malades guérissent, terpie moyen, dans l’espace de quinze à seize jours.

Autre pommade soufrée composée de 8 onces de graisse, de 2 de soufre et i de potasse purifiée. Le mélange fle ces parties doit être fait exactement ; on fait avec cette pommade une ou deux frictions dans les vingt-quatre heures avec environ î once de pommade par chaque friction. Ge moyen est un des plus prompts ; la durée du traitement est de douze à quinze jours.

Il existe encore d’autres pommades de soufre également utiles contre la gale , et dont il est question pag. i84-

Bains sulfureux o xx de Barèges. (Voyez , pour la manière de

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